L’amour parfois drôle, parfois tragique

Illusions au Crows Theatre

Laurence Dauphinais, Brett Donahue, Andew Shaver et Marie-Ève Perron dans Illusions. (Photo: Paul Flicker)

Laurence Dauphinais, Brett Donahue, Andew Shaver et Marie-Ève Perron dans Illusions. (Photo: Paul Flicker)


11 avril 2017 à 0h20

«Tu te fais une idée sur l’amour!» Combien de fois a-t-on entendu cette phrase? Combien de fois l’illusion d’une relation nous saute en plein visage. Mensonges, tromperies, mirages, rêves, hallucinations, utopies… l’illusion est partout. Mais à quel moment réaliser que nous sommes dans l’illusion d’un couple parfait?

C’est le thème d’Illusions, la pièce du Russe Ivan Viripaev à l’affiche du nouveau Crows Theatre du quartier Leslieville, du 21 avril au 7 mai.

Albert est marié à Margaret. Dennis est marié à Sandra. Deux vieux couples parfaits. Ils sont tous les quatre amis depuis longtemps. Un quatuor drôle et tragique, car Sandra avouera à Albert qu’elle l’a toujours aimé, tout comme Albert, et le plus drôle c’est que Dennis aura lui aussi aimé Margaret et, devinez quoi, Margaret aime aussi Dennis.

Couples sur scène et dans la vie

Ces deux couples fictifs sont joués par deux couples réels: Laurence Dauphinais et Brett Donahue, Marie-Ève Perron et Andrew Shaver: deux comédiennes québécoises avec deux comédiens ontariens!

L’histoire nous amène dans un tourbillon d’incertitudes, d’humour, mais aussi de regrets. Des aveux prononcés lorsque la mort les guette, soulevant la question: «faut-il attendre si longtemps pour avouer un tel secret?» Ces mensonges exposent l’illusion à laquelle ont participé ces deux couples pendant 50 ans, l’illusion d’un amour idéal, déconstruit par la vérité.

«Il y a des attentes de la part du public et nous sommes là pour les déconstruire», indique Laurence Dauphinais en entrevue à L’Express. «La pièce n’est pas pessimiste, mais elle rappelle que l’amour continue de faire souffrir. Tout ce qui s’y passe est très réaliste.» Elle rajoute: «J’ai consulté plusieurs textes d’Ivan Viripaev, et j’ai l’impression que l’amour est un sujet obsessionnel chez lui.»

Laurence Dauphinais
Laurence Dauphinais

Laurence Dauphinais vit à Montréal, elle fait beaucoup d’aller et retour sur Toronto pour son travail. Comédienne, mais aussi chanteuse, avec Du jamais vu, un EP de quatre chansons sous son pseudonyme La Dauphine. «J’attends d’avoir plus d’espace dans ma vie pour continuer la musique.»

En 2016 elle gagnait un prix Gémeau pour sa performance dans Écoute cette histoire, un projet de TV5. Nous la retrouvons également dans la pièce Cinq Visages pour Evelyn Frost et dans Siri, un thème qui s’insère dans l’air du temps. «C’est devenu un peu mon étiquette de joué les thèmes dits ‘numériques’ comme Siri, mais c’est un univers hyper intéressant. Tout va super vite, comme un trou noir qui nous absorbe, on fait beaucoup de recherche, beaucoup d’inspiration artistique. Nous allons rejouer Siri, notamment en novembre à Rio au Brésil dans une version mi portugaise-mi-française.»

Presque psychologique

Pour Marie-Ève Perron, «cette pièce n’est pas juste sur l’amour idéal. Ce que j ‘aime c’est que l’on se pose beaucoup de questions, notamment: qu’est-ce que l’on raconte de nos vies?»

«Lorsqu’on se persuade d’être quelqu’un d’autre, d’avoir accompli tels ou telles choses, on joue avec l’illusion de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est peut-être pas.»

Pour cette comédienne, on s’auto-influence et nos paroles ont un impact sur ce qui nous entoure. «Nous avons tous un jour retracé des souvenirs et nous les avons racontés pas tout à fait comme ils se sont réalisés; afin d’y croire, mais aussi d’y faire croire les autres.» En somme, nous nous autopersuadons de nos mensonges.

«On parle d’amour, mais la pièce ne se réduit pas qu’à cela, puisque notre rôle est de raconter les récits de ces personnages, l’illusion s’inscrit dans la narration, qui influence qui? Influençons-nous le texte, ou est-ce lui qui nous persuade?»

Marie-Ève Perron
Marie-Ève Perron

Marie-Ève Perron est originaire de Saint-Hyacinthe, au sud de Montréal. Elle a fait le conservatoire d’art dramatique de Montréal et c’est la première fois qu’elle joue à Toronto.

Ayant vécu à Paris, la comédienne est familière des oeuvres de Wajdi Mouawad, notamment Littoral et Forêts. C’est aussi à la télévison que l’artiste s’épanouit, notamment dans le rôle de Cathy-casses-couilles (alias Lyne-la-pas-fine) dans l’adaptation française de la série Les Invincibles. Marie-Ève est à l’affiche de la deuxième saison de la série télévisée Les Simone. La jeune femme sera encore sur scène avec la comédie musicale Grease, mise en scène par Andrew Shaver, son compagnon, acteur et metteur en scène d‘Illusions.

Des couples de narrateurs

Le fait que deux couples dans la vraie vie racontent ces personnages «sert le jeu de l’illusion», indique Laurence Dauphinais. «Avoir des couples qui jouent justement cette illusion, c’est aussi une manière de l’amplifier, mais aussi d’ajouter de nouvelles problématiques.»

Cette pièce doit être racontée, les comédiens doivent établir et faire un constat de la vie de ce quatuor amoureux. Marie-Ève Perron explique: «Il n’y’a pas de trame narrative entre nous, tout est pour le public. C’est intéressant de jouer avec mon compagnon. Mais nous commençons d’emblée à parler au public, pas entre nous.»

«Cette pièce célèbre l’amour et l’ironise, elle est souvent entre les deux», ajoute Laurence. «À travers la voix des quatre narrateurs, on ne joue pas les personnages, on raconte leur histoire. C’est une comédie… mystérieuse, et nous tous étions très curieux de voir le public réagir.»

«L’amour ultime, peut-être que ce n’est pas tout se dire, tout partager», s’interroge Marie-Ève. «Je pense que toutes ces questions viennent interpeller les gens dans leurs histoires personnelles.»

Affiche de la pièce de Théâtre Illusions. Première : Le 21 Avril au Crows Theatre de Leslieville.
Affiche de la pièce de Théâtre Illusions.
Première : Le 21 Avril au Crows Theatre de Leslieville.

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