La table de concertation Franco Peterborough rencontre la mairesse

La mairesse de Peterborough, Diane Therrien, et la responsable de Franco Peterborough, Chantale Blanchette. Photos: Jo Ong, Jo’s Project Photography
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Depuis septembre dernier, la région de Peterborough bénéficie d’une nouvelle table de concertation des organismes francophones. Franco Peterborough tente de faire bouger les choses dans cette région où près de 10 000 résidents parlent français.

Le groupe a tenu un premier événement public en fin février: un déjeuner bilingue en compagnie de la mairesse de Peterborough, Diane Therrien.

Le centre-ville de Peterborough, au nord-est de Toronto.

Gouvernement de proximité

«On voulait démontrer à la communauté qu’on travaille en collaboration avec la mairie. C’est eux les premiers exemples, les premiers role models. Le municipal, c’est la première ligne, “ton gouvernement à toi”», illustre Chantale Blanchette, la coordonnatrice de Franco Peterborough.

«Si la première ligne dit “Oui, nous on est là pour supporter la communauté francophone, on croit en l’économie bilingue et on sait que notre ville peut fleurir avec le bilinguisme”, ça envoie vraiment un message très fort à la communauté interne et aux nouveaux arrivants qui cherchent un endroit où s’établir», enchaîne celle qui travaille d’abord pour le Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO).

Un dépliant sera distribué sous peu dans la région pour informer les résidents de l’existence et du mandat de Franco Peterborough.

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Une membre de Franco Peterborough et la mairesse Diane Therrien.

Frustration chez les organismes

Malgré que 40 personnes se soient inscrites à l’événement, seuls 14 participants francophones ou francophiles se sont présentés, «probablement à cause de la tempête de neige qu’il y a eu cette journée-là», estime Chantale Blanchette. «Ça nous a permis d’avoir des discussions plus intimes», note-t-elle toutefois.

L’un des principaux sujets de discussion a été la frustration de certains organismes francophones de la région qui se voient imposer par des instances gouvernementales de traduire eux-mêmes certains documents à transmettre à la population.

«Par exemple, Santé Canada a demandé à la directrice de l’école catholique Monseigneur-Jamot de traduire une lettre qu’il fallait absolument envoyer aux parents pour leur dire que si leurs enfants ne sont pas vaccinés à telle date, ils ne pourront plus fréquenter l’école.»

«C’est une lettre extrêmement importante qui existe en français dans d’autres régions! Mais le bureau de Santé Canada qui s’occupe de Peterborough, probablement qu’ils n’ont pas fait leurs devoirs, et ils n’avaient pas accès à cette lettre-là alors ils ont demandé à la directrice de la traduire pour pouvoir l’envoyer. Wow!»

Participation de la mairesse Diane Therrien.

Une solution locale

Chantale Blanchette déplore que ce type de situation se produise couramment à travers l’Ontario, pour les organismes ou les entreprises francophones.

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«C’est toujours à eux qu’on va demander de traduire, alors que ça ne fait pas partie de leur travail. Traducteur, il faut un baccalauréat pour ça en principe! En plus, ces employés-là à qui on demande de faire du travail supplémentaire ne sont pas payés plus cher, il n’y a pas de prime au bilinguisme.»

Heureusement, le déjeuner bilingue a permis de trouver une solution pour Peterborough. «Le New Canadian Centre a tout ce qu’il faut pour pouvoir traduire des documents en différentes langues, dont le français. Ils ont offert à l’école Monseigneur-Jamot de leur envoyer les documents à traduire», raconte Chantale Blanchette.

Elle se réjouit de voir les organismes de la région collaborer ainsi dans l’intérêt des francophones. Si Franco-Peterborough est une initiative du RSIFEO et de l’ACFO Durham-Peterborough, plusieurs autres organismes y siègent, dont le Club optimiste local, l’Entité 4 et l’Association canadienne pour la santé mentale.

Avec l’ACFO de Durham-Peterborough, le Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario est un initiateur de la Table de concertation francophone de Peterborough.

Carte virtuelle des services en français

Franco Peterborough a des idées plein la tête pour l’année à venir. «On veut créer une sorte de carte virtuelle des services francophones qui se retrouvera sur le site de la Ville pour que les nouveaux arrivants puissent les trouver facilement.»

«Mais la première étape, c’est de récolter des données sur les francophones de Peterborough! On veut savoir il y en a combien, où ils sont, leur âge, etc.», explique Chantale Blanchette.

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Pour créer ce portrait, Franco Peterborough travaillera avec le chercheur Stephen Regoczei, ancien professeur de l’Université Trent.

La coordonnatrice espère y parvenir au cours de la prochaine année. «De mon expérience, quand on veut dynamiser la communauté francophone, il faut y aller avec la théorie des petits pas. Ça amène beaucoup d’émotions chez les gens», observe-t-elle.

Une table de concertation francophone à Peterborough.

Promotion du bilinguisme

D’ici là, une campagne de macarons Je parle français sera mise sur pied, les rendant disponibles aux entreprises et aux particuliers à la mairie et à l’école francophone.

«C’est un outil de promotion de l’économie bilingue. En tant que francophones, quand on voit que quelqu’un d’autre l’est aussi, on crée inconsciemment un lien immédiat, un sentiment d’appartenance. Ça crée des occasions, des échanges», fait remarquer Chantale Blanchette.

C’est aussi une excellente manière, d’après la coordonnatrice de Franco Peterborough, de créer des liens entre francophones et francophiles. «Il y a beaucoup plus d’anglophones qui parlent français qu’on le pense!»

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