La xénophobie normalisée?

Le groupe franco-torontois d'Amnistie Internationale dresse un bilan de la dernière année

Bilan 2017 d'Amnistie internationale : des dirigeants xénophobes
Un militant contre la limitation de l'immigration musulmane aux États-Unis au début de 2017.
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Le bilan de la dernière année sur le plan des droits de la personne, dressé par le groupe franco-torontois d’Amnistie internationale, est marqué par une xénophobie de plus en plus normalisée par les dirigeants politiques.

D’après Meryll David-Ismayil, présidente du «groupe 50», «les discours de haine et de peur pour tenter de diviser les opinions» ont été omniprésents dans l’actualité internationale. Une année mal commencée sur ce sujet, avec l’interdiction de l’immigration en provenance d’une demi-douzaine de pays musulmans qu’a tenté d’imposer le président Donald Trump… et qui «malheureusement n’a pas été un cas isolé».

Crimes de guerre

Hongrie, Autriche, Pologne.. «Les slogans xénophobes se sont multipliés», regrette Meryll. «Une contagion de la haine» s’est même appliquée aux migrants les plus nécessiteux, comme les Rohyngas (musulmans) au Myanmar (à majorité bouddhiste). Ces derniers ont souvent été pointés par les dirigeants comme «un problème dont il faut se débarrasser».

Un bilan marqué aussi par un grand nombre de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. De nombreux pays comme «l’Irak, le Soudan du Sud, la Syrie ou encore le Yémen» sont en situation de détresse.

Amnistie internationale déplore à ce sujet «le cruel manque de volonté des États et de la communauté internationale de jouer leur rôle en matière de protection des droits humains». Et d’épingler les «Abdel Fattah al Sissi, Rodrigo Duterte, Nicolás Maduro, Vlaldimir Poutine, Xi Jinping, Donald Trump» pour ces défaillances.

Le citoyen dans la rue

Malgré tout, il faut retenir de l’année 2017 une grandissante «mobilisation citoyenne». Dans de nombreux pays, des voix se sont levées pour «dénoncer les agissements des gouvernements et exiger le respect de leurs droits», rassure Meryll.

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«En 2017, de nombreuses victoires ont ainsi été remportées par des militants des droits humains qui prouvent que le combat pour les droits humains peut réussir.» Un sursaut citoyen souligné par les chiffres de l’organisation, qui a dénombré «600 marches en faveur des droits des femmes».

#Metoo, BlackProtest, Mi Una Menos… L’action citoyenne a été omniprésente dans l’actualité internationale cette année, et selon la présidente du groupe franco-torontois, «cela rappelle que les revendications pour l’égalité, la dignité et la justice sont universelles et que ce sont des combats d’aujourd’hui».

Ne plus voir les autochtones comme un problème

Pourtant, la situation n’est pas toujours meilleure chez nous. Au Canada, la xénophobie fait rage aussi surtout devant «la discrimination visant les Autochtones», soutient Meryll.

«L’affaire Tina Fontaine ne fait qu’illustrer cette situation scandaleuse», dit-elle, en référence à l’acquittement de son présumé meurtrier, la semaine dernière, en raison de la faiblesse de la preuve.

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