Entre émotions, langues et arts, au symposium de BRAVO à l’UOF

Symposium de BRAVO sur les neurosciences à l’UOF

Symposium Bravo UOF, neurosciences, arts et émotions
L'affiche du symposium de BRAVO sur les arts, les émotions et la langue, à l'UOF les 5 et 6 avril.
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Notre situation culturelle est de plus en plus dominée par la double hégémonie de l’anglais et du numérique. Cette uniformité des communications en anglais risque de conduire à un appauvrissement de notre expérience du monde. C’est le constat que fait Jean Grondin, professeur de philosophie de l’Université de Montréal.

«Bien sûr, cela rend possibles de nouvelles formes de communication et de création», dit-il. «Mais cela met aussi en péril plusieurs formes de communication des autres langues maternelles.»

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Jean Grondin, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, président sortant de l’Académie des arts, des lettres et des sciences humaines du Canada.

Jean Grondin était l’un des 9 conférenciers – d’aucuns disaient l’invité «vedette» – au symposium international sur les neurosciences et les arts à l’Université de l’Ontario français (UOF) à Toronto, organisé ces 5 et 6 avril par le Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO).

«Notre éveil au monde s’accomplit grâce à la langue maternelle, avec des possibilités de compréhension infinies et une entente avec les autres langues par la traduction», explique Jean Grondin.

«C’est ce qui fait que le monde pluriculturel soit si riche. Si on se met à penser et à communiquer en une seule langue – l’anglais –, on perdra en richesse de discussions. Et on s’éloignerait aussi de la langue de nos émotions.»

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La musique au service de la mémoire

Au cours du symposium, on a aussi soutenu que la musique est un véritable art de la mémoire.

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Le professeur en neuropsychologie Hervé Platel.

«Pour apprécier pleinement l’écoute d’une œuvre, on retient en mémoire immédiate les éléments déjà perçus, et on les compare avec le répertoire des musiques déjà entendues dans notre vie», explique Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’Université de Caen.

Selon ce spécialiste de la neuropsychologie de la mémoire musicale, «tous nos souvenirs et moments musicaux peuvent potentiellement être associés à des émotions particulières». C’est ce que l’on appelle le «frisson musical» qui se produit surtout lorsqu’on écoute une musique qu’on connaît et qu’on aime.

Musique et mémoire sont donc indissociables. Cela se constate notamment chez les personnes atteintes d’Alzheimer, pour qui la mémoire musicale reste souvent plus active que le reste.

«Ce que la musique montre», poursuit Hervé Platel, «c’est que la mémoire de la musique est très résistante. Et les capacités d’apprentissage chez les patients sont encore possibles grâce à elle.»

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Mathilde Groussard, chercheuse à Caen, observe l’activité cérébrale d’un sujet écoutant de la musique. Photo: Hervé Platel.

Un cerveau, plusieurs cultures

Ce symposium a été l’occasion pour les Franco-Ontariens d’en apprendre davantage sur l’art vu par les neurosciences. Entre émotions, langues et art, les conférences ont rassemblé plus de 200 spectateurs, en présentiel dans l’agora de l’UOF ou en virtuel.

neurosciences, arts et émotions
Jusque dans les années 1990, les scientifiques pensaient que l’activité cérébrale était découpée entre les émotions et la logique

L’objectif était de promouvoir une approche humaniste de la société, notamment via le respect de la langue maternelle.

«On ne possède qu’un seul cerveau, mais nous pouvons embrasser de nombreuses cultures de langues», indique Yves Laroque, directeur général de BRAVO.

«Nos différentes émotions dépendent de notre langue maternelle. Et ce qui est intéressant, c’est qu’on en compte plus d’une trentaine à Toronto aujourd’hui.»

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Yves M. Larocque. Photo: Pamela Reid, courtoisie

30e anniversaire de BRAVO

Entamé en 2019, le projet de symposium a dû attendre deux ans avant de voir le jour. À cause de la pandémie.

Les rediffusions seront bientôt disponibles sur le site de BRAVO, qui fête ses 30 ans cette année.

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