La jungle en Équateur: la douceur de l’hospitalité Quechua


20 août 2013 à 10h22

Dans ma hutte en bambou sur pilotis, j’écoute la pluie tomber sur la forêt. A l’abri de ma moustiquaire, je m’interroge : les craquements furtifs proviennent-ils d’un animal sauvage qui rôde autour de nos habitations ou appartiennent-ils à la portée de poules et poussins qui a élu domicile sous ma hutte?

Dans cet environnement dominé par le vert et la pluie, tout est nouveau, source de curiosité et parfois d’inquiétude.

Je n’ai appris que cet après-midi que le gros scorpion noir qui me toisait dans la cabine de douche n’était pas mortel puisqu’il n’était pas orangé. Ici, me dit tranquillement Delfin, mon hôte quechua, il ne faut se méfier que des plantes et insectes aux couleurs vives. Bon.

L’aventure est au rendez-vous chaque matin. Celui-ci m’entraîne plus profond encore dans la jungle. Equipée de bottes en caoutchouc, je quitte avec mes amis et nos hôtes le petit village et m’enfonce au cœur de la forêt. La terre est boueuse et nombreuses sont les rivières à traverser. Les bottes prêtées par Delfin nous sont utiles pour ne pas glisser et tomber. Elles se remplissent toutefois régulièrement d’eau à chaque torrent à traverser.

Un monde traditionnel

La randonnée nous fait marcher des heures sous la pluie omniprésente dans un paradis émeraude aux arbres, plantes et insectes gigantesques. Nous plongeons dans des cascades, escaladons chutes d’eau et roches, une corde passée autour de la taille, nous balançons de liane en liane, et observons une faune et une flore uniques.

Heureusement que nos guides ont un sens de l’orientation infaillible car il n’y a pas de piste marquée au sol et que pour l’étranger tout se ressemble sous couvert de feuilles. L’aventure se poursuit le soir avec dégustation de gros vers grillés.

G-Adventures qui a initié ce voyage avait pour idée d’immerger le visiteur dans une culture, un environnement à mille lieues de ce qu’il connait. Pari réussi.

De cérémonies chamanes en visites de centre de secours aux animaux de la jungle, je plonge dans un monde de traditions et de rites en symbiose avec la nature qui me fait oublier les repères plus traditionnels de notre civilisation.

Rebaptisée avec un nom qui me rattache à la terre, j’apprends sous les conseils de mes hôtes à distinguer les plantes médicinales des plantes mortelles, à fabriquer des pièges pour attraper volatiles et reptiles, à utiliser la sarbacane, à maîtriser l’art de la poterie pour la cuisine.

Une grande humanité

Des heures passées en pirogue ou à marcher en forêt accentuent mon goût pour la liberté et la vie en plein air et m’apprennent à composer avec les forces de la nature (pluies torrentielles, présence d’animaux et d’insectes peu communs, absence d’électricité, terrain accidenté nécessitant des ressources physiques pour progresser, apprentissage du dialecte et maîtrise de l’espagnol…) et la vie en communauté avec les quechuas font de ce voyage une expérience unique et mémorable.

La douceur des sourires, l’espièglerie des adultes et la fraîcheur des enfants agrémentent mon séjour d’une humanité chaleureuse. Que de plaisir à cuisiner avec les femmes et à découvrir comment préparer la chicha (alcool local), le chocolat à partir des fèves de cacao, comment cuire dans des feuilles de plantain.

Et que de joie à jouer au football et à chat perché avec les enfants dans la petite école locale. Jamais je n’aurais imaginé un jour chanter Ô Canada dans la jungle, ni faire des cocottes en papier avec des élèves dans leur unique classe.

Dans l’avion qui me ramène vers des horizons plus secs et plus aseptisés, il me semble encore entendre leurs rires et sentir sur moi toute la douceur de l’hospitalité quechua. Bien plus qu’une aventure à la Indiana Jones, la jungle équatoriale restera à jamais associée dans mon esprit à la gentillesse et à la sagesse d’un peuple resté proche d’une terre plus grande que nature.

Renseignements

www.gadventures.com/trips/local-living-ecuador-amazon-jungle/SEJL/2013/itinerary/

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