La FCFA demande 1,7 milliard $ sur cinq ans

Plan d’action pour les langues officielles

Le directeur général Alain Dupuis, la vice-présidente Audrey Labrie et le président de la FCFA Jean Johnson devant le Forum des leaders, le 24 novembre.

Le directeur général Alain Dupuis, la vice-présidente Audrey Labrie et le président de la FCFA Jean Johnson devant le Forum des leaders, le 24 novembre.


1 décembre 2017 à 12h12

Dans un ultime élan pour influencer le cabinet Trudeau, au moment où une décision sur le financement du prochain Plan d’action pour les langues officielles est imminente, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) publie ses «attentes minimales».

En plus de la continuité du 1,1 milliard $ du plan quinquennal actuel, l’organisme réclame 115 millions $ par année pour combler les besoins criants du milieu associatif et la complétude institutionnelle en éducation.

Le plan se terminant fin mars contribue 57 millions $ par année au développement communautaire en milieu minoritaire. Mais selon l’organisme porte-parole, environ 60% des fonds de l’initiative en place depuis 2003 sont des transferts aux provinces et territoires distribués dans le cadre d’ententes à long terme.

«Ces fonds ne se transforment pas en investissements dans les communautés», signale le président Jean Johnson. «Il n’y a rien qu’on peut faire avec ces transferts, il y a zéro reddition de comptes des gouvernements par rapport à leur utilisation. Alors que nous, on doit justifier nos subventions de façon très détaillée.»

Rattrapage

Le porte-parole se fait catégorique: «On est prêt à continuer, mais il y a un rattrapage à faire. Dans les conversations qu’on a eues avec les élus sur la Colline parlementaire, pas une personne n’a réagi négativement au montant de 575 millions. Tout le monde est d’accord.»

Selon Jean Johnson, la ministre du Patrimoine canadien s’est montrée solidaire avec la FCFA et ses membres. «On a besoin d’aider Mme Joly à vendre le plan comme nous on le souhaite. Personne ne peut le faire mieux que les communautés.»

La FCFA a choisi de s’affirmer maintenant parce que le discours sur le Plan d’action qui dure depuis le début de l’automne doit aboutir. «Quand est-ce que va l’annoncer: avant les Fêtes ou en janvier? Il est minuit moins cinq. Il faut que le budget soit adopté avant la fin mars.»

L’organisme priorise les opérations du secteur communautaire pour appuyer les centaines de groupes qui animent les francophonies nationales et provinciales. «On veut du rattrapage pour que les organismes puissent respirer.»

Puis on met l’accent sur l’éducation, selon le président: la petite enfance et l’attraction des familles vers les garderies; le recrutement des ayants droit; la capacité de faire le lien entre l’école et la communauté; et le postsecondaire.

«La vision de la dualité linguistique du Canada n’arrive pas toute seule», résume Jean Johnson, «il faut la planifier. Je compte sur Justin Trudeau pour s’assurer que ça arrive.»

Le temps presse

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a ajouté sa voix à celles de la FCFA et d’autres organismes pour presser le gouvernement du Canada de «renouveler son Plan d’action et d’augmenter le financement qui en dépend».

«L’investissement pour les communautés de langues officielles en situation minoritaire provenant de ce plan d’action est gelé depuis bien trop longtemps», explique le président Carol Jolin.

Même son de cloche à la Commission nationale des parents francophones (CNPF). La présidente Véronique Legault se dit d’avis que «les investissements du gouvernement sont essentiels pour le développement et la vitalité des communautés francophones en milieu minoritaire et que le gouvernement Trudeau ne doit pas tarder à agir».

La CNPF souhaite un Plan d’action qui produira une «véritable transformation pour les communautés», dans cinq grands domaines: l’augmentation de leur poids démographique; la création d’espaces de vie en français; le renforcement des capacités des institutions des communautés; l’accès à l’éducation en français de la prématernelle au postsecondaire, dans toutes les provinces et tous les territoires; la revitalisation des communautés francophones en milieu rural et éloigné.

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