Francophonie: comment construire l’identité dès le plus jeune âge

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La construction de l’identité francophone chez les tout-petits passe par des moments de partage avec d’autres membres de la communauté. Photo: iStock.com/Rawpixel
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Publié 04/05/2026 par Camille Langlade

Référents culturels actuels, jumelage avec d’autres écoles, implication des parents: des intervenantes en petite enfance proposent des pistes pour aider les tout-petits à construire leur identité francophone.

«Langue», «culture», «appartenance»: voici les mots qui sont revenus le plus dans le clavardage pour qualifier la construction identitaire lors d’un webinaire sur le sujet de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), le 28 avril.

Deux expertes ont présenté huit principes directeurs de la construction identitaire pour les services de la petite enfance: Isabelle Leblond, directrice générale des centres Envol & Boussole, en Alberta, et Catherine Isabel, chargée de projet à l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF).

Des principes qui peuvent être intégrés aux activités avec les tout-petits et guider les professionnels de la petite enfance.

Qu’est-ce que la construction identitaire?

L’ACELF définit la construction identitaire comme «un processus hautement dynamique au cours duquel la personne se définit et se reconnaît par sa façon de réfléchir, d’agir et de vouloir dans les contextes sociaux et les environnements dans lesquels elle évolue».

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«C’est quelque chose qui n’est jamais vraiment terminé. Chacun le vit à son rythme», précise Catherine Isabel.

Une identité ancrée dans le présent

Le premier principe directeur renvoie à l’importance de s’inscrire dans la francophonie contemporaine, ouverte sur le monde et consciente des réalités actuelles.

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Isabelle Leblond.

Autrement dit, ne pas seulement regarder vers le passé, mais proposer aux enfants des chansons récentes, parler des nouvelles dans la communauté, ou encore diffuser sur le babillard à destination des parents des articles d’actualité.

«Trouver un équilibre entre le passé et le présent», résume Isabelle Leblond, qui suggère aussi de demander aux tout-petits ce qu’ils aiment et écoutent.

L’inclusion dans le calendrier des fêtes reconnues par les différents membres de la communauté est aussi conseillée, afin de refléter toutes les cultures. Les accents de chacun doivent en outre être respectés.

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Sortir du cadre

Plusieurs principes invitent à nouer des partenariats et des actions en dehors des murs des services de garde. Les parents, la communauté, les artistes et même d’autres écoles ou établissements de la région, du Canada et de l’étranger peuvent être mis à contribution.

Organiser des évènements comme des repas-partage et des barbecues avec les familles est aussi un moyen de fédérer.

Le jumelage entre les enfants et les élèves de l’école peut aussi être bénéfique et permettre aux tout-petits de développer leur qualité de «leader», ont souligné les intervenantes.

Les échanges avec les artistes francophones sont également encouragés. Certains participants ont d’ailleurs cité la composition et l’enregistrement de comptines.

Créer des liens avec la francophonie

Les intervenantes sont revenues sur la nécessité de créer des liens au sein de la francophonie d’ici et d’ailleurs. Il est possible d’inviter les parents à venir raconter leur histoire ou des artistes d’autres provinces ou territoires.

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Pour que les enfants sentent qu’ils appartiennent à «quelque chose qui est plus grand que soit» et qu’ils réalisent que la francophonie va au-delà de leur ville ou leur petit village, explique Isabelle Leblond.

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Catherine Isabel.

Dans un contexte de plurilinguisme, plutôt que de réprimander un enfant pour sa prononciation ou ses erreurs en français, Catherine Isabel prône l’exemple. «Il faut que nous soyons nous-mêmes des modèles, en leur parlant en français.»

Les intervenants ont rappelé qu’on ne peut pas «évaluer» la construction identitaire. «C’est un processus qui peut avoir des moments de recul, des avancées; ce n’est pas fixe.»

Demander aux enfants s’ils ont aimé telle ou telle activité ou comment ils se sentent reste également essentiel, et un très bon indicateur. «Il faut encourager les personnes comme elles sont, insiste Isabelle Leblond. Et s’assurer qu’elles aient du plaisir.»

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