InSight est sur Mars: et maintenant?

À gauche, le sismomètre, à droite, la taupe. (Illustration: NASA)


30 novembre 2018 à 7h00

À présent qu’InSight a survécu à sa descente sur Mars et a fait se réjouir l’enfant caché en chaque amateur d’astronomie, l’étape suivante consistera à… être patient. Rien que pour déployer ses instruments, il faudra deux mois à la petite sonde américaine.

Le plus innovateur de ses instruments est cette «taupe» (ou capteur de flux de chaleur) qui s’enfoncera à cinq mètres sous la surface — les sondes martiennes précédentes ont simplement «gratté» la surface.

Première photo de la caméra IDC prise sur le sol de Mars, immédiatement après l’atterrissage (26 novembre) : on distingue à gauche le sismomètre et à droite le bras chargé de déposer les instruments sur le sol en position repliée. (Photo: NASA)

Formation des planètes

En théorie, la différence de température entre la surface et le fond du «trou» devrait permettre d’en savoir beaucoup plus sur la chaleur qui règne au coeur de Mars. En comparant avec la chaleur qui règne au centre de la Terre, les géophysiciens espèrent en apprendre beaucoup sur la formation des deux planètes.

L’instrument, de son nom scientifique HP3 (Heat Flow and Physical Properties Package), conçu en Allemagne, qui ressemble à un clou auto-propulsé, déploiera derrière lui un câble électrique, avec des capteurs de température à tous les 35 centimètres.

Le sismomètre, le plus gros — façon de parler — des instruments à bord, doit lui aussi servir à mieux comprendre l’activité interne de Mars, et du coup, comprendre ce qui différencie nos deux planètes.

Schéma 1 montrant les similarités et les différences entre les structures internes de Mars (sur la base des hypothèses disponibles avant la mission InSight), de la Terre et de la Lune : 1A Croûte continentale et 1B océanique de la Terre – 1C Croûte basaltique de Mars et de la Lune – 2A Manteau supérieur et 2B inférieur de la Terre – 2C Manteau de Mars et de la Lune – 2E Manteau partiellement fondu de la Lune – 3A Noyau liquide et 3B solide de la Terre – 3C Noyau de Mars liquide ou solide ? – 3D Noyau liquide et 3E solide de la Lune – 4 Discontinuités. (Illustration: NASA)

Détecteurs de mouvement

Les ingénieurs sur Terre mettront au moins trois semaines à observer minutieusement le sol autour d’Insight pour choisir l’endroit le plus «plat» où déposer ce SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure).

Le bras d’InSight, pleinement déployé, peut aller jusqu’à 1,8 mètre, mais lui aussi aura besoin de 2 ou 3 semaines d’essais avant que tout le monde soit satisfait de sa fiabilité pour déposer le SEIS à l’endroit approprié.

Les concepteurs français du sismomètre, à l’Institut de physique du globe de Paris, disent de lui qu’il contient trois détecteurs de mouvement enfermés sous vide, dont la sensibilité permettrait de détecter un mouvement «de l’épaisseur d’un atome».

Il est aussi décrit comme un «bijou technologique» de trois kilos qui aura coûté pas moins de 50 millions d’euros, soit plus de 10% du budget total d’InSight.

Le module d’InSight qui s’est posé sur Mars en cours d’assemblage avec ses panneaux solaires déployés. (Photo: NASA)

Cinq mètres de profondeur

Il faudra ensuite une autre semaine, après le déploiement de SEIS, pour que la «taupe» ne soit à son tour en place et prête à creuser. Elle pourrait mettre 40 jours à atteindre les cinq mètres de profondeur.

Outre cela, InSight est équipée de capteurs de température et des vents, d’un baromètre, d’un magnétomètre (pour mesurer le champ magnétique) et d’un instrument de géodésie américain, RISE (Rotation and Interior Structure Experiment), destiné à mesurer les variations infimes de la planète sur son axe de rotation: des variations susceptibles, elles aussi, de révéler des secrets sur l’activité interne de Mars.

Certains de ces instruments commenceront à récolter des données dès les prochains jours.

L’ensemble de la mission doit durer un peu plus d’une année martienne, soit près de deux années terrestres.

Le bouclier thermique arrière est abaissé sur l’atterrisseur et le compartiment parachute. (Photo: NASA)

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