Famille, je vous hais-me

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À l’approche des fêtes de Noël, les retrouvailles familiales provoquent excitation et angoisse. Entité sacrée, la famille à nouveau réunie promet des moments chaleureux de joie et d’amour, mais aussi des épisodes amers de frustration et de tension. Grandes tribus, parenté restreinte, ces rassemblements pigmenteront certainement vos fêtes.

C’est le tendre sourire de la grand-mère que l’on retrouve, le parfum de cannelle qui a accompagné les goûters et les Noël de notre enfance, les silences du grand-père qui nous ont toujours enveloppés de bienveillance.

Noël en famille, c’est aussi le doux plaisir de voir les enfants déballer et ouvrir leurs cadeaux, des étoiles plein les yeux et les cris de joie débordant de leurs lèvres vermeilles. On est touché par les chahuts des cousins, le soin mis par la mère dans le repas et la décoration, l’attention du frère ou du père dans ce cadeau qui vous touche au-delà de son aspect matériel.

Il fait réellement bon se plonger dans des conversations passionnées avec des personnes qui nous ont connus toute notre vie et que nous estimons plus que tout, voir comment elles ont évolué, grandi, vieilli.

On retrouve avec bonheur au coin d’un meuble, à l’angle d’une photo ou sur son palais, tous ces détails qui nous ont construits, réconfortés.

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En observant, en humant toute cette tendresse, on se demande comment on peut vivre sans eux. Sans cette belle famille qui resserre les liens et qui nous soude. Pourquoi se dit-on chaque année doit-on attendre autant de temps avant de se retrouver et de partager de si bons moments?

Véritable enfer

D’autres s’étoufferont à ces propos. Pour eux, la perspective de se retrouver en famille prochainement fait grimper leur taux anxiogène dans le rouge.

Il faudra endurer la grossièreté des enfants mal élevés du frère qui sautent partout en hurlant sans qu’on les reprenne (d’ailleurs une réflexion de votre part serait mal venue et provoquerait un Tsunami chez la belle-soeur).

Votre soeur est devenue végétarienne militante et transforme le banquet de Noël en une tragédie grecque. Il faudra supporter les blagues graveleuses et plates du beau-père, les propos racistes de l’oncle, ne pas réagir aux rengaines des mêmes histoires de votre mari et accepter de vous faire traiter comme une gentille petite fille de huit ans par votre mère.

Le grand-père est devenu sourd et exécrable en vieillissant, vos enfants devenus ados passent leur temps sur les réseaux sociaux et le chien de la famille sent mauvais au point de vous étouffer.

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C’est sans compter les cadeaux à la va-vite qu’on vous a fait, ceux que vous offrez et qui vous rapportent des commentaires acides («Je n’ai pas grossi, je te remercie de m’avoir pris du Large», «Mais tu vis dans quel siècle? Plus personne n’écoute cette musique»).

En d’autres circonstances, vous vous seriez levé et auriez quitté la soirée sans vous retourner, mais là, il s’agit de votre famille quand même, et vous ne vous sentez pas, vous ne pouvez juste pas faire ce que vous avez toujours rêvé de faire, tirer un bon coup sur la nappe et quitter les lieux, ou tout simplement, refuser de venir.

Quelque chose dans la famille est immuable, indestructible. Une force nous couche, fait table rase de nos volontés ou transforme au contraire notre énergie en enthousiasme quand il s’agit de se réunir.

C’est peut-être cette entité, cette puissance qu’il est intéressant de considérer et de questionner. Pourquoi la famille nous met-elle dans de tels états? Un sujet de débat intérieur pour vos fêtes, entre champagne et dessert.

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