La violence conjugale ne se résume plus aux coups et blessures

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La domination psychologique et sociale exercée sur une longue période peut constituer de la violence conjugale selon la Cour suprême. Photo: iStock.com/kieferpix
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Publié 26/05/2026 par Anna Vigne

Une grande nouveauté a été mise en place le 15 mai grâce à la décision de la Cour Suprême du Canada dans l’affaire Ahluwalia c. Ahluwalia. Un nouveau recours entre dans la loi face aux violences conjugales: le contrôle coercitif.

Ce terme désigne une domination psychologique et sociale exercée sur une longue période. Il peut aussi s’agir d’isolement, d’humiliation, de surveillance, de contrôle financier, de coercition sexuelle et d’intimidation.

Auparavant, les victimes devaient démontrer de la violence physique ou des menaces directes.

Un nouveau délit civil

«La décision de la Cour suprême est importante parce qu’elle reconnaît que la violence entre partenaires intimes n’est pas seulement une question d’agression physique, mais aussi de contrôle et domination», explique Aissa Nauthoo, vice‑présidente des Services d’aide juridique, d’emploi et d’établissement au Centre francophone de Toronto.

Aissa Nauthoo, CFGT
Aissa Nauthoo.

«Cette décision reconnaît la nature cumulative des violences conjugales.» Elle se traduirait par une justice plus inclusive et sensible aux inégalités sociales.

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«Du point de vue d’une clinique communautaire francophone, nous accueillons positivement cette décision. Elle reconnaît le vécu réel de femmes souvent racisées, vulnérables et en situation d’insécurité financière et linguistique.»

Dommages et intérêts

Cette modification de la loi offre une voie civile facilitée aux victimes pour demander des réparations. Un époux violent n’a pas besoin d’être condamné au criminel pour qu’une compensation civile puisse être demandée.

Cependant, certaines questions restent en suspens selon Aissa Nauthoo. «Pour les personnes qui obtiennent un certificat d’aide juridique, si elles n’ont pas les moyens d’un avocat, est-ce que les dommages et intérêts couvriront les coûts de ces certificats?»

Bientôt inscrit au Code criminel?

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes était intervenue devant la Cour suprême dans ce dossier.

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Maïra Martin.

L’organisme estime que «cette reconnaissance marque une étape importante dans l’évolution du droit canadien et dans la compréhension de la violence entre partenaires intimes».

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«Pendant longtemps, les recours possibles en cas de violence entre partenaires intimes étaient insuffisants parce qu’ils ne s’intéressaient qu’à des actes distincts et non à la dynamique de contrôle en tant que telle», indique la directrice générale Maïra Martin.

Selon elle, la décision de la Cour suprême pourrait être suivie par d’autres étapes importantes, comme l’inscription du contrôle coercitif dans le Code criminel.

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