Le carré rouge est de retour… en Ontario

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Manifestation devant le parlement ontarien le 4 mars. Photo: cfs-fcee.ca
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Publié 09/03/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

La police affirme avoir procédé à deux arrestations lors d’une manifestation houleuse devant le parlement ontarien le 4 mars dernier, où des centaines d’étudiants arborant le carré rouge se sont rendus pour faire part de leur opposition à la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement de Doug Ford.

Les étudiants ontariens, frustrés par les changements que le gouvernement Ford prévoit apporter aux droits de scolarité et à l’aide financière qui leur est destinée, s’étaient rassemblés par milliers à l’Assemblée législative, à Toronto.

La manifestation a mené à des confrontations tendues entre la police et certains manifestants. Une statue commémorative de George Brown, située devant l’édifice parlementaire, a aussi été vandalisée.

Le Service de police de Toronto affirme avoir procédé à deux arrestations peu après 15h pour méfaits, agression et entrave à la police, sans plus de détails.

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Le fameux carré rouge. Photo: Chicoutimi, Wikimedia Commons

Symbole du mouvement étudiant

Les manifestants étaient plusieurs à porter un carré rouge, un symbole du mouvement étudiant québécois de 2012, l’une des plus longues grèves étudiantes de l’histoire du Canada.

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Le gouvernement ontarien a annoncé en février la levée du gel des droits de scolarité, en place depuis 2019, et des changements importants au Régime d’aide financière aux étudiants de l’Ontario (RAFEO).

Selon ces changements, l’argent versé aux étudiants sera distribué davantage sous forme de prêts que de bourses, renversant la façon de faire actuelle.

«Le carré rouge, c’est le symbole qui était utilisé par les étudiants québécois lorsque leurs droits de scolarité étaient menacés. Nous voulons recréer ce mouvement ici, espérant que ça mette autant de pression sur le gouvernement Ford que sur le Québec, en 2012», affirme l’étudiant en sciences cognitiques de l’Université York, Chase Rogers, qui dépend de l’aide financière du gouvernement.

«Je travaille à temps plein durant l’été, et j’ai du mal à subvenir à mes besoins en étudiant à Toronto. L’an prochain, je ne crois pas que je vais pouvoir y arriver», déplore l’étudiante en illustration à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario (OCAD), Claire Van Heel.

Les deux étudiants affirment que leur avenir académique est incertain.

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Nouveau «Printemps érable»

C’est ce message qu’ont envoyé les manifestants au gouvernement Ford, mercredi, selon la cheffe de l’Opposition officielle à Queen’s Park, Marit Stiles.

«Ils ne veulent pas avoir à supporter le fardeau de la dette d’un gouvernement qui a refusé d’investir suffisamment dans la formation postsecondaire», soutient la cheffe néo-démocrate.

Marit Stiles portait elle aussi un carré rouge lorsque Le Droit l’a rencontrée durant la manifestation.

«C’est un symbole inspirant, et c’est pour cette raison qu’il y a autant de gens qui le portent aujourd’hui. Parce que le mouvement du carré rouge [au Québec] a remporté son combat, et je crois que nous pouvons remporter ce combat, nous aussi», a-t-elle indiqué.

Au Québec, les manifestations étudiantes de 2012, aussi connues sous le nom de «Printemps érable», ont pris une ampleur tellement énorme que le gouvernement de l’époque avait adopté une loi pour restreindre le droit de manifester.

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Des élections provinciales à l’automne suivant et un changement de gouvernement avaient finalement mené à l’annulation de la hausse des frais de scolarité.

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Manifestation devant le parlement ontarien le 4 mars. Photo: cfs-fcee.ca

Le gouvernement fédéral blâmé

Selon le chef intérimaire libéral John Fraser, «le gouvernement du Québec a sous-estimé les étudiants. Ce gouvernement sous-estime aussi les étudiants.»

«Le gouvernement Ford leur dit: “Je sais que les temps sont durs, mais on va vous compliquer encore plus la tâche”. C’est tout simplement inadmissible», déplore le député d’Ottawa-Sud.

«Le premier ministre et le ministre ont été clairs: en raison des pressions financières de plusieurs milliards de dollars exercées sur le programme à la suite de la décision du gouvernement fédéral de retirer l’admissibilité aux bourses pour les étudiants inscrits dans les collèges d’enseignement professionnel privés, combinées à l’augmentation du nombre de demandes au RAFEO au cours des dernières années, le cadre du RAFEO n’était plus viable», a réagi le bureau du ministre des Collèges et Universités, Nolan Quinn.

À Queen’s Park, les députés seront de retour en chambre le 23 mars, et Marit Stiles prévoit présenter une motion ou un projet de loi pour tenter de convaincre le gouvernement à revenir sur sa décision.

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