Haro sur le gaspillage des aliments

Plus de 60% de la nourriture qui finit dans les poubelles canadiennes serait encore consommable

Des conseils pour les réceptions : laissez vos invités se servir en déposant les plats au centre de la table. Ils pourront ainsi choisir leurs aliments et la quantité désirée, ce qui réduira les aliments servis en trop puis jetés. (Photos: J’aime manger, pas gaspiller.)


15 janvier 2019 à 14h25

La saison des Fêtes révolue, des milliers de tonnes d’aliments sont jetés à la poubelle. Un tiers de la nourriture produite dans le monde connaîtrait ce sort. Chez nous, plus de 60% de la nourriture qui finit dans les poubelles serait encore consommable.

Pour y remédier, la campagne de sensibilisation J’aime manger, pas gaspiller vise à changer les comportements alimentaires des Canadiens. Le message fait son chemin.

Si Noël et le jour de l’An riment bien souvent avec repas gargantuesques, célébrer sans gaspiller s’avère crucial. Car le Canada figure parmi les mauvais élèves: chaque jour y sont gâchés 2 400 000 pommes de terre, 1 200 000 tomates, 470 000 laitues ou encore 450 000 œufs.

 

Moitié industrie, moitié population

Selon l’ONU, un tiers de la nourriture produite dans le monde serait gaspillé.

Au Canada, 1100 $ de provisions seraient ainsi jetés par les fenêtres chaque année par ménage, soit 140 kilos de nourriture. À l’échelle nationale, cela représenterait 2,2 millions de tonnes et une perte de 17 milliards $.

Pour lutter contre le gâchis, la campagne pancanadienne J’aime manger, pas gaspiller a été lancée en juillet 2018 afin de sensibiliser la population, responsable pour moitié de ce gaspillage.

Au moyen d’un site regroupant diverses ressources, de nombreux conseils pratiques sont prodigués aux consommateurs en matière de conservation des denrées alimentaires, d’utilisation des restes et de planification des repas.

 

Un intérêt croissant

Les Canadiens sont de plus en plus sensibles à la cause. La campagne s’inspire de l’initiative anglaise Love Food Hate Waste qui, en cinq ans, a réussi à faire chuter de 21% le gaspillage des ménages au Royaume-Uni, signe que les choses peuvent changer.

La version canadienne vient de l’Ouest, pilotée par le Conseil national zéro déchet basé à Vancouver, et rassemble neuf partenaires à travers le pays: les villes de Toronto, Vancouver et Victoria, le District régional de Metro Vancouver, la province de la Colombie-Britannique, Walmart, Sobeys et Recyc-Québec.

Ce dernier a joué un rôle tout particulier en adaptant le slogan et les outils de promotion en français afin de rendre la campagne bilingue.

«C’est important de s’allier pour aller plus loin», évoque Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente des opérations à Recyc-Québec et membre du conseil d’administration du Conseil national zéro déchet.

 

Le goût de contribuer

La Société québécoise de recyclage observe un bel engouement sur les réseaux sociaux. «On est très heureux de constater l’intérêt des internautes. Il y a beaucoup de trafic sur le site. C’est vraiment une campagne qui donne le goût aux gens d’échanger et de contribuer.»

Cela dit, les retombées ne seront mesurées de façon quantitative que dans trois ans par le Conseil national zéro déchet, dont le but ultime est de réduire de moitié le gaspillage alimentaire au Canada d’ici 2030.

À Toronto, 96 000 tonnes de déchets alimentaires sont produites chaque année. Éveiller les citoyens est donc essentiel pour Charlotte Ueta, responsable de la planification de la gestion des déchets dans la métropole: «Nous utilisons des graphiques, des statistiques, des affiches… La sensibilisation et l’éducation sont au cœur de la campagne.»

Et l’approche semble fonctionner: «Nous sommes assez surpris par l’intensité du dialogue qui a lieu dans le monde numérique. Les influenceurs sont actifs, les gens partagent leurs conseils.»

