Hot Docs 2014: des films à part

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Le festival torontois du documentaire Hot Docs vient de se clore, et c’est pour nous une occasion de revenir sur certains films qui ont suscité notre curiosité par leur sujet ou la manière de le traiter.

Il apparaît, par exemple, que le schéma classique du documentaire ne suffit plus aux publics modernes, et que le style reportage des années 2000 s’estompe, poussant les documentaristes vers de nouvelles pistes pour exposer leurs points de vue.

Vers le découpage court et l’interactivité

On remarque l’apparition de figures de style empruntées à la fiction: histoires parallèles superposées, montages saccadés, scènes courtes, pouvant être visionnées indépendamment du tout, sur internet par exemple, constantes référence à des sources extérieures interactives, invitant ainsi le spectateur à s’engager d’avantage dans l’univers des sujets.

The Sheik, du torontois Igal Hecht, en est un bon exemple, qui raconte la vie et les déboires du fameux lutteur des années 80 «The Iron Sheik», et fait de multiples références à sa célébrité retrouvée grâce aux nouveaux médias, incluant toutes les informations nécessaires à l’écran (@the_ironsheik, www.sheikmovie.com).

De même, Justin Weinstein et Tyler Measom, les cinéastes d’An Honest Liar, sur la longue carrière de l‘illusionniste «The Amazing Randi», mettant l’accent sur sa croisade contre les charlatans profiteurs de détresse spirituelle, expliquaient la facilité avec laquelle on peut trouver foule de détails complémentaires à leur film en ligne, et l’intégration de ces outils à leur histoire. (www.anhonestliar.com)

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L’intimité et l’humanité à tout prix

Les thèmes aussi ont évolué, après une grande période de généralisation sociale à multitudes d’exemples, pour se recentrer sur l’individu et l’intimité parfois dérangeante de personnages moins nombreux, plus marquants, plus touchants.

The Condemned et Love Hotel excellents exemples à la structure similaire de cette tendance, explorent la psyché de sujets aux situations de solitudes toutefois différentes: culpabilité criminelle pour les détenus de la prison russe 56 et frustration émotionnelle et sociale pour les japonais.

Une par une, ces personnes ouvrent leur intimité au spectateur dans une narration aussi dissolue que confondante, qui distille parfois un sentiment de voyeurisme révélant des mystères au compte goutte, à la manière d’un Fenêtre sur Cour.

Ne me Quitte Pas, dans lequel nous suivons la dépression alcoolisée post-rupture d’un attachant quinquagénaire belge, «soutenu» par un ami, paraît plus une reconstitution qu’un véritable documentaire, mais créée le même effet, similairement à The Special Need contant la quête d’amour physique d’un jeune autiste à travers l’Europe.

Des croyances et des hommes

D’autres films décalés figuraient au programme, aux titres évocateurs tels Bronx Obama, Chilean Elvis, Gun Porn ou Iranian Ninja, et aux sujets variés comme les folies de la foi ou de la spiritualité: Bugarach, exposant à travers les yeux de ses habitants, les jours menant à la préapocalypse du 20 décembre 2012 dans un petit village français supposé être la nouvelle arche de Noé.

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Ou encore The Boy from Geita, sur les mésaventures d’un jeune albinos tanzanien suite à la déclaration d’un marabout ayant affirmé que des parties de son corps réduites en potion porteront chance à ceux qui les boiront.

Un retour aux sources

Le documentaire est en pleine expansion et la question a été soumise au Parlement d’en faire l’art officiel canadien.

Avec plus de 190 oeuvres très variées pour l’édition 2014, il est toujours difficile de se faire une idée des tendances sur une si courte durée, mais nous avons décelé, dans la plupart des films visionnés, un penchant vers le retour à l’image esthétique après des décennies de vidéographie réaliste, et nous ne nous en plaindrons absolument pas tant certains plans étaient majestueux.

La plupart de ces films devraient être accessibles d’ici peu grâce aux plateformes en ligne telles que Vimeo, Hulu ou Netflix.

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