La pandémie, un handicap pour faire son deuil

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Le deuil a besoin de rassemblement, de caresses, de poignées de main... Photo: Nathalie Prézeau, archives l-express.ca
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Perdre un être cher est toujours pénible, encore plus en temps de pandémie. Les règles sanitaires concernant les salons funéraires et les rassemblements n’aident pas les gens à faire leur deuil convenablement.

Fernande Boismier, 75 ans, demeure à Belle-Rivière, près de Windsor. Le 12 avril, elle a perdu son fils Marc, 53 ans. Pas plus de dix personnes ont pu se rendre au salon funéraire Melady pour se recueillir avant l’incinération.

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Melady’s Funeral Home, à Belle-Rivière.

Test de covid pour faire son deuil

L’une de ces personnes était Daniel, frère cadet de Marc. Comme il vit au Michigan, Daniel a dû passer un test de covid pour traverser la frontière.

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Daniel Boismier

«J’ai été tellement content de pouvoir aider ma mère avec toutes les démarches administratives qui demeurent complexes pour elle parce que faites le plus souvent en ligne.»

«Impossible d’avoir mes petits-enfants, cousins, cousines et amis à mes côtés», déplore Fernande Boismier. «Un décès, qui était souvent une occasion pour la famille de se serrer les coudes, devient maintenant un fardeau plus lourd à supporter.»

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Parce que Marc recevait des prestations d’aide sociale de la ville de Windsor, c’est elle qui assume les coûts des funérailles. Les règlements de la ville l’obligent à le faire dans une limite de 30 jours. C’est la municipalité qui impose donc un horaire.

Dix personnes, pas une de plus

Les cendres de Marc seront enterrées près du cercueil de son père dans le cimetière Saint-Simon et Saint-Jude, à Belle Rivière le 17 mai. Encore là, seulement dix personnes seront admises, y compris le ministre du culte.

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Marc Boismier

Fernande Boismier a soigneusement dressé une liste et a demandé à Melady si elle pouvait avoir onze personnes au lieu de dix. On lui a aussitôt répondu: «No way, we would get a fine!»

Amateur de hockey, Marc Boismier était un partisan des Red Wings de Detroit et des Spitfires de Windsor. Sa meilleure amie Julie Rassin fait partie des proches invités au salon funéraire et à la cérémonie au cimetière.

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Fernande Boismier

Faire une croix sur son deuil

Une célébration de la vie devra attendre. Elle pourra avoir lieu seulement lorsque les conditions de déconfinement le permettront.

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«Il est difficile de planifier quoi que ce soit, car la date pour un rassemblement est constamment repoussée», note Fernande. «Cela ne fait que rendre une situation triste encore plus pénible

Mme Boismier ajoute que le fait de pouvoir partager un repas avec la famille et les amis, de pouvoir parler intimement à tout le monde, de se donner des accolades, «tout ça a toujours été réconfortant et faisait partie, avant la pandémie, du processus permettant de faire son deuil. Mais il faut faire une croix sur cela maintenant», regrette Fernande.

Tourner la page

La perte d’un être cher est une situation où les liens d’amitié ont tout leur poids. Si Fernande Boismier se réjouit de quelque chose en cette période difficile, c’est bien d’avoir des amies qui l’épaulent et qui l’aident à tourner la page.

«Quelques élèves rencontrées à l’école secondaire sont devenues des amies qui m’accompagnent depuis plus de soixante ans. Le terme famille élargie prend dès lors tout son sens.»

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