La musique, une forme de résistance

Entre rythmes latins et jamaïcains,Sergent Garcia poursuit sa route

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Publié 23/08/2011 par Guillaume Garcia

Guitariste du groupe de rock français Ludwig von 88, Bruno Garcia a parcouru le monde et surfé sur la vague de renouveau du rock français. Plusieurs tournées l’ont amené en Amérique du Nord, à Toronto et bien sûr Montréal. Depuis, il s’est calmé un peu, il est devenu le chanteur et compositeur du groupe de salsa reggae Sergent Garcia, en hommage à l’anti-héros de la série Zorro. Il était en concert au Lula Lounge mardi dernier pour promouvoir son dernier album, Una y otra ver.

Depuis ses débuts dans le reggae à la fin des années 90, Bruno Garcia a écumé les salles de concert et les festivals pour se faire connaître et rassasier un public grandissant. Ses textes, depuis le premier album Viva el Sargento sorti en 1997, jusqu’au dernier Una y otra vez parlent de ce que de plus en plus de personnes veulent entendre, un équilibre entre les pays, les hommes…
Parfois qualifié de musique naïve pour adolescents, le reggae salsa de Sergent Garcia mérite qu’on lui porte de l’attention, à l’instar d’un Manu Chao, critiqué pour ses textes faciles, mais qui à l’arrivée touchent beaucoup de monde.

Un musicien globe-trotteur

Le nouvel album a été enregistré dans quatre pays, la France, l’Espagne (où habite dorénavant le chanteur), la Colombie et Cuba.

La langue espagnole lui reste toujours très à coeur et la plupart de ses textes sont dans ce langage. «Je suis très attaché à la culture latino-américaine. Quand je suis allé en Colombie, j’ai fait un concert incroyable», raconte Bruno Garcia.

«On a fait complet, alors que je n’ai jamais vendu un seul album là-bas, tout le monde connaissait les chansons par coeur. On a flashé sur l’énergie et le pays en lui même est un vrai laboratoire de musique, espagnole, cubaine, latino, jamaïcaine… La nouvelle génération est surprenante, loin des clichés. Pour eux aussi, l’art représente une forme de résistance au système en place.»

Oui, après le punk-rock, Bruno Garcia a toujours gardé cette verve, cet intérêt pour les gens en difficulté, et ce mépris des injustices. Voilà certainement une clé du succès de groupes, ou de chanteurs comme Manu Chao, ou Sergent Garcia.

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De l’écho chez les opprimés

On a beau trouver leurs textes faciles, voire enfantins, mais ce qu’ils disent trouve de la résonnance dans le coeur de peuples opprimés, mais aussi de ceux des pays riches qui souhaitent un futur plus joyeux.

Le français d’origine basque par son père a beaucoup bourlingué, en Espagne, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes, et connu des gens de toutes origines, dont plusieurs de Côte d’Ivoire, qui ont inspiré ses rythmes.

Le concert de mercredi dernier a permis à Sergent Garcia de faire découvrir son dernier album au public torontois, qui aurait pu être plus nombreux pour un tel artiste, d’ailleurs beaucoup plus composé d’hispanophones que de francophones.

Malgré tout, le chanteur a livré une performance pleine d’énergie, avec ses musiciens venus de Colombie, de Cuba ou encore de France.

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

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