Le concierge: projecteur braqué sur la solitude

Le concierge

Vincent Leblanc-Beaudoin et Daniele Bartolini réfléchissent sur la place du concierge dans notre société.


6 février 2019 à 11h00

Dans sa nouvelle création, Vincent Leblanc-Beaudoin invite les spectateurs à suivre Le concierge dans les couloirs déserts d’une école secondaire.

Vendredi soir dernier, un groupe restreint d’invités s’est retrouvé à l’école secondaire Monseigneur-de-Charbonnel pour assister à la première de cette création encore en chantier.

Le concierge est à la fois un commentaire sur la place qu’on réserve aux ouvriers dans notre société et le cri du coeur d’une âme solitaire.

À la recontre de concierges

Vincent a toujours été fasciné par les concierges qui travaillaient dans son école secondaire, en banlieue de Toronto. Il les trouvait mystérieux de par leur travail invisible.

Alors qu’on remarque la saleté d’un endroit, on tient souvent pour acquise sa propreté. «C’est très rare qu’on reconnaisse le travail des concierges, qu’on leur dise: « Bravo, c’est super propre! »», explique-t-il.

Il a aussi un attachement personnel à la pratique. Ses deux grands-pères étant des cols bleus. Il est accoutumé aux combinaisons de travail bleu. C’est pour lui une façon de leur faire honneur.

Pour ancrer sa création dans la réalité, Vincent a mené une quinzaine d’entrevues avec de vrais concierges. «Ils m’ont donné tellement d’anecdotes et d’histoires, certaines très drôles et d’autres qui faisaient assez peur», raconte-t-il.

Si certains actes de la création sont grandement inspirés de réels témoignages, Vincent ne manque pas d’y ajouter beaucoup de fiction. Au fil de la soirée, le concierge guide les spectateurs dans un univers de plus en plus onirique.

L’isolement: un fléau moderne

Vêtu d’une chemise verte négligemment attachée par-dessus une camisole blanche un peu tachée, le costume du concierge rappelle tout des années 70.

Dans une salle de classe vide, il regarde les diapositives d’un rétroprojecteur tout droit sorti d’une autre époque. C’est dans cette scène tendre qu’on découvre la solitude du personnage qui avec son ombre projetée sur l’écran tente de s’immiscer dans des photos de voyages qu’il n’a pas faits.

«C’est photo là, c’est en fait les photos de vacances de mon grand-père», raconte Vincent en rigolant.

Pour lui cette création est aussi personnelle que sociale . «Je m’inspire de ma propre solitude, mais aussi de l’état du monde», confie-t-il. «De plus en plus de gens vivent dans l’isolement», ajoute-t-il. «Le Royaume-Uni a même créé un ministre de la solitude l’année dernière pour confronter les enjeux de ce problème social.»

Le concierge
Vincent Leblanc-Beaudoin

Avec cette création, Vincent met non seulement en lumière l’isolement que vivent les concierges, mais il cherche à faire vivre au spectateur une expérience commune.

«C’est très rare de ces jours-ci qu’on est en groupe et qu’on participe à quelque chose ensemble», fait-il remarquer. Pour créer cette sensation de groupe, chaque spectateur enfile une combinaison de travail et navigue en silence dans l’école, tel un banc de concierge.

Vivre une expérience commune

Effectivement, l’ensemble de la création est sans paroles. Même pour Vincent, qui travaille le théâtre corporel et le clown depuis ses étude à l’université d’Ottawa, le théâtre sans paroles représente toujours «un bon défi».

«L’important c’est de choisir ce qui est important dans l’histoire et de le faire comprendre avec son corps.»

Selon le metteur en scène Daniele Bartolini, le silence impose la précision du corps. Le metteur en scène d’origine italienne, installé à Toronto depuis 2012, considère l’absence de parole comme une occasion d’attirer l’attention des spectateurs sur les mouvements.

Après cette première phase de création, Vincent et Daniele continueront de travailler sur ce projet dans la prochaine année.

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