Le désir de donner plus de lumière à son existence

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Éric Simard dirige la collection Hamac des Éditions du Septentrion et cherche à publier des textes profondément humains qui brillent par leur qualité littéraire. Le dernier-né de cette collection est le recueil de nouvelles Saccades, de Maude Poissant. Il s’agit de la première publication de cette diplômée de l’Université Laval et de l’Université de Caen.

Les personnages de Saccades sont portés par le désir de donner plus de lumière à leur existence. Que ce soit en cherchant à atteindre une forme de perfection, en fuyant un milieu hostile, en voulant apaiser l’angoisse de la mort ou en tentant de se libérer de la lourdeur du quotidien, tous se butent aux aléas parfois cruels de la vie qui les font dévier de leur cours en les laissant seuls avec leurs rêves étriqués.

Dans Le sacrifice, première nouvelle, un chef se torture à inventer une recette de pigeonneaux. Le plat qu’il veut servir doit être «singulier, mais accessible. Riche en saveur, mais subtil. La bouchée ne doit pas répondre entièrement à l’attente, elle doit laisser la bouche pantoise, suppliante, puis extasiée par la suivante.» Toute une commande! Le résultat fera peur…

La couverture du livre montre une statue de la Vierge Marie. Elle fait référence à une très courte nouvelle intitulée Le cinquième commandement. Je ne sais pas si vous vous souvenez des dix commandements; le cinquième est «Père et mère tu honoreras afin de vivre longuement».

Un jeune fille, abusée par son père, supplie la Vierge Marie de lui laisser porter le voile de communion «parce que je comprends pas avec tout le respect que je vous dois… comment on peut rester toujours pur dans ses actes».

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Sous le thème Le quotidien est la mauvaise herbe la plus coriace qui soit (citation de Francesco Alberoni), l’auteure crée un personnage qui imagine une liaison avec son beau et viril jeune beau-frère, une aventure qui la libérerait de son «ménage hebdomadaire, du lavage, du beurrage de toasts à la confiture, des crisses de matins toutes pareils».

Dans Vertige, il est question d’un garçon qui devient enfant de chœur, mais qui ne réussit pas à remplir les plus hautes fonctions autour du prêtre et de l’autel. Il blâme le curé Aurèle et il se dit: «Dieu m’en veut, il m’en veut et je ne lui ai rien fait! Il va payer! Ils vont payer!» Sa vengeance sera brûlante…

La nouvelle Fragments de désirs amoureux nous apprend qu’un homme rêvait d’être un beau marin blanc, droit, fier, frais rasé.

«À la place de ça, tu es devenu tapette, une tapette ordinaire qui couche avec d’autres tapettes à la main généreuse et au ventre tombant.» Le texte reprend le cliché des hommes vieillissants qui cherchent à mettre le grappin sur un conjoint «plus jeune, plus beau, en souvenir de ce qu’ils ont été».

Le dernier texte est un paragraphe de 9 pages, une seule phrase de 9 pages avec quelques points-virgules, deux-points et trois points de suspension. J’y ai vu plus un exercice de style qu’une nouvelle susceptible de capter mon attention.

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À la fin de cette douzaine de nouvelles, Maude Poissant remercie tous ceux autour d’elle qui, par des conversations ou des lectures partagées, «ont nourri son univers et sa plume».

Elle sait gré à son amoureux qui, bien souvent, a dû «délaisser sa musique pour me permettre de travailler dans le silence».

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