Julie Lassonde en permission au Labo

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Se donner la permission, la donner aux autres, laisser l’espace se transformer, se permettre de le transformer… Les performances évolutives de Permission de Julie Lassonde ont charmé le public en fin de semaine dernière. Originaire de Montréal, cette improvisatrice et performeure formée en mime corporel a pris d’assaut le Labo les soirées du 16, 17 et 18 février.

Au fur et à mesure que l’auditoire remplit la salle, une voix douce résonne dans le studio orné de bandes de papier kraft. Sans même que l’on s’en aperçoive, la performance commence. Depuis sa cabine d’enregistrement, Julie s’adresse directement au public, leur accordant une suite de permissions qui mettent tout de suite dans l’ambiance.

Quelques minutes s’écoulent, chacun prend peu à peu ses aises et se donne la permission de s’asseoir par terre, boire un verre ou observer le décor… Julie se tait, sort de la cabine et fixe attentivement chaque paire d’yeux qui l’observe.

Pas à pas, son corps envahit l’espace, s’enveloppe dans le papier comme pour se cacher de la vue des autres. Secrète et furtive, enfermée dans sa bulle de papier, Julie se livre pourtant avec intimité à travers une bande-son d’où s’élève sa propre voix.

Elle parle de son vécu, ressasse des expériences personnelles au détour d’un café, d’une conférence, d’une rencontre… Le tout partant d’une permission. La permission que l’on nous donne, celle que l’on prend, et celle que l’on donne aux autres.

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Par moments, Julie reprend le micro, emmitouflée dans son papier, pour donner à son tour à l’auditoire la permission de s’approprier la performance.

La voilà qui part à la recherche de permissions vécues, enrobe de papier les acteurs improvisés de sa performance, et revient à son point de départ, au milieu des ruines du décor.

Art performatif

Soucieuse de défaire ses mouvements des contraintes sociales, Julie Lassonde a voulu explorer le concept de permission à travers une série de performances évolutives.

Sa création s’inscrit dans le programme de mentorat du Labo, débuté au mois de novembre dernier. «La première permission, c’était d’être acceptée dans le mentorat! Il suffit souvent d’un déclic, d’une personne qui te donne une permission pour qu’une histoire voit le jour», raconte Julie.

Voilà trois mois que cette artiste travaille sur Permission, sous l’œil avisé de sa mentor, Maria Legault.

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«Nous avons été jumelées pour ce programme qui devait réunir trois associe trois artistes émergents francophones à trois autres reconnus de la scène artistique torontoise.

À chaque étape du développement de mon projet de création, je lui ai fait part de mes questionnements et elle a toujours su m’apporter un regard extérieur qui m’a fait avancer».

Un public charmé

À l’issue de la première de Permission jeudi soir, les réactions fusaient. Pour beaucoup, l’enjeu relevait plus de la confiance que de la permission. À en croire l’auditoire, un vrai paradoxe s’élevait de la performance, entre force et faiblesse, confiance et pudeur…

«La frontière entre permettre et forcer est mince. Il est difficile de créer une liberté, sans forcer quelqu’un. J’avais moi même peur de donner la permission au public de participer à ma création, sans les forcer», explique Julie.

Un duo en point d’orgue

Pour la représentation de samedi, Julie s’est offerte la venue de Duorama #110, performance de Paul Couillard et Ed Johnson.

À l’issue de la performance de Julie, l’auditoire s’est vu invité à quitter le studio pour rejoindre le couple d’artistes qui s’est produit dans le corridor. Chaque performance s’est achevée autour d’une discussion avec les artistes, recueillant soir après soir les impressions du public.

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