Le Canada est encore loin du populisme, vraiment?

Débat à Glendon

Débat populisme Glendon

Le panel composé de Willem Maas, Jon Allen, Donna Dasko et David Collenette. Une discussion animée par la journaliste Diana Swain.


26 mars 2018 à 14h33

«Imaginez des animaux en train de boire de l’eau dans une savane, ils sont attroupés et heureux. Mais si la sécheresse passe, ils vont commencer à se regarder tous différemment.» C’est la comparaison utilisée par Jon Allen, ancien ambassadeur du Canada en Israël, pour comprendre un sujet aussi actuel que complexe: le populisme.

C’était le défi du dernier débat organisé par l’École d’affaires publiques de Glendon jeudi 22 mars, comprendre la montée du populisme en Europe et aux États-Unis, et se demander si ce phénomène pourrait exister au Canada.

Pour Jon Allen, le pays à la feuille d’érable est encore protégé de ce phénomène. «Ici, nous n’avons pas eu la même crise économique ou des attaques terroristes comme aux États-Unis ou en Europe». Pour lui, le Canada est aussi protégé par sa géographie: «on a les trois océans et beaucoup d’espace pour accueillir» immigrants et réfugiés.

Un pays protégé, mais pas éternellement

Une référence sûrement à la Grande-Bretagne (le Brexit), la Hongrie, l’Allemagne et récemment l’Italie, où les crises migratoires ont favorisé l’essor de mouvements politiques dits «populistes», «nationalistes» ou «xénophobes» souhaitant mieux contrôler l’immigration.

Mais pour l’ancien ambassadeur, il est important de se demander «Et si…».

«Et si l’ALÉNA était suspendu, ou si le prix de l’huile augmentait, ou même si une attaque terroriste survenait chez nous»… alors le Canada ne réagirait sûrement pas pareil. Il y aurait sûrement alors une remise en question de l’ouverture et du libéralisme.

Pourtant, pour les quatre panélistes, une forme de populisme est déjà bien présente, avec l’élection de Doug Ford à la tête du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario.

La remise en cause de l’ordre établi

Pour Donna Dasko, co-fondatrice d’Equal Voice, même s’il existe différentes définitions du populisme, «c’est surtout une remise en cause de l’ordre établi». Le duel Trump-Clinton de 2016 en a été le parfait exemple.

Pour la chercheuse, les candidats populistes auront en commun aussi un certain «autoritarisme» et «le désir de faire passer la nation en priorité». Un propos contesté par Willem Maas, professeur en sciences politiques.

«La démocratie n’est pas si vieille», rappelle-t-il, pour expliquer sa fragilité et justement le boulevard laissé au populisme aujourd’hui. Le phénomène serait encouragé par les difficultés économiques et conflits sociaux.

Des nouvelles inégalités

David Collenette, ancien ministre fédéral, croit qu’il y a d’autres facteurs à prendre en compte. «Les technologies ou le réchauffement climatique», selon lui, peuvent aussi expliquer différentes contestations.

Pour lui, le populisme se traduit aussi par une remise en question de la liberté de la presse. En France, lors des dernières élections, les candidats, et notamment l’ultra-nationaliste Marine Le Pen, se sont souvent retournés contre le «système médiatique».

Cette question a d’ailleurs été abordée par le public à la fin du débat. Justement, la modératrice, Diana Swain, est journaliste à CBC. «Il y a assez de médias aujourd’hui pour ne pas avoir qu’une source d’information», réplique-t-elle.

Le populisme est donc au coeur des préoccupations géopolitiques modernes, et pour David Collenette, cela s’atténuera le jour où les inégalités seront fortement réduites. Il met d’ailleurs en garde: si rien n’est fait, «ce sera la révolution, la guerre… ou les deux»!

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Regagner l’université et le commissariat

Que faire pour persuader le gouvernement de Doug Ford de revenir sur ses décisions d’annuler le projet d’université franco-ontarienne à Toronto et de transférer...
En lire plus...

20 novembre 2018 à 15h55

Bienvenue au polar islandais

roman
Rare sont les romans islandais traduits en français. C’est le cas de Sótt, écrit par Ragnar Jónasson dont la famille est originaire d'un des...
En lire plus...

20 novembre 2018 à 13h00

La loi du plus fort n’est pas toujours la meilleure

Assemblée de la francophonie de l’Ontario
C’est l’indignation de tous les Franco-Ontariens suite à l’annonce du gouvernement Ford d’abolir le Commissariat des services en français et d’abandonner le projet d’une...
En lire plus...

20 novembre 2018 à 11h58

CHOQ FM se professionnalise avec l’appui de ses bénévoles

Nouvelles installations CHOQ FM
Les dirigeants et les bénévoles de CHOQ FM 105.1 dévoilaient ses nouveaux équipements ce vendredi 16 novembre.
En lire plus...

20 novembre 2018 à 9h00

Une mission privée vers Saturne?

Le milliardaire russe Iouri Milner veut s’allier avec la NASA pour financer une mission vers… Saturne.
En lire plus...

20 novembre 2018 à 7h00

Une autre victoire pour les Maple Leafs

Après avoir remporté leurs 3 derniers matchs sur la côte ouest Américaine, les joueurs des Maple Leafs étaient de retour à domicile lundi soir...
En lire plus...

20 novembre 2018 à 0h15

Legault a demandé à Ford de «reconsidérer» ses décisions sur l’université et le commissaire

19 novembre 2018
François Legault a assuré, au sortir de leur première rencontre, avoir demandé à Doug Ford de «reconsidérer» l'élimination de l'université franco-ontarienne et du commissaire...
En lire plus...

19 novembre 2018 à 15h55

La communauté marocaine célèbre son indépendance

63e anniversaire de l'indépendance du Maroc
Les Marocains de Toronto célébraient dimanche leur indépendance de 1956 et la Marche Verte de 1975 au Centre civique de North York.
En lire plus...

19 novembre 2018 à 13h17

Hommage aux anciens combattants à l’Alliance française

Alliance française
«Quand la guerre est finie» à l'Alliance française de Toronto: exposition de photos de commémorations du service des anciens combattants, réalisée par l'artiste britannique...
En lire plus...

19 novembre 2018 à 11h58

L’intelligence artificielle au service des ressources humaines

L'intelligence artificielle est en train de devenir un assistant intelligent qui aidera les ressources humaines à travailler plus intelligemment.
En lire plus...

19 novembre 2018 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur