Klimt, peintre de la modernité

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Sous ce titre retentissant, Klimt 2012. Un baiser transforme le monde, l’office du tourisme de la capitale de l’Autriche a ouvert l’année Klimt, qui marque le 150e anniversaire de naissance du célèbre peintre autrichien. Vienne entend célébrer avec faste cet événement et le Baiser s’affiche dans toutes les boutiques.

Le héros de ces célébrations est Gustav Klimt, né le 14 juillet 1862 dans la banlieue de Vienne. Il est le deuxième enfant d’une famille qui en comptera sept. Son père est orfèvre ciseleur, un métier modeste qui influencera certainement Gustav. Sa mère est chanteuse lyrique.

Dans ce milieu familial artistique, Gustav s’intéresse à l’art et montre un certain talent pour la décoration. Il entre donc à 14 ans à l’École des arts décoratifs de Vienne.

Le symbolisme et l’impressionnisme français l’attirent. Avec des amis, il publie un journal en 1897, Ver Sacrum (Printemps sacré), avec l’ambition de créer un centre des arts. Il fonde l’Union des artistes figuratifs, une association appelée aussi Sécession, qui se propose de réformer l’art autrichien de l’époque, pour lui donner une reconnaissance internationale.

Le but est de sortir l’art de l’académisme ambiant, à la manière de l’Art nouveau en France ou du Jugendstil allemand.

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Premières œuvres

Klimt participe à la décoration du grand escalier du Kunsthistorisches Museum (Musée des beaux-arts), qu’il achève seul, le maître d’œuvre étant décédé, ce qui contribue à sa réputation. Comme peintre décorateur, il exécute de nombreux travaux, fresques, allégories, plafonds, ainsi que des portraits très appréciés pour la précision des traits. L’empereur François-Joseph lui confère la Croix d’or du mérite artistique.

En 1898, il compose le célèbre tableau Pallas Athéna, qui marque sa rupture avec l’art classique, officiel à Vienne.

En 1900, à l’occasion de la septième exposition de la Sécession, Klimt présente La Philosophie. C’était la première, avec La Médecine et La Jurisprudence, de trois toiles commandées par l’Université de Vienne. En 1945, les nazis ont détruit ces tableaux.

Ces toiles déchaînent les critiques et ne seront pas placées dans la salle prévue. La Philosophie est représentée comme une sphinge floue, la tête dans les étoiles. La Médecine est une femme gisant près de représentations morbides. La Jurisprudence montre un criminel en action devant une justice impassible. On est bien loin du clarissime dévot et puritain.

Le cycle d’or et le décorateur

Les années 1902-1903, période d’intense créativité, marquent un tournant dans l’œuvre de Klimt: c’est le début de son Cycle d’Or. Il produit alors Serpents d’Eau, Portrait d’Adèle Bloch-Bauer, Danaé.

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Il exécute des mosaïques pour la salle à manger du palace d’un riche banquier belge: L’Attente et L’Accomplissement manifestent son génie décoratif. En 1908, il peint le tableau le plus connu et le plus caractéristique de son œuvre, Le Baiser, une huile sur toile, dans lequel il réalise l’exploit de combiner motifs géométriques et éléments humains.

Par après, ayant quitté la Sécession, à partir de 1909 il peint des paysages ou des scènes allégoriques, ainsi que des portraits de femmes, dans des décors somptueux, des poses langoureuses ou érotiques, des costumes extravagants.

«Il reprend le titre de décorateur ‘fin de siècle’, de peintre de l’intelligentsia autrichienne et d’inventeur de l’art décoratif.» Il décède le 6 février 1918 à Vienne.

Exposition au Belvédère

C’est au Belvédère, l’ancien palais d’été d’Eugène-François, prince de Savoie, que se tient, jusqu’au 6 janvier 2013, la fastueuse exposition Sous le signe des chefs-d’œuvre: 150 ans de Gustav Klimt. C’est ce musée qui possède la plus grande collection au monde de ses tableaux, dont les plus célèbres.

La salle consacrée à la période dorée de Klimt vous laisse sans voix. Les grands chefs-d’œuvre sont là: Le chœur des Anges, Judith, Salomé et surtout Le Baiser. Influencé sans doute par son père et son frère Ernst, orfèvre également, avec lequel il avait créé un atelier, Klimt introduit l’or dans ses tableaux.

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Impressions

L’impression sur le visiteur, voulue par l’exposition, est incroyable. Il faut s’asseoir et contempler pour découvrir la richesse de l’expression artistique, que même les meilleures reproductions n’arrivent pas à transmettre. Pour apprécier et ressentir ce que le peintre exprime, il faut vraiment être sur place.

La salle suivante, qui propose des œuvres différentes, basée sur l’impressionnisme, est aussi une révélation. Elle permet de comprendre le travail de Klimt, et sa recherche de la composition artistique, comme ce Tournesol qui a la forme du futur cocon du Baiser. On reste ébahi.

Les organisateurs ont placé face à face, des deux côtés de la salle, une allée d’arbres du jardin de Monet à Giverny et sa «traduction» par Klimt: ressemblance et différence.

Un petit livre, Klimt, Éditions Skira, 95 p., 10 $, offre un aperçu très illustré (60 p.) des œuvres de Klimt, avec un court texte explicatif.

Et la période de Noël est fastueuse à Vienne!

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