Étienne Brûlé: Huron blanc devenu héros franco-ontarien


21 février 2012 à 9h53

Après Étienne Brûlé, le fils de Champlain et Étienne Brûlé, le fils des Hurons, les romanciers Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé concluent leur récit mouvementé de la vie du premier héros franco-ontarien en publiant Étienne Brûlé, le fils sacrifié. Le titre du dernier tome de cette trilogie annonce déjà une fin tragique.

Après s’être établi au pays des Hurons, dans la tribu de l’Ours, et après avoir préparé avec eux l’expédition de Champlain contre les Iroquois, Étienne Brûlé poursuit son aventure en faisant de nouvelles explorations. La présence des missionnaires auprès des Hurons vient cependant brouiller les cartes.

Au début de ce troisième tome, les auteurs clament haut et fort que, «aux yeux des membres de la tribu de l’Ours, Étienne était un homme bon et généreux, un chasseur et un guerrier extraordinaire, une légende vivante.»

Ce dernier volet d’une remarquable trilogie confirme qu’Étienne Brûlé n’a jamais accepté que les commandants et les missionnaires français veuillent changer la culture et les croyances des Amérindiens.

Il aimait bien ces peuples et «ne voyait pas en quoi ils étaient plus sauvages ou barbares que les Français».

Ayant appris la langue huronne, Brûlé sert souvent de truchement ou d’interprète.

D’intéressants passages nous le montrent en train de donner un coup de main au récollet Gabriel Sagard pour la rédaction d’un dictionnaire de la langue huronne. Cela n’empêchera pas le récollet et le truchement de croiser le fer sur la question des mœurs et de la religion.

«Le premier voulait convertir tous les Hurons, le second voyait «se pointer la rigueur des enseignements de la morale catholique et apparaître les guerres de religions de la mère patrie dans son monde de liberté».

C’est Gabriel Sagard, apprend-on au milieu du roman, qui informera Champlain que Brûlé constitue une entrave à l’évangélisation de «ce peuple païen». Du coup, le missionnaire brise à jamais le lien privilégié entre Champlain et son fils adoptif de la Nouvelle-France.

Ce troisième tome nous entraîne à travers les conflits que le jeune aventurier français connaîtra non seulement avec les autorités de la Nouvelle-France et les Anglais, mais également avec ses meilleurs amis, les Hurons.

Pendant vingt ans, soit de 1612 à 1632, Étienne Brûlé a mangé avec les Hurons, a chassé avec eux, a habité avec eux, a épousé l’une des leurs et a partagé tout avec eux.

Du jour au lendemain, les confrontations anglo-françaises l’ont mis en mauvaise posture et ont fait de lui un traître torturé par ses amis de longue date. Mais jusqu’à sa dernière heure, Brûlé prouve qu’il demeure un Huron blanc capable d’endurer les pires supplices.

Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé, Étienne Brûlé. Le fils sacrifié, tome 3, Ottawa, Éditions David, coll. 14/18, 184 pages, 14,95 $.

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