La Chine marquée par le gigantisme

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Publié 30/09/2008 par Paul-François Sylvestre

J’ai récemment passé quinze jours en Chine. C’est peu de temps pour découvrir l’histoire, le charme et l’exotisme d’un pays aussi vaste. Mes deux semaines ont donc été remplies de petites expéditions aussi colorées que variées. Temples et pagodes, musées et mausolée, jardins, lacs et montagnes, acrobates, danseurs et musiciens, jade, soie et thé, tout a figuré au menu de mon exploration chinoise.

Après un vol direct de douze heures, j’ai atterri à Pékin le 7 septembre. Cette ville de 16,3 millions d’habitants est encerclée et enveloppée de voies rapides qui en font un vrai monstre de béton et d’asphalte. Mon guide m’a évidemment conduit à la Cité interdite, au Palais impérial d’été et à la Grande Muraille. Cette dernière s’étend sur 6 700 km et mesure 6 à 7 m de hauteur, 4 à 5 m de largeur. C’est en sueur que j’en ai escaladé une infime partie, jusqu’à un petit pavillon où on a pris une photo attestant de mon «exploit».

Ce qui m’a le plus surpris à Pékin et dans les autres villes que j’ai visitées – Xi’an, Guilin, Shanghai, Yangzhou, Suzhou, Wuxi, Nanjing, Hangzhou –, c’est le gigantisme des infrastructures et la propreté des lieux. Les rues des grandes villes ont souvent 6 ou 8 voies de large. À Pékin, l’artère qui traverse la Place Tian’anmen a 12 voies de large!

Rue principale, voie rapide ou autoroute, chaque kilomètre est d’une propreté exemplaire. Des hommes balaient constamment les voies pour enlever le plus petit bout de papier et la moindre feuille morte.

Ce qui étonne le touriste lorsqu’il emprunte une autoroute pour voyager d’une ville à l’autre, c’est le soin mis à l’entretien de la surface au milieu de ces voies rapides. Elles sont recouvertes de haies finement taillées en forme de colonnes, de blocs ou de triangles. Il y a même des arbustes fleuris qui s’élèvent entre ces haies. Les Chinois remarquent-ils ce paysagisme enchanteur? Chose certaine, cela doit être un baume qui réduit le mal de débourser un droit de péage à presque chaque 100 km sur les autoroutes. Heureusement que l’essence ne coûte pas plus que 7 yuans ou 1 $ le litre (À Hong Kong elle se vend 2,50 $ le litre!)

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Parlant de route et d’essence, il faut noter que tout ce qui a des roues se croise et s’entrecroise dans les rues des villes chinoises. Autobus, vélos, camions, voiturettes, motos, mobylettes, camions, scooters et voitures se mêlent et s’entremêlent allègrement. Il y a des voies réservées aux vélos et motos, mais rares sont les conducteurs qui portent un casque protecteur (dans les voitures, le port de la ceinture de sécurité est peu répandu). Quant à l’essence, elle est vendue par une seule compagnie à la grandeur du pays: Sinopec.

De toute évidence, la Chine subit l’influence occidentale. Chaque grande ville a ses McDonald’s, Kentucky Fried Chicken et Pizza Hut. Contrairement à l’Occident, qui apprend de plus en plus à écraser, les Chinois demeurent de grands fumeurs. Les échoppes vendant des cigarettes pullulent; elles surgissent à chaque coin de rue et étalent leurs produits à qui mieux mieux. Certains magasins consacrent des vitrines entières aux produits du tabac.

Une chose qui n’est pas gigantesque en Chine, c’est l’appartement moyen d’un résident. À Suzhou, le guide m’a dit que lui, sa femme et son enfant vivaient dans un logement de 100 m2. Il y aurait même des familles qui n’occupent que 75 m2, voire 50m2!

Handicapés s’abstenir

Yangzhou et Hangzhou sont des villes renommées pour leurs jardins. J’en ai visités au moins trois ou quatre. On y admire des bonsaïs, des pagodes et des étangs recouverts de nénuphars. Certains de ces jardins sont d’anciennes propriétés de richissimes familles. Il est possible d’y voir des pavillons d’époque finement décorés. Ce qui m’a frappé, c’est que ces lieux ne sont pas accessibles aux personnes en fauteuils roulants ou se déplaçant avec une marchette. Chaque porte a un cadre, y compris en bas de l’embrasure; il faut donc enjamber le seuil pour entrer dans une pagode, un pavillon ou une pièce. Tâche impossible pour une personne à mobilité réduite.

Ma visite guidée de la Chine ne prévoyait même pas une pleine journée à Shanghai. J’ai eu droit à huit heures de «sightseeing» sous un ciel nuageux. Ce que je retiens de cette ville de 20 millions d’habitants, c’est une architecture urbaine de style «porc-épic»: la ville est littéralement hérissée de gratte-ciels, certains de formes assez originales. Mon guide était plus intéressé à me montrer l’atelier de jade (et sa salle de vente) que les édifices de style européen qui constituent le Bund (je soupçonne que chaque vente rapporte une commission au guide).

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On se rend à Guilin pour admirer le paysage. L’endroit est un paradis de lacs, rivières et montagnes. Mon guide aimait dire que les gens de Pékin se vantent du nombre de pierres qu’on peut voir chez eux (Grande Muraille), que ceux de Xi’an font état du nombre de guerriers (armée souterraine), que ceux de Shanghai se rabattent sur le nombre de gratte-ciels et que ceux de Yangzhou se targuent du nombre de jardins à visiter. À Guilin, ce sont les montagnes qu’on compte. Le paysage de la région épouse la forme d’un dos de dragon, de plusieurs dragons car il y a tout près d’une centaine de montagnes ou collines.

À suivre…

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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