Walmart fait des efforts pour réduire le gaspillage.

Dons aux banques alimentaires

Mieux encore, les efforts des Canadiens sont rejoints par le géant de la distribution Walmart. En 2018, la compagnie a annoncé vouloir supprimer tout déchet alimentaire d’ici 2025 au Canada.

L’entreprise s’est notamment engagée à augmenter les dons aux banques alimentaires locales et à reverser un million de dollars pour la campagne Luttez contre la faim, initiez le changement.

Walmart a même promis de baisser les prix des produits dont la date de péremption approche afin d’inciter l’achat et d’éviter les pertes.

«En tant que détaillant de notre envergure, nous avons un rôle unique à jouer pour résoudre le problème et pouvons aider à promouvoir un changement positif sur cet enjeu important», confie Steeve Azoulay, directeur principal des affaires publiques.

Le responsable assure par ailleurs que Walmart aurait réduit ses déchets alimentaires de 23% au Canada entre 2015 et 2017.

Si l’objectif zéro gaspillage semble encore loin, le consensus est là: il est temps que les Canadiens changent leurs habitudes alimentaires.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Cinq flûtes des cinq continents

North Wind Concerts
Alison Melville est à la tête du projet de concert Encircling the World: Flutes qui sera présenté le dimanche 2 mars à 19h30 au...
En lire plus...

22 février 2019 à 7h00

Troisième revers consécutif pour les Maple Leafs

Les Maple Leafs de Toronto étaient de retour à domicile après un long voyage de 6 parties à l'étranger. Pour l'occasion ils recevaient la...
En lire plus...

21 février 2019 à 22h30

17 255 écrivains canadiens se partagent 12 282 712 $

écrivains
Depuis 30 ans, le programme du Droit de prêt public (DPP) verse aux écrivains canadiens une somme d’argent en reconnaissance de l’utilisation de leurs...
En lire plus...

21 février 2019 à 17h00

La station Kipling: circulez, y a rien à voir

Cette semaine, nous poursuivons les Visites Express consacrées aux extrémités du métro torontois. Après Finch et McCowan, nous nous sommes rendus à l'ouest de...
En lire plus...

21 février 2019 à 13h00

Common law en français: Calgary devance Toronto

Ian Holloway, doyen, Faculté de droit, Université de Calgary; Nickie Nikolaou, vice-doyenne (Calgary); Adam Dodek, doyen, Faculté de droit, Université d’Ottawa; Caroline Magnan, directrice du Programme de certification de common law en français; Alexandra Heine, étudiante de 3e année en droit (Calgary).
Un nouveau partenariat sur l'enseignement de la common law, conclu entre les facultés de droit de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Calgary, va...
En lire plus...

21 février 2019 à 11h00

Incertitude environnementale et arrogance humaine

roman
Le premier roman de Christiane Vadnais, Faunes, est un récit dystopique qui s’insère dans un courant de fiction climatique.
En lire plus...

21 février 2019 à 9h00

Ils ont apporté la rougeole à l’école

Encore un. Un père de famille qui se retrouve au centre d’une poussée de cas de rougeole, en Colombie-Britannique, reconnaît ne pas avoir fait...
En lire plus...

21 février 2019 à 7h00

Une assemblée citoyenne de l’AFO sur Facebook

Résistance
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario organise sa première assemblée citoyenne en direct sur Facebook le mardi 26 février à 17 h.
En lire plus...

20 février 2019 à 17h10

McMichael accueille l’art pluriel de Françoise Sullivan

McMichael
Les femmes à l’honneur! Depuis le 16 février, le Musée d'art canadien McMichael ouvre ses portes à deux expositions itinérantes sur deux grandes artistes:...
En lire plus...

20 février 2019 à 13h00

Facebook, sauveur des journaux?

journaux, presse, médias
Responsable majeur de leur détresse, Facebook vient aujourd’hui au secours des journaux désemparés en promettant 300 millions $ pour divers projets de journalisme local....
En lire plus...

20 février 2019 à 11h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur