Fermeture imminente de l’organisme national d’alphabétisation

Donald Desroches, du REDSAC.
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Le Réseau pour l’alphabétisme et le développement des compétences (RESDAC) est en perte de financement depuis quatre ans et se retrouve aujourd’hui sans personnel ni bureau.

L’organisme fondé en 1991 a tenu le 7 novembre un point de presse conjointement avec la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) pour dénoncer le retrait d’Ottawa dans ce dossier. Le Réseau pourrait fermer les portes.

«Emploi et Développement social Canada n’appuie plus le développement de l’alphabétisme», déplore le président du Réseau, Donald Desroches. «Le gouvernement a amputé le seul organisme national qui agissait dans ce dossier majeur pour les communautés en situation minoritaire. Considérant que 53% des francophones n’ont pas le niveau d’alphabétisme nécessaire pour pleinement intégrer la classe moyenne, il y aura des impacts.»

Écarté de la Feuille de route

Le RESDAC avait été écarté des priorités de la Feuille de route pour les langues officielles 2013-2018 du gouvernement conservateur précédent. Au printemps 2013, il déposait néanmoins un projet d’envergure avec l’appui de 24 partenaires, dans le cadre d’un appel d’offres ministériel. Un an plus tard, il recevait un non catégorique.

«C’est un refus difficile à comprendre», avait expliqué le directeur général Normand Lévesque, «puisque le ministère n’a pas justifié sa décision. Nous savons par contre que tous nos partenaires ont été refusés.» Un mois avant la fin de son année financière, le RESDAC se retrouvait avec 600 000 $ de moins (sur un budget d’un million) pour continuer ses activités.

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Normand Lévesque a démissionné en juin 2015 après sept ans à la barre du Réseau. Il avait conduit l’organisme, d’abord nommé Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français, à moderniser sa mission et son nom en 2011. Gabrielle Lopez l’a remplacé à la direction intérimaire.

Beaucoup d’appuis… insuffisants

Une enquête de 2015 du Commissariat aux langues officielles aurait confirmé que le ministère subventionnaire avait contrevenu à ses obligations législatives. En coupant les fonds au RESDAC, le fédéral aurait négligé son devoir «de prendre des mesures positives» pour appuyer le développement des communautés.

En 2016, le RESDAC était déjà dans une situation précaire, ayant épuisé son financement de projets, comme plusieurs organismes ailleurs au pays contraints à réduire leurs activités faute d’appui.

Le groupe a demandé à ses dix partenaires la Table nationale sur l’éducation de se mobiliser pour sensibiliser le gouvernement fédéral à l’importance du dossier des compétences. Le RESDAC a continué à exhorter Ottawa d’élaborer une vision nationale pour le développement de l’alphabétisme dans les communautés francophones assortie d’un financement adéquat et récurrent.

Mais rien n’a changé. Le RESDAC et la FCFA demandent une intervention fédérale d’urgence «afin de maintenir la capacité d’agir du chef de file national». Il lui faudrait 150 000 $ par année pour survivre.

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