Fermeture de sept sites de consommation supervisée de drogues

drogues, toxicomanie, opioïdes
L'édifice du centre de santé communautaire du quartier Riverdale Sud (rue Queen à l'Est de Carlaw) ne sert plus de centre d'injections supervisées. En juillet 2023, une femme est morte en face du centre, prise au milieu d'une fusillade entre trafiquants ou usagers de drogues dures. Photo: l-express.ca
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Publié 18/03/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Le gouvernement ontarien confirme son intention de mettre fin au financement provincial de sept sites de consommation supervisée de drogues.

La ministre de la Santé Sylvia Jones annonce l’abolition du financement de tous les sites de consommation supervisée situés dans des régions où il existe un carrefour d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances (AIDE).

«Notre gouvernement se concentre sur le traitement, le rétablissement et des collectivités plus sûres», a déclaré la ministre Jones dans un communiqué, le 16 mars.

Les sept sites qui ne recevront plus de financement comprennent deux sites à Toronto, deux à Ottawa, ainsi qu’un site à Niagara, à Peterborough et à London.

La province avait déjà fermé de force dix autres sites à travers l’Ontario.

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Transition

Pour amorcer le processus, la province lancera «une période de démantèlement progressif de 90 jours, 60 jours de plus que ce qui est requis», pour «permettre aux clients de faire la transition vers le soutien offert par leur carrefour AIDE local», a indiqué le ministère de la Santé.

Durant cette période, le gouvernement «travaillera directement avec les municipalités et leurs partenaires communautaires afin d’assurer une réduction progressive, sécuritaire et coordonnée du financement provincial pour les sites d’injection de drogues et une transition fructueuse vers le nouveau modèle de rétablissement».

La mesure fait suite à une loi provinciale adoptée en 2024 qui interdit l’exploitation de sites d’injection dans un rayon de 200 mètres des écoles et des centres de garde.

Cercle vicieux de dépendance

Le premier ministre Doug Ford s’oppose depuis longtemps à ces sites, jugeant qu’ils enferment les gens dans un cercle vicieux de dépendance.

«Je ne veux pas faire de mal à ces personnes», a soutenu Doug Ford en conférence de presse. «Je veux les aider. Je veux être utile. La dépendance est terrible. Elle affecte les familles. Parlez à n’importe quel membre de la famille d’un toxicomane, et il vous dira: ‘Aidez-les’. Et c’est exactement ce que nous faisons.»

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N’empêche, les intervenants en réduction des risques affirment qu’ils constituent un maillon essentiel d’un continuum de soins qui accompagne les personnes là où elles en sont.

Surdose et infection

«Les sites de consommation supervisée sont des centres de soins et de soutien communautaires qui réduisent le risque de surdose et d’infection par le VIH, appuyés par des décennies de preuves empiriques démontrant leur efficacité», ont rappelé le Réseau juridique VIH et la Clinique juridique VIH et sida Ontario (HALCO) dans une déclaration conjointe.

«Cette dernière décision de la province de l’Ontario est fatale», ont-ils prévenu.

Ils estiment que la fermeture des derniers sites de consommation supervisée entraînera une augmentation du nombre de décès causés par les surdoses et que les carrefours AIDE ne constituent pas une solution de remplacement adéquate.

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