Deux romans: handicap psychique, handicap physique

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Deux romans récemment parus traitent de handicap. Dans Larmes d’espoir – Une adolescence brisée, Myriam Fontaine raconte comment elle a grandi avec un handicap psychique. Dans Un jour, ils entendront mes silences, Marie-Josée Martin crée un personnage sévèrement atteint d’un handicap physique.

Ancienne étudiante au programme de Traduction du Collège Glendon, Myriam Fontaine a publié une collection de récits et de poèmes tour à tour empreints de tristesse, de rage, de lucidité et d’espoir. Larmes d’espoir se veut un témoignage «de troubles dans les relations mères-filles».

Pour cette jeune femme, l’écriture est «le seul moyen d’évasion pour se refermer sur soi-même». Pendant plus de 200 pages, elle écrit et décrit ses états d’âme, elle les décortique et les analyse pour survivre. Les mots permettent à son âme de crier «une envie brûlante d’exister».

Durant son enfance et adolescence, Myriam a constamment entendu sa mère la traiter d’imbécile et souhaiter qu’elle soit morte. La jeune fille a fini par le croire et vouloir mourir. Elle a eu une phase d’anorexie, au sens commun comme au sens figuré: «Je n’arrive pas à me faire vomir comme il faut. […] J’aurais tellement à vomir pourtant. Toute ma haine, ma colère.» Larmes d’espoir n’est pas facile à lire, car presque chaque page est imbibée de douleurs, de cris larmoyants. Le texte est émaillé de poèmes, sorte de pauses énergisantes. En voici un exemple: «Pendue / Dans le labyrinthe de la vie / Je cherche en vain / Dans l’obscurité des malheurs / La douce lumière de la joie.»

Cet ouvrage finement ciselé a été écrit à l’âge de vingt ans et publié six ans plus tard. Aujourd’hui, Myriam Fontaine réside à São Paulo, au Brésil, où elle se consacre à l’écriture.

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Un jour, ils entendront mes silences

Également traductrice, Marie-Josée Martin puisse dans son expérience de victime de la paralysie cérébrale pour imaginer une histoire où une fillette lourdement handicapée, Corinne, cherche à vivre malgré ses différences; ce faisant, elle impose des exigences, des soucis et des déchirures à ses parents et grands-parents. Un jour, ils entendront mes silences est un roman qui ébranle nos conceptions de la normalité. Corinne rage contre son incapacité à jouir pleinement du temps passé hors de ses «prisons de plastiques, de mousse et de métal». Elle apprend des codes qui lui permettent de communiquer non verbalement. Elle jouit de la présence d’une petite sœur qui sait agir en grande sœur. «L’apitoiement me détruira si je me ressaisis pas.»

Le roman nous apprend comment le système n’est pas fait pour répondre aux besoins des patients handicapés en voie de devenir adultes. «Personne