Langue et culture Tłı̨chǫ à l’UOF: un cours qui est un geste de réconciliation

Rosie Benning, Tłı̨chǫ, UOF
En couverture du Cahier d'apprentissage Tłı̨chǫ du Collège Nordique. Photos: courtoisie, Collège nordique francophone
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Un nouveau cours de langue et de culture Tłı̨chǫ – un peuple autochtone du Grand Nord canadien – est offert dès cet automne à l’Université de l’Ontario français, à Toronto.

C’est un cours à distance (en mode «synchro» interactif), puisque les professeures Rosie Benning et Georgina Franki sont basées au Collège Nordique Francophone, à Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord-Ouest.

Rosie Benning, Tłı̨chǫ, UOF
La prof Rosie Benning, gestionnaire de l’École de langues du Collège Nordique à Yellowknife.

L’échange entre les deux établissements, signé cet été, permet aux étudiants et au personnel du Collège Nordique d’avoir accès au cours Leadership et gestion de la diversité conçu par l’UOF.

Il y aurait plus de 2200 locuteurs de Tłı̨chǫ (prononcez TklinChon) dans quelques localités des TNO, explique à l-express.ca Rosie Benning, Gestionnaire de l’École de langues du Collège Nordique. (On y enseigne aussi l’anglais, le français et l’espagnol.)

Elle-même ne se considère pas en mesure de parler couramment le Tłı̨chǫ. Elle sert de «pont», pour les étudiants, entre leur culture et la locutrice Tłı̨chǫ: la professeure et aînée autochtone Georgina Franki.

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Georgina Franki, Tłı̨chǫ, UOF
La prof Georgina Franki, une aînée autochtone, enseigne le Tłı̨chǫ au Collège Nordique.

Un acte de réconciliation

Rosie Benning fait valoir qu’«en ayant une ouverture vers une autre culture, et en prenant conscience du contexte de réconciliation dans le Nord», les étudiants vont pouvoir:

  • élargir leurs horizons;
  • développer leur esprit critique;
  • gagner une prise de conscience sur les droits des peuples autochtones à travers le monde;
  • réfléchir aux impacts de la colonisation sur les sociétés contemporaines;
  • se servir de ces réflexions pour développer une perspective de développement pérenne et juste;
  • réfléchir à l’innovation sociale dans le contexte de réconciliation et de la revitalisation des langues autochtones au pays.

Pour les étudiants, «s’inscrire et suivre le cours est donc, en soi, un acte de réconciliation avec les Premières Nations», confirme la professeure.

Rosie Benning, Tłı̨chǫ, UOF
Capture d’écran du cours Tłı̨chǫ.

Éthique et responsabilité sociale

«On y discutera beaucoup d’éthique et de responsabilité sociale. Les étudiants vont communiquer directement avec des Autochtones et vont vivre personnellement un exemple de collaboration entre des Autochtones et des non-Autochtones.»

«Dans un monde où les droits langagiers sont des sujets délicats, nous avons deux institutions francophones, l’UOF et le CNF, qui mettent de l’avant l’apprentissage d’une culture et d’une langue autochtone», souligne Rosie Benning. «C’est une expérience unique!»

«Les étudiants développeront leurs compétences interpersonnelles et interculturelles qui les aideront dans leur rôle futur de leader.»

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UOF
L’UOF à l’angle de Lower Jarvis et Lakeshore au centre-ville de Toronto. Photo: François Bergeron

36 heures et deux invités surprise

Les incriptions (date limite: 9 septembre) sont limitées à une dizaine d’étudiants. Au Collège Nordique, le cours de langue et culture Tłı̨chǫ est offert depuis 2016. Il a formé jusqu’ici environ 150 personnes.

À l’UOF, on mentionne que le cours de langue et culture Tłı̨chǫ (qui couvrira la période du 12 septembre au 5 décembre) comporte:

  • 20 heures d’apprentissage de la langue;
  • 16 heures de familiarisation à la culture, à l’aide de textes et d’activités interactives;
  • 2 invités surprises qui interviendront durant la Semaine de la vérité et de la réconciliation.
Collège nordique francophone, UOF
Signature du partenariat cet été à Toronto: Patrick Arsenault, directeur général du Collège nordique, Pierre Ouellette, recteur de l’Université de l’Ontario français, Édith Dumont, vice-rectrice, Partenariats, collectivités et relations internationales.

Partenariat appelé à se développer

C’est la première fois que l’expertise Tłı̨chǫ du Collège Nordique rayonne à l’extérieur des TNO, indique son nouveau directeur général Patrick Arsenault. «Et, ce, dans un autre milieu franco minoritaire: Toronto.»

L’entente signée entre l’UOF et le Collège Nordique «n’est pas spécifique» aux deux cours de Tłı̨chǫ et de Leadership et gestion de la diversité. «C’est un premier pas concret, vers un partenariat plus large», indiquait cet été Patrick Arsenault, en présence du recteur de l’UOF Pierre Ouellette.

«L’université de l’Ontario français est une petite institution, assez agile, tout comme nous. Nos ambitions sont similaires sur plusieurs plans.»

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