Emma Richler : «écrire, c’est plus fort que moi»

Emma Richler (Photo: Marzena Pogorzaly)

Emma Richler (Photo: Marzena Pogorzaly)


21 février 2017 à 9h50

La Canadienne Emma Richler vient de faire paraître son troisième roman, qui lui a pris dix ans à écrire: Be My Wolff, l’histoire «d’amour et de violence» du fils adoptif et d’une fille d’une famille russe établie à Londres. La saga couvre les guerres napoléoniennes et se poursuit jusqu’à nos jours.

Éduquée au Canada, en France et à l’école de théâtre de New York, Emma Richler a été actrice pendant dix ans, «une carrière abandonnée quand le besoin d’écrire est devenu plus fort que moi», dit-elle en entrevue à L’Express.

Son roman Feed My Dear Dogs (2005), qui s’inscrit dans le sillage d’un recueil de nouvelles, Sister Crazy (2001), est également un récit familial, mais là s’arrête la comparaison avec Be My Wolff. «Il n’y aucun rapport avec mes deux romans précédents. Mais il me semble qu’un écrivain ne peut jamais échapper à ses thèmes…» Dans le cas de la fille du célèbre Mordecai Richler, c’est «la famille, la mémoire, l’exil».

be-my-wolff-emma-richlerEmma Richler a donc un père et trois frères journalistes et écrivains, mais «mon choix de carrière a été tout à fait naturel et indépendant», assure-t-elle. «C’est entendu: être élevée dans une maison pleine de livres et avec un père comme le mien, c’était sans doute une profession sans grand mystère. Cependant je ne me suis embarquée dans la vie d’écrivain par la nécessité de m’exprimer ainsi. Personne ne m’a imposé une telle carrière. En fait, je l’ai évitée au départ.»

«Dès qu’il a lu mes premières pages de Sister Crazy, mon père m’a encouragée énormément», raconte-t-elle. «On était très attaché, mais deux écrivains bien différents.» Elle convient que la notoriété de Mordecai Richler lui a ouvert des portes, «mais on est jugé plus sévèrement, car il existe de plus grandes attentes».

Ses parents eux-mêmes, dit-elle, avaient des exigences très élevées pour la littérature. «Ils ne m’auraient jamais encouragée sans conviction.» Les critiques ont d’ailleurs accueilli très favorablement Be My Wolff, comme ses deux ouvrages précédents.

«Mon influence souveraine est toujours mon imagination», affirme Emma Richler. «Je n’ai jamais connu de famille semblable» [à celle de Be My Wolff]. «Je ne pourrais pas expliquer comment ces idées m’arrivent. C’est un des mystères de mon boulot. Heureusement. Sinon, je serais historienne ou journaliste.»

Emma Richler est née à Londres, qu’elle a quittée pour voyager et étudier, mais où elle est retournée il y a près de 30 ans. C’est là qu’elle se sent chez elle, même si elle reste «très attachée au Canada, surtout Montréal».

Son père a été à la fois une icône et un enfant terrible de Montréal, se querellant notamment avec l’intelligentsia nationaliste québécoise. «Mon père était plein de compassion pour les contradictions de sa province natale, pour laquelle il éprouvait une grande affection», dit-elle.

«Il n’était pas francophone. Cependant, quand on avait déménagé, c’est lui qui insistait que l’on s’inscrive à une éducation française, tant il considérait la culture et la langue importantes.»

Be My Wolff est sorti cette semaine chez nous (Knopf Canada, 34$), et l’auteure sera de passage à Toronto à la fin du mois pour en faire la promotion.

Mordecai Richler (dessiné par Jburlinson, commons.wikimedia.org) est l’auteur d’une douzaine de romans, dont The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1959), Solomon Gursky (1989), Barney’s Version (1997), de plusieurs essais et de la série pour enfants Jacob Two-Two.
Mordecai Richler (dessiné par Jburlinson, commons.wikimedia.org) est l’auteur d’une douzaine de romans, dont The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1959), Solomon Gursky (1989), Barney’s Version (1997), de plusieurs essais et de la série pour enfants Jacob Two-Two.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Karina Gauvin revient chanter avec sa première chorale

Karina Gauvin (10e à partir de la gauche) dans Dr. Canon’s Cure, de Derek Holman et Robertson Davies, en 1982.
50e anniversaire de la CCOC
En lire plus...

19 octobre 2017 à 10h22

Harcèlement sexuel: dans le milieu artistique franco-ontarien aussi

Le chanteur et musicien David Poulin. (Photo: Joël Ducharme)
#moiaussi
En lire plus...

18 octobre 2017 à 15h28

Vers la fin de l’ALENA?

alena
Qu’adviendra-t-il de la plus grande zone de libre-échange au monde?
En lire plus...

18 octobre 2017 à 15h09

Nouvelles d’Istanbul: 10 défenseurs des droits humains retenus prisonniers

Quelques membres du groupe franco-torontois d'Amnistie internationale manifestent leur appui aux détenus en Turquie. À g. la présidente Meryll David-Ismayil.
Des formateurs d'Amnistie internationale, pas des terroristes
En lire plus...

17 octobre 2017 à 16h00

Vieux jeu: affronter les fantômes du passé

Jacques Godin et Anthony Therrien dans Vieux jeu.
Partie parfaite pour Jacques Godin
En lire plus...

17 octobre 2017 à 15h30

Le finalistes des Prix de reconnaissance de l’AFO

Le trophée des prix de reconnaissance de l'Assemblée, conçu par l'artiste Laurent Vaillancourt.
Pilier, pratique exemplaire, bénévolat
En lire plus...

17 octobre 2017 à 15h25

Champion de la conservation des sols

Eric Kaiser ne se doutait pas que ses pratiques allaient devenir exemplaires.
Eric Kaiser voulait seulement empêcher sa terre de disparaître dans la baie de Quinte
En lire plus...

17 octobre 2017 à 15h21

On est de plus en plus «connecté» sur notre santé

Les médecins se méfient encore des bidules permettant à leurs patients de mesurer eux-mêmes leur état de santé. (Photo: Hamza Butt / Flickr / Creative Commons)
Applications capables de surveiller poids, tension, glycémie, alimentation, exercice...
En lire plus...

17 octobre 2017 à 14h44

Ateliers de théâtre

1-1
Amoureux du théâtre bonjour, Vous êtes francophone ou francophile? Ekin Agency Arts offre des ateliers de théâtre intensifs en francais Coprs, espace et voix: – prise de parole en...
En lire plus...

ONU: on attend beaucoup du Canada

L'ambassadeur du Canada à l'ONU, Marc-André Blanchard.
Des objectifs de développement durable ambitieux
En lire plus...

16 octobre 2017 à 18h54

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur