Fragile équilibre de nos deux langues officielles

Serge Dupuis : Deux poids deux langues

Serge Dupuis, Deux poids deux langues Brève histoire de la dualité linguistique au Canada, Québec, Éditions du Septentrion, 2019, 234 pages, 27,95 $.
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L’Ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, fait du français la langue du royaume en France. Cela va s’étendre à la Nouvelle-France où les accents de Normandie et du Poitou se répandent respectivement dans la vallée du Saint-Laurent et en Acadie.

Voilà une première donnée historique que Serge Dupuis fournit dans Deux poids deux langues – Brève histoire de la dualité linguistique au Canada.

Dualité linguistique

Après la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne en 1763, le Canada sera marqué par une dualité linguistique entre anglophones et francophones.

Commence alors une longue histoire au cours de laquelle différentes conceptions de la dualité linguistique se succèderont.

L’auteur souligne admirablement bien l’inégalité des rapports de force entre le français et l’anglais, puis les efforts déployés par l’État fédéral, le Québec et les autres provinces pour rétablir une certaine équité ou, dans les moments malheureux, marginaliser la langue de la minorité.

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Écoles de continuation

J’ai clairement reconnu ma famille dans un passage où on souligne que, en Ontario, «il existe sinon des collèges privés payants, des high schools qui restreignent le français à un cours spécial ou des classes post-élémentaires qui offrent la 9e et la 10e année».

On appelait ces classes post élémentaires des écoles de continuation; j’ai fait ma 9e année dans une école du genre à Saint-Joachim, près de Windsor.

Je suis allé ensuite dans un collège privé payant à Ottawa, alors que mes trois sœurs ont fréquenté un high school offrant une classe spéciale de français à Belle-Rivière.

Rôle du gouvernement fédéral

Quand Serge Dupuis décrit le rôle joué par le gouvernement fédéral pour promouvoir la vitalité des communautés minoritaires de langue officielle, je me suis encore une fois reconnu puisque j’ai travaillé à «la Direction de l’action socio-culturelle du Secrétariat d’État», créée en 1969.

J’y suis arrivé deux ans plus tard pour diriger le programme Activités-jeunesse.

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Pragmatisme

La synthèse de l’évolution du bilinguisme franco-anglais au Canada est minutieuse et fort bien documentée. On retient que «les considérations pratiques ont primé sur les considérations philosophiques ou idéalistes».

On découvre comment le bilinguisme s’est inséré au cœur de l’identité canadienne au XXe siècle pour permettre à deux sociétés d’échanger, «se comprendre et forger une fédération politique».

Inégalité de force

Compte tenu de la démographie, il existe bien entendu une inégalité de force entre le français et l’anglais. En revanche, un fragile rééquilibre a été atteint.

«Les décideurs politiques, les tribunaux, l’existence d’une culture vibrante et l’esprit d’accommodement de la majorité (y) ont tous contribué (…), sans toutefois y parvenir entièrement».

Voilà un ouvrage qui tombe à point en cette année où on célèbre le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles et au moment où on s’apprête à la réviser.

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