La rentrée au postsecondaire: plusieurs étudiants attendront à l’an prochain

Une partie du campus principal de l'Université York dans le secteur nord-ouest de Toronto.
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Publié 07/09/2020 par François Bergeron

Cette semaine, les parents regardent avec une certaine anxiété leurs jeunes enfants ou leurs ados reprendre le chemin de l’école élémentaire ou secondaire. Or, les étudiants du postsecondaire (collèges et universités) connaissent eux aussi une rentrée d’automne 2020 très inhabituelle, encore plus «virtuelle», régie par de nombreuses mesures de distanciation et de protection sanitaire.

La plupart d’entre eux passeront beaucoup moins de temps dans une salle en face d’un prof ou sur le campus que l’an dernier: les cours à distance et en ligne seront la norme, pas l’exception, cette année.

Zoom

Au Collège Boréal, par exemple, nous dit Martin Lajeunesse, le gestionnaire des communications et des relations médias, «pour la très grande majorité des programmes, les étudiants complèteront certaines composantes des cours en salle de classe virtuelle (avec Zoom), et d’autres en personne, sur le campus», que ce soit à son campus principal de Sudbury ou à celui de Toronto.

Au Collège La Cité à Toronto, la directrice Judith Charest confirme que «nos cours sont tous offerts dans une combinaison de mode synchrone (le prof en direct à l’écran) et asynchrone (en ligne)».

La directrice de La Cité à Toronto, Judith Charest.

À l’Université York, qui inclut son campus bilingue Glendon, «plus de 95% des 3500 cours de premier cycle sont offerts en ligne et à distance», indique le porte-parole Yanni Dagonas. «La majorité des cours sont synchrones. Nous offrons des options asynchrones à titre d’arrangements pour les étudiants.»

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York planifie «un retour éventuel à des opérations normales sur les campus», lit-on dans son site web, mais selon les directives de la santé publique ainsi qu’en coordination avec les autres universités, donc probablement pas avant janvier 2021.

En 2018-2019, plus de 800 000 étudiants – dont plus de 200 000 étrangers – étaient inscrits dans des collèges, universités, établissements autochtones et collèges privés d’enseignement professionnel de toutes les régions de la province.

Baisse des confirmations

Les étudiants ont encore jusqu’au 23 septembre pour confirmer ou apporter des modifications à leur inscription. Mais à Boréal, comme ailleurs, «nous remarquons une tendance à la baisse des confirmations pour la rentrée cet automne».

Dans le contexte de la pandémie, plusieurs étudiants ont donc décidé d’attendre avant d’entreprendre des études postsecondaires «normales»

«En effet, plusieurs étudiants ayant reçu une offre d’admission ont décidé de reporter le début de leurs études (parfois d’un semestre, parfois d’une année)», confirme le Collège Boréal.

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À l’Université York, «de façon générale, nous constatons une baisse des inscriptions des nouveaux étudiants par rapport à l’année dernière, mais il est important de noter qu’il y a également une augmentation des inscriptions pour les années supérieures».

À Toronto, La Cité anticipe une augmentation par rapport à l’année dernière: au-delà de 100 étudiants.

«Toutefois», nuance Judith Charest, «nous sommes encore en train d’inscrire des étudiants, car plusieurs prennent encore des décisions après avoir attendu pour voir comment les institutions postsecondaires allaient gérer leurs programmes et puis selon leurs circonstances respectives. Nous n’aurons pas les chiffres complets avant la fin septembre.»

Étudiants étrangers

Pour les étudiants internationaux, cette tendance serait encore plus prononcée. Il n’y aura pas de nouveaux étudiants internationaux dans la cohorte de cet automne à Boréal. «Les étudiants internationaux qui poursuivent leurs études pour une deuxième ou troisième année, quant à eux, sont presque tous de retour.»

Tous les étudiants – étrangers ou canadiens – qui sont placés en quarantaine à leur retour d’un déplacement à l’extérieur du pays doivent subir un test de dépistage de la CoViD-19 immédiatement avant leur retour sur le campus.

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Programmes d’été

Le retour sécuritaire sur les campus se fonde notamment sur «l’expérience acquise dans le cadre des programmes pilotes de reprise limitée de l’enseignement en classe pendant l’été», indiquait récemment le ministre Ross Romano.

Plus de 15 000 étudiants ont participé au programme pilote, qui a permis à des étudiants «bloqués» dans leurs études de terminer des crédits en suspens en retournant sur le campus.

Par ailleurs, le gouvernement a mené des consultations au cours de l’été afin de «repenser l’avenir de l’enseignement supérieur en Ontario», rapporte le ministre Romano.

L’entrée du campus torontois du Collège Boréal, au 3e étage du 1 rue Yonge.

Cours à distance

Le Collège Boréal étant présent aux quatre coins de la province, l’utilisation de technologie de visioconférence n’est pas nouvelle: «nous avons l’habitude d’exploiter des nouvelles technologies pour améliorer la livraison de nos programmes», nous dit Martin Lajeunesse.

«La majorité du personnel enseignant a l’habitude de travailler avec les outils qui seront employés pour la livraison de cours en mode virtuel». Plusieurs cours étaient déjà offerts uniquement en mode asynchrone, mais ce ne sera le cas d’aucun des cours normalement offerts sur campus.

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Formation des profs

Néanmoins, en préparation pour cet automne, une série de formations «J’enseigne à distance» a été développée, et un nouveau site web à l’appui du personnel enseignant a été lancé: www.clipboreal.ca. «Nos enseignants de tous les secteurs se sont prévalus de ces offres de formation, autant le personnel permanent à temps plein que les profs à temps partiel.»

L’Université York a également créé un site, BOLD, «pour appuyer la transition de l’enseignement et de l’apprentissage en ligne». Le site fournit «une aide pédagogique basée sur les besoins des cours et une aide individuelle aux étudiants».

La Cité à Toronto compte beaucoup sur des partenaires dans le milieu qui accueillent et forment ses étudiants. «Nous offrons toujours un accompagnement aux profs pour qu’ils soient le mieux outillés selon le mode de livraison», indique Judith Charest.

«Nous avons constaté, depuis le début de la pandémie, le niveau de flexibilité, de créativité et d’engagement des profs de La Cité. Les étudiants ont vécu des expériences d’apprentissages enrichissantes malgré la situation actuelle.»

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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