Érotisme, démesure et vengeance

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Hélène Desjardins, l’auteure de Rira bien qui rira le dernier crée un personnage qui est une romancière de polars nous racontant trois meurtres (réels, cette fois), depuis la prison où elle incarcérée. Le roman a trois volets qui correspondent à chaque homme assassiné.

Hélène Desjardins joue sur le réel et l’imaginaire dans cette œuvre de fiction. Sa romancière est-elle coupable ou nom? La réponse, bien entendu, vient à la toute fin du récit, dans une deuxième et courte partie.

Les trois meurtres sont racontés avec brio. Jean, le premier à périr, est un rare manipulateur. «Machiavel est un ange, comparé à lui.» Robert, le deuxième à être éliminé, cherche une mère porteuse parce qu’il «joue dans l’autre l’équipe» (il est gay). Denis, la troisième victime, n’a pas besoin d’extravagance car il sait ce qu’il a dans son pantalon et il excelle dans l’art de se servir de «son missile… de sa torpille».

La romancière s’avère une nymphomane dont la devise se résume à: «Pour moi, avec moi, en moi… Choisissez.» Les descriptions d’ébats ou d’orgies sont tantôt corsées tantôt crues. Attendez-vous à voir la romancière salope «faire son ti-galop» sur un «manche» jusqu’à hurlement.

Dans La Dérive des jours, son premier roman, Jonathan Gaudet imagine une catastrophe digne du déluge biblique.

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Un cultivateur, sa femme, son fils et sa fille vivent non loin des berges du fleuve Saint-Laurent où la vie semble arrêtée dans le temps. Jusqu’à ce que le sol devienne anormalement spongieux. En l’espace de quelques heures la famille fait face à une inondation de quatre mètres. Le couple est les deux enfants ont juste le temps de se réfugier dans un érable.

L’auteur a l’imagination fertile. Les villes et villages de toute une péninsule se retrouvent au fond de l’eau et des requins envahissent les forêts. Jonathan Gaudet crée une situation où, pendant trois jours, les plus vives tensions règnent. «Le corps oublie qu’il s’appartient… l’esprit est prisonnier de la matière.»

La famille attend les secours de la Croix rouge ou de l’armée, mais un brigand est le premier à présenter. Résultat : les enfants devront partager un secret que personne d’autre ne devra découvrir…

Un roman déstabilisant qui joue sur des phrases courtes et incisives. Chaque chapitre est un coup de poing dans ce ring de la démesure.

Dans Zagreb, de François Leblanc, c’est une autre sorte de ring qui est le théâtre d’action. Dans le coin gauche, un ex-détenu; dans le coin droit, un représentant de la loi et de l’ordre. Le premier file le second dans le but de mettre toutes les chances de son côté et de commettre un assassinat parfait.

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Attention! Il est «un assassin en devenir, mais un assassin avec des principes». Or, tout n’est pas simple dans la vie. Il y a toujours un hic. Et le problème qui se pose est de taille: est-ce possible de tuer un homme déjà mort?

Le représentant de la loi et de l’ordre marche, se rend au travail, mais ne vit plus depuis la mort tragique de sa fille aînée. Sa fille cadette et sa femme ne semblent pas lui donner une raison de reprendre le collier. Il se réfugie, entre autres, dans des aventures éphémères. «L’éternel combat entre Éros et Thanatos.»

Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman psychologique, mais tout peut arriver. Avec Zagreb, François Leblanc ne suit pas la piste traditionnelle du roman policier, il change les règles établies pour se concentrer sur des questions existentielles. Intrigue en ré mineur, introspection en la majeur.

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