Festival de Cannes 2013: on l’aime un peu, beaucoup…

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Il a ses milliers de disciples, ses hordes d’adorateurs, d’habitués baba cool, de collectionneurs compulsifs d’autographes, ses détracteurs aussi: rançon de la célébrité! Élitiste, provocateur, mondain, inégalé et inégalable, pour rien au monde on ne veut le manquer. C’est cette semaine que le Festival de Cannes ouvre avec tambours et trompettes, littéralement! L’Express est déjà sur la Croisette, ne craignez point.

C’est qu’elle promet d’être mémorable, cette 66e édition. En compétition: 20 longs métrages choisis parmi les 1858 proposés aux sélectionneurs. Les festivaliers verseront-ils un pleur sur les 1838 malheureux laissés-pour-compte aux espoirs anéantis? Il est permis d’en douter.

La sélection offerte est a priori trop séduisante pour laisser place aux pensées moroses. Parmi les élus, bon nombre d’habitués, anciens palmés et primés de l’ultra sélect club.

La table est mise

Et quelle table! Au menu: Roman Polanski (Président du jury 1991, Palme d’or 2002 pour son magnifique Le Pianiste) présente son vingtième long métrage: La Vénus à la fourrure, comédie érotique et adaptation cinématographique de la pièce de théâtre de David Ives, grand succès off Broadway, elle-même inspirée du roman de l’écrivain autrichien Leopold von Sacher Masoch, responsable du vocable: masochisme.

Succès de curiosité assuré, l’Américain Steven Soderberg (Palme d’or 1989 à 26 ans pour Sex, Lies and Videotape) présente Behind The Candelabra, basé sur la liaison orageuse entre le flamboyant, excentrissime et célèbre pianiste virtuose Liberace et son bel et jeune amant Scott Thorson.

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Le film est aussi programmé au Festival gai Inside Out de Toronto (23 mai au 2 juin).

Quant aux frères Ethan et Joel Coen, (Palme d’or 1991 pour Barton Fink, Prix de la mise en scène, entre autres pour les inoubliables Fargo et No Country For Old Men), c’est la compagnie d’un chanteur folk imaginaire que nous propose ce remarquable duo de cinéastes américains avec Inside Llewyn Davis.

Jim Jarmush (Caméra d’or 1983 pour Stranger Than Paradise, Grand Prix 2005 pour Broken Flowers), l’un des plus singuliers cinéastes américains avec Tarantino, s’éloigne des sentiers battus des mortelles amours pour nous offrir en spectacle l’amour chez les vampires avec Only Lovers Left Alive.

Le français François Ozon, 14 longs métrages témoignant de la multiplicité de son talent (en compétition avec Swimming Pool, 2003) présente Jeune et Jolie. Son précédent film, le troublant Dans la maison, programmé et primé au TIFF 2012, est actuellement à l’affiche dans nos cinémas.

De l’Italien Paolo Sorrentino (Prix du jury 2008 pour son percutant et superbe Il Divo, portrait dévastateur de l’ex Président du Conseil Giulio Andreotti), on attend le meilleur avec La Grande Bellezza.

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Le Français Arnaud Desplechin présente Jimmy P. (Psychotherapy of a Plains Indian) qui fait revivre l’amitié entre un Blackfoot ayant combattu en France et l’ethnologue psychanalyste français Georges Devereux.

L’Américain James Gray, peintre des faubourgs new-yorkais qui se déclare avec humour «la version tragique de Jerry Lewis», présente The Immigrant avec son acteur fétiche Joaquin Phoenix et l’actrice française Marion Cotillard.

Autre élu américain, Alexander Payne, réalisateur du film à succès The Descendants, présente Nebraska, une «gentille petite comédie».

Asghar Farhadi, réalisateur iranien dont le très beau Séparation a fait le tour des autres festivals et remporté l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2011, est en lice avec Le passé.

Le cinéaste chinois Jia Zhangke, dont l’oeuvre témoigne sans complaisance des changements de sa société, présente A Touch of Sin.

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Côté Japon, deux concurrents. Kore-Eda Hirokazu, l’un des cinéastes marquant de son pays, revient avec Like Father, Like Son. Takashi Miike est surtout connu pour ses spectaculaires films de yakuza et d’horreur, violents et provocateurs. Il propose ici Shield of Straw.

Présence africaine: après Un homme qui crie (2010), le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun est de retour avec Grigris.

À signaler, l’entrée en piste de quelques «non initiés», dont le Français Arnaud des Pallières avec Michael Kohlhaas et le Mexicain Amat Escalante avec Heli.

Autre nouveau et pas des moindres: le Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche, metteur en scène, acteur, scénariste. C’est avec un film de trois heures sept minutes qu’il fait son entrée au cénacle: La vie d’Adèle – Chapitre 1 et 2. À ne pas manquer.

Cherchez la femme

Seule au milieu de ces messieurs, anciens palmés, primés et oscarisés: une femme qui a signé son 3e long métrage, Un Château en Italie, a réussi l’épreuve de la sélection: Valeria Bruni Tedeschi, la soeur aînée de la chanteuse et «première dame» Carla Bruni.

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Au jury, partage équitable: quatre hommes, quatre femmes. Étincelant jury d’ailleurs, présidé par l’un des géants de la planète cinéma, le scénariste-réalisateur-producteur Steven Splielberg.

Il est permis d’espérer qu’un président de son calibre nous fera oublier le triste palmarès de l’édition 2012 que le président Nanni Moretti nous infligea, ignorant deux des meilleurs films de la compétition, Holy Motors de Leos Carax et De Rouille et d’os de Jacques Audiard.

Le Canada à Un certain regard

Autre tranche de la Sélection officielle sans Palme d’or à l’arrivée, mais des récompenses appréciables puisque marquée du noble sceau «Festival de Cannes», la section Un Certain Regard présente cette année 18 longs métrages.

C’est à cette enseigne que se retrouve le Canada, porté par une jeune Québécoise, Chloé Robichaud, 25 ans. Son film Sarah préfère la course est son premier long métrage. La jeune cinéaste n’en est pourtant pas à ses premiers pas au Festival. On la retrouvait déjà dans la course l’an dernier, en compétition avec Chef de meute, concourant pour la Palme d’or, catégorie court métrage.

Entre Sofia Coppola qui ouvre la section avec The Bling Ring, Claire Denis qui présente Les Salauds et six autres réalisatrices, Chloé Robichaud est en excellente compagnie.

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Peut-être, dans un avenir pas trop lointain, la quasi-absence des femmes dans la course à la Palme d’or ne sera plus qu’un souvenir?

52e Semaine de la critique

Tête chercheuse, La Semaine de la Critique l’a toujours été. C’est même, pourrait-on dire, sa marque de commerce! Section parallèle du Festival, tenue en haute estime par les professionnels qui la fréquente dans l’espoir d’y repérer le diamant à polir, sa sélection est d’autant plus prisée qu’elle se limite à sept longs métrages.

Seules les premières et deuxièmes oeuvres y sont admissibles. Nombreux sont les grands noms du cinéma d’auteur qui y ont fait leurs premières armes. Depuis un certain nombre d’années, les Canadiens en étaient absents. Mais voici qu’une nouvelle génération de cinéastes reprend le flambeau. Nous retrouvons notre place avec Le Démantèlement, deuxième long métrage du Québécois Sébastien Pilote. L’heureux public qui a vu son film précédent Le Vendeur (invité au Festival de Sundance), comprendra pourquoi ce second opus suscite tant d’attente.

Renseignements:

www.festival-cannes.fr/fr.html

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