Jeux d’amour et de folie sous vos yeux ébahis

Feydeau et Guitry au Théâtre français de Toronto

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Publié 09/02/2006 par Sophie Hautcoeur

Pour vous replonger dans le Paris de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Pour retrouver la Belle Époque lorsque les maîtres mots étaient plaisir, joie et opulence. Maris trompés, amants, couples peu solides, le Théâtre français de Toronto, vous plonge dans le Vaudeville de Sasha Guitry et de Georges Feydeau.

Comme un chef d’orchestre, David Danzon dirige la partition composée par Georges Feydeau. À la place de musiciens il dispose de comédiens.

«Feydeau pense aux moindres détails dans l’écriture d’une pièce, qu’il s’agisse des déplacements des comédiens, de la position des objets ou des éléments du décor», explique David Danzon, le metteur en scène. «Il était un homme de théâtre complet et talentueux qui savait ce qu’il faisait. Alors notre travail consiste à lui rester le plus fidèle possible», ajoute-t-il. Sasha Guitry, quant à lui, joue sur les dialogues, les mots qu’il a toujours bons. «Il donne plus de liberté à la mise en scène, c’est plus ouvert», commente M. Danzon. Deux approches différentes d’une seule tradition du Vaudeville.

Plaisir et légèreté

Georges Feydeau et Sasha Guitry se retrouvent, dès cette semaine, sur la scène du Théâtre français de Toronto (TfT) pour le spectacle Jeux d’amour et de folie. Trois pièces en un acte, Une lettre bien tapée et Une paire de gifles de Guitry et Feu la mère de Madame de Feydeau dans lesquelles il est question de mari trompé, de secrétaire ambitieuse et d’un jeune couple désuni.

Un retour à la Belle Époque, quand plaisir et légèreté se partageaient les rires du public. Pour présenter la soirée David Danzon prend le rôle de bonimenteur, de crieur des rues ameutant la foule parisienne dans son théâtre. Le metteur en scène redevient comédien.

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«Ma formation première est celle de comédien classique. Depuis huit ans je me consacre à la compagnie Corpus, qui offre des spectacles à la rencontre du théâtre et de la danse», explique-t-il. Avec Corpus il a pris goût à la discipline et à la précision scénique propre à la danse dont il se sert pour diriger les Jeux d’amour et de folie, le premier spectacle, extérieur à sa compagnie, auquel il participe.

Réunir les maîtres du bon mot

À l’origine du projet, Guy Mignault, directeur artistique du TfT, contacte David Danzon pour lui suggérer l’idée. Celui-ci accepte, à la fois flatté de se voir proposer la mise en scène et aussi heureux de se plonger dans une époque qu’il aime beaucoup. «J’ai ensuite choisi les textes parmi les pièces courtes des deux auteurs. Il fallait qu’elles ne comportent que peu de personnages car je ne pouvais embaucher que trois ou quatre comédiens. Et puis elles devaient me plaire», se souvient-il. La distribution, de jeunes comédiens comme des artistes plus chevronnés, se compose de Stéphanie Broschart, René Lemieux, Karen Racicot et Manuel Verreydt.

Lever de rideau le 16 novembre

Sur une scène peu profonde et très large qui a posé un véritable défi au scénographe, les costumes d’époque, les décors, les personnages grotesques et puis la musique, apportent l’ambiance du Paris du début du XXe siècle sous les projecteurs du TfT et sous vos yeux sans doute ébahis. Une semaine avant la première et après trois semaines de répétitions, il reste, bien sûr, des détails à régler. La pression et le trac montent. David Danzon le promet dans un sourire: «tout sera en place quand le rideau se lèvera».

Jeux d’amour et de folie d’après Feydeau et Guitry du 16 novembre au 3 décembre au Berkeley Street Theatre. tél.: 416-534-6604.

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