La grandeur de la vie tout court

Deuil périnatal

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Dans son livre Surmonter la mort de l’enfant attendu: Dialogue autour du deuil périnatal paru en mai 2008, Élisabeth Martineau ouvre «un véritable dialogue de coeur à coeur sur le deuil périnatal». L’écriture délicate prend soin des émotions et des sentiments du lecteur. Un récit universel écrit simplement, touchant toutes les femmes et leurs proches ayant vécu la perte d’un bébé attendu. Un ouvrage sensible traitant les rites, les gestes, les traces, là où la vie nous file entre les doigts…

«On conçoit un enfant, on place son berceau devant une fenêtre, celle qui s’ouvre sur le plus beau paysage. On s’attend à ce que la vie passe à travers nous, toute neuve, immaculée, et c’est la mort qui survient, nous laissant sidérés. Ceux qui échappent à cette sidération, ceux dont l’horloge interne repart, ont peut-être en commun de percevoir dans la mort quelque chose de fondateur.» Un extrait de la préface du livre Surmonter la mort de l’enfant attendu: Dialogue autour du deuil périnatal d’Élisabeth Martineau, dont l’auteur Bernard Martino, fut judicieusement choisi par celle-ci. Bernard Martino, cinéaste français reconnu, a produit plusieurs documentaires sur la naissance, la mort, l’enfant et la maladie, dont l’ouvrage Le bébé est une personne.

Élisabeth Martineau, rencontrée par L’Express, confie qu’on lui a souvent demandé ces derniers mois si ce travail d’écriture lui servait de thérapie. «J’ai beaucoup pleuré en écrivant et je me dis que les lecteurs vont peut-être pleurer aussi en lisant ces pages. Et les pleurs, c’est bon. Ça fait du bien. Ça nous rappelle qu’on est vivant!»

Dans la conclusion de son livre, l’auteure souhaite «que le livre serve de début, comme il l’a été pour moi. Un nouveau début, une meilleure compréhension voire une acceptation plus grande de l’irrationel, ou de la vie tout simplement.»

L’auteure poursuit en expliquant qu’elle voulait écrire, «à partir de mon vécu et autres témoignages, un livre pour aider les parents à mieux comprendre et avancer suite à la mort de leur bébé survenue avant la naissance. 23 personnes ont participé à la rédaction de cet ouvrage, incluant des parents, sages-femmes et autres professionnels de la santé.» «Je fus, dit-elle, le fil conducteur afin de maintenir un partage d’informations concrètes et pratiques avec les lecteurs.»

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Élisabeth Martineau commente qu’il lui fut difficile d’initier la rédaction de son livre. Plus de six mois pour découvrir qu’elle devait absolument écrire sur cette expérience douloureuse ayant «une influence sur ma vie de maman avec mes trois filles», dit-elle.

Élisabeth Martineau, jounaliste née à Toronto, vit en France avec son mari et ses trois filles Léokadia (dix ans), Gisèle (huit ans), Jeanne (quatre ans). Léokadia est née en 1999, un an presque jour pour jour suite à la mort in utero de Raphaëlle, première fille de l’auteure.

En 2000, Élisabeth Martineau devient co-fondatrice de l’association La Cause des Parents, Maison de la parentalité et de la naissance à Lyon. «J’ai écrit ce livre parce que je n’avais pas assez pleuré Raphaëlle. J’avais le sentiment sous-jacent que je devais prendre du temps pour pleurer en écrivant. J’avais besoin de me libérer du sentiment de culpabilité face à la mort de ma fille. J’ai voulu écrire ce livre pour mes trois autres filles. En pensant aux lecteurs pour leur apporter quelque chose», dit l’auteure.

Le livre de 136 pages comprend trois chapitres. La première partie, selon l’auteure, «raconte au présent mon histoire simplement comme je l’ai vécue.» Élisabeth Martineau traite de sa récente arrivée en France, tout juste mariée, sa grossesse normale et heureuse, l’annonce du décès de Raphaëlle, la suite alors que tout s’écroule, l’accouchement, la peur, les moments pénibles à l’hôpital, l’étape cruelle de l’enterrement, son nouveau combat intérieur, son contact étroit avec la sage-femme.

Le lecteur découvrira avec émotion des passages d’écritures de l’auteure à sa fille Raphaëlle, insérés en italique, tout au long du chapitre. Un partage intime et tendre entre une maman et son bébé.

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Au cours du deuxième chapitre intitulé «Dix ans plus tard», l’auteure revient sur l’état de sa vie telle qu’elle est aujourd’hui. Sa vie en France avec son mari, Hervé Martineau, entrepreneur en maçonnerie écologique, et leurs trois filles aux cheveux dorés et aux yeux marrons brillants. «J’ai voulu offrir aux lecteurs de l’oxygène pour digérer, refaire le plein d’énergie», dit l’auteure.

La troisième et dernière partie du livre contient les trois quart de l’ouvrage. L’auteure revient en détail dix ans plus tard, étape par étape, sur ce qui s’est passé suite à l’annonce de la mort in utero de son premier bébé.

Le lecteur entre alors dans une écriture très concrète et pratique. L’auteure y traite, entre autres, des attitudes ou paroles aidantes ou blessantes, la mort fœtale et l’impact sur l’enfant vivant, la communication avec famille, l’impact du deuil sur tous les membres de la famille, la reconnaissance juridique, le deuil particulier après une interruption médicale de grossesse, la fausse-couche.

Avec l’aide de sages-femmes, médecins, psychiatres et témoignages d’autres parents ayant perdu un enfant avant la naissance, l’auteure ouvre des pistes concrètes pour donner un sens à tout cela et continuer d’avancer. «Reconnaître la grandeur de la vie tout court», conclut Élisabeth Martineau.

Surmonter la mort de l’enfant attendu: Dialogue autour du deuil périnatal, de Élisabeth Martineau (auteur) et Bernard Martino (préface), publié par la Chronique Sociale à Lyon, est vendu en ligne sur le site Internet www.amazon.fr

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