Dufferin Grove: un parc aux tendances «vertes»

Le mur de bauge, dans le coin sud du parc: mélange d'argile, de sable et de paille.

4 septembre 2007 à 13h47

Le parc Dufferin Grove qui s’étend au sud de la rue Bloor et à l’est de la rue Dufferin fait partie de ces endroits à part. Situé au cœur d’une métropole parfois impersonnelle, le parc demeure résolument communautaire et rayonne grâce à l’engagement de nombreux bénévoles du voisinage ralliés sous la bannière des «Amis du parc Dufferin Grove». Qualifié affectueusement de «centre communautaire en plein air», il est aussi un lieu d’innovation en matière environnementale.

L’une des plus belles innovations dans ce domaine est le mur de bauge (cob en Anglais) qui se trouve dans le coin sud du parc. Le mur, érigé en 2005, est une structure en courbes et en rondeurs agrémentée d’arches et de mosaïque.

Situé aux abords de la pataugeoire, le mur délimite une cour intérieure servant à la fois de lieu de rencontre pour les usagers et d’aire de service pour l’un des stands de nourriture du parc.

Le mur est, à la base, le projet de Georgie Donais, une maman et activiste du quartier, mais c’est également celui des quelques centaines de bénévoles qui ont participé à sa construction et à son entretien.

«Lorsque j’ai commencé à fréquenter le parc avec mon fils, il y a 6 ans, il y avait un petit stand de nourriture près de la pataugeoire, mais il n’y avait pas d’eau courante à proximité», explique Georgie Donais.

Quand la ville de Toronto a exigé l’installation de lavabos pour des raisons d’hygiène, Donais a proposé la construction d’une structure de bauge équipée d’eau courante et de lavabos et pouvant servir de base d’opération pour le stand.

«Je m’intéressais à la construction écologique en bauge depuis quelque temps», explique la jeune femme. «La bauge est un mélange d’argile, de sable et de paille que l’on pétrit avec les pieds et assemble à la main».

Similaire à l’adobe, la bauge est un matériau de construction traditionnel, versatile et ne nécessitant pas de charpente. Il suffit de couler des fondations solides, de bien protéger la bauge des intempéries et l’on obtient une construction résistante.

«Ce que j’aime dans ce type de construction, c’est que tout le monde peut y participer: les enfants, les adultes… Une femme de 72 ans a même construit sa propre maison de bauge aux États-Unis», explique Donais.

Le mur a donc pris forme au cours de l’été 2005 grâce à l’appui du Service des Parcs et Loisirs de Toronto et d’une équipe de près de 500 bénévoles petits et grands. Donais a voulu faire de son mur un projet communautaire, éducatif et artistique qui permettrait aux participants de se familiariser avec une technique de construction écologique.

«Nous avons fait appel aux talents de chacun et le mur a évolué grâce aux idées des participants», explique t-elle.

Dès sa création, le mur a attiré de fortes réactions. «La plupart des gens sont charmés par la construction», explique Donais qui affirme recevoir de nombreux courriels de gens intéressés à ce type de construction écologique.

«Mais certains voisins sont inquiets face à la tournure des choses.» En effet, forte du succès remporté par le mur, Donais a mis de l’avant en 2006 le projet de construction d’une maisonnette en bauge abritant une toilette compostable pour le parc.

«Toronto n’a pas les fonds nécessaires pour construire des toilettes à proximité de la pataugeoire: le système d’aqueducs est désuet et il en coûterait près de 100 000$ pour faire les aménagements nécessaires», explique Donais. Dans ce contexte, une toilette compostable, en plus d’être une solution écologique, devient également un choix économique.

Donais dit comprendre les inquiétudes du voisinage. «Les gens ont peur que l’installation soit odorante et désagréable. Or, ce n’est pas le cas: le système que nous avons choisi est éprouvé et sécuritaire. En plus de faire économiser plus de 40 000 litres d’eau par été, la toilette compostable produira, après 3 à 7 ans de service, assez de compost pour nourrir un petit jardin de fleurs.»

Le projet a cependant rencontré de fortes résistances et a du être remanié plus d’une fois pour satisfaire aux exigences de la ville. Après quelques assemblées publiques houleuses, la construction qui devait avoir lieu cet été a finalement été remise à l’été prochain.

Toronto ne sera cependant pas la première ville à se doter d’un système de toilette compostable. Le Zoo du Bronx à New York vient d’annoncer la construction d’un projet semblable. Ce type d’innovation prend du temps, mais Donais reste convaincue que le résultat sera une agréable surprise pour les détracteurs du projet et une amélioration pour le parc.

En attendant, la popularité du parc est indéniable: les résidents du quartier y affluent chaque jour pour profiter des nombreuses activités proposées par les Amis du parc. Yoga, spectacles de marionnettes de la compagnie Clay and Paper Theatre, marché biologique en plein air, fours communautaires extérieurs et installations pour faire des feux de camps; tout a été pensé pour faire de ce parc un lieu où il fait bon se retrouver.

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