La liberté connaît souvent des détours


24 juin 2014 à 9h33

L’année dernière, Jean Fahmy publiait le premier tome de son roman Les Chemins de la liberté – Fabien et Marie. Il nous offre maintenant la conclusion dans L’Ultime voyage. L’ouvrage est à la fois un apprentissage de la politique et une initiation à l’amour conjugal.

Rappelons que Fabien et Marie, deux jeunes Acadiens nés dans le Poitou mais désireux de trouver l’Acadie de leurs ancêtres, ont d’abord séjourné à Paris et travaillé pour Beaumarchais, un ardent supporteur de la Révolution américaine.

Le second tome commence avec la traversée vers l’Amérique, mais les deux amoureux devront surmonter nombre d’obstacles et d’épreuves avant d’arriver en Acadie.

Jean Fahmy a concocté une trame romanesque intimement mêlée à l’Histoire, celle de la Guerre d’indépendance américaine. Fabien et Marie participent à la résistance des troupes américaines, aux côtés du marquis de La Fayette, du comte de Rochambeau et du général Washington.

L’auteur décrit en détail la fameuse bataille de Georgetown, qui scelle l’indépendance des États-Unis. Il signale même «la présence de Canadiens aux côtés des Insurgents», voire de Canadiens français au sein du régiment de Moses Hazen, qui se battent pour la liberté des Américains.

Comme si ce détour guerrier n’était pas suffisant pour retarder l’arrivée de Fabien et de Marie en Acadie, nos deux protagonistes sont faits prisonniers par les Iroquois. L’un et l’autre se feront prendre dans un engrenage qui mettra leur fidélité conjugale à dure épreuve…

D’un chapitre à l’autre, on alterne entre la narration de Fabien, puis celle de Marie. Cela donne parfois lieu à des répétitions. Même si le récit est parsemé de rebondissements dramatiques – conditions extrêmes de voyage, enlèvement de Marie, blessure de Fabien, emprisonnement du couple et j’en passe –, nos deux Acadiens surmontent tout par enchantement. Cela semble parfois arrangé avec le gars des vues.

Le roman est une leçon de survivance au XVIIIe siècle. Comme l’action se passe en partie sur des navires, Fahmy a recours à une comparaison navale pour décrire cette leçon: «Il faut peut-être, provisoirement, se coucher sous le vent, laisser le navire filer ailleurs. Quand l’orage gronde, on peut toujours penser au port qu’on veut atteindre. Cela viendra après. Mais l’important, c’est de survivre.»

Pour décrire un accouplement sexuel, l’auteur a aussi recours à une métaphore maritime: «je la sentais frémir et tanguer sous mon corps comme une barque qu’un coup de vent aurait poussé de côté ou qu’une haute vague aurait fait bondir sur sa crête, avant de s’écrouler et de la recouvrir d’une écume blanche.»

Le pluriel dans le titre du roman – Les Chemins de la liberté – est très significatif. Le lecteur suit Fabien et Marie vers une terre promise (l’Acadie), vers un foyer de liberté, mais il est aussi question de la liberté du peuple américain, voire de la liberté des esclaves noirs. Pour les uns comme pour les autres, «leur liberté avait pour nom un nouveau pays, un pays où ils pourraient vivre sans crainte».

Le sous-titre du second et dernier tome est L’Ultime voyage. Est-ce dire que Fabien et Marie arriveront finalement en Acadie? Décideront-ils plutôt de s’arrêter à New York ou à Montréal? À vous de le découvrir… L’important, c’est de survivre et «la patrie est partout où on se trouve bien», comme l’a écrit Voltaire.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Trafic humain: l’impunité est encore la norme

esclavage prostitution
Fin 2018, le prix Nobel de la paix reconnaissait les milliers de Yézidies victimes d’esclavage sexuel en Iraq. Début 2019, l’ONU publie un rapport...
En lire plus...

18 janvier 2019 à 14h16

Invitation dans la tête d’Anique Granger

Ruban de la cassette
L’auteure-compositrice-interprète fransaskoise Anique Granger cherchait un cadre pour écrire autrement. Ça a donné un balado, «Le ruban de la cassette», une invitation à suivre...
En lire plus...

18 janvier 2019 à 8h00

Un nouveau point de service du Centre francophone à Mississauga

CFT
Le Centre francophone de Toronto ouvrait officiellement son point de service à Mississauga ce jeudi 17 janvier.
En lire plus...

17 janvier 2019 à 17h00

Entre culture et aventure au Honduras

Honduras
le Honduras se niche entre mer et forêt, déroulant des palettes de bleu dans la mer des Caraïbes et l’Océan Pacifique et d’émeraude...
En lire plus...

17 janvier 2019 à 9h00

Un effet Trump dans la cour d’école?

Trump
Deux chercheurs viennent de publier des résultats inquiétants sur le harcèlement et les insultes à l’école, avant et après la dernière élection américaine.
En lire plus...

17 janvier 2019 à 7h00

Daniel Mayer, nouveau président de Franco-Fête

Franco-Fête de Toronto
Le président de la Franco-Fête de Toronto, Richard Kempler, a passé le flambeau mercredi soir. C'est Daniel Mayer, secrétaire du CA depuis deux ans,...
En lire plus...

16 janvier 2019 à 16h59

Qui devrait se préoccuper du statut du français à l’ONU?

Six mois après l’adoption, par le Comité des droits de l’homme de l'ONU, de constatations impliquant le Canada, les 18 pages du document ne...
En lire plus...

16 janvier 2019 à 13h05

Des sculptures asymétriques pour des réponses humaines inédites

sculpteur
Le nouveau musée The Modern.Toronto met en vedette des artistes de l’abstrait, comme le sculpteur ontarien André Fauteux jusqu'au 9 février.
En lire plus...

16 janvier 2019 à 9h00

Comment les écrivains parlent-ils des animaux?

À vos déguisements: l'émission radiophonique littéraire Quatrième de Couverture revient avec le «carnaval des animaux», le 19 janvier prochain à 14h30 au Collège Boréal.
En lire plus...

16 janvier 2019 à 7h00

10 nominations pour Damien Robitaille au 10e Gala Trille Or

Damien Robitaille est en lice pour le Prix Trille Or de l'«Artiste solo» de l'année et dans neuf autres catégories non genrées de l'APCM,...
En lire plus...

15 janvier 2019 à 19h31

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur