Dompter les hommes dans le Québec des années 1950

Québec, Katherine Girard, Helena, tome 3
Katherine Girard, Helena, tome 3, Les derniers espoirs, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2026, 372 pages, 27,95 $.
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Publié 25/04/2026 par Paul-François Sylvestre

Le dernier tome de la trilogie Helena, de Katherine Girard, s’intitule Les derniers espoirs et nous plonge dans le Québec des années 1950, époque où les femmes peinent à obtenir leur autonomie, à arriver à choisir l’amour sans perdre leurs aspirations profondes.

On retrouve Helena, femme élancée, à l’œil fier, à la posture superbe, aux idées bien arrêtées. La romancière décrit avec force détails l’attitude frondeuse et confiante de la matriarche qui, à 43 ans, vient d’enterrer son deuxième mari.

Helena ne prie plus Dieu, elle s’adresse plutôt à son défunt François. «C’était la seule manière qu’elle avait trouvée de se rassurer devant cette existence parsemée d’embûches et de surprises souvent désagréables.»

Importantes décisions

D’un chapitre à l’autre, on constate que la jeune veuve se loge à l’enseigne de la détermination en faisant preuve de résilience et en prenant d’importantes décisions pour assurer l’avenir de sa famille. Malgré sa peine, la vie se poursuit, avec son lot de péripéties.

Dans ce roman, on voit comment les hommes sous-estiment les femmes, comment ils ne sont pas prêts à les voir en position de pouvoir.

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Ce qui n’empêche pas Helena de prendre des hommes comme pensionnaires et d’imposer ses règles: «garder ta chambre propre; manger aux heures normales; inviter personne; rester loin de mes enfants, surtout de mes filles».

Hommes et garçons

Selon l’expression «chaque torchon trouve sa guénille», les enfants d’Helena se marient bien. Elle n’a pas pour autant élevé ses filles pour qu’elles deviennent soumises. Le mot d’ordre est: «Un homme, ça se dompte!»

Deux garçons de la matriarche sont envoyés dans un pensionnat pour compléter leur cours classique. L’un d’eux est agressé par le frère religieux qui supervise le dortoir.

Lorsqu’elle découvre cela, Helena se rue dans le bureau du directeur, l’accuse de fermer l’œil sur des actes pédophiles et retire, sur-le-champ, ses deux fils de l’institution en maudissant «les religieux qui se croient tout permis».

Un autre homme?

Le curé, lui, se croit permis «de jouer dans l’esprit des femmes, de vouloir contrôler leurs corps». Il somme Helena de se remarier et de donner de nouveaux enfants à l’Église. Rappelons que nous sommes dans les années 1950, dans le Québec rural encore pogné avec la religion et les conventions.

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Un prêtre est la dernière personne à qui Helena entend obéir. Elle est une femme qui a ses propres opinions sur la religion, la culture et la politique, même si ce n’est pas bien vu dans un petit village.

Un ami du défunt mari d’Helena a promis de veiller sur son épouse si jamais il lui arrivait malheur. Qu’est-ce qui anime le cœur de charmant homme: le sens du devoir ou un sentiment plus fort? À 57 ans, Helena peut-elle développer une nouvelle relation avec un homme ou son temps est-il révolu?

À quand la série télé?

La trilogie prend fin en illustrant comment Helena a «surmonté tellement d’épreuves, perdu tant d’êtres chers, aimé si fort, si souvent, si tendrement, eu tellement de chagrin, tellement de joies, et vécu toutes sortes d’aventures».

Il y a dans ces trois tomes le matériau d’un série télévisée aussi captivante que Les Filles de Caleb.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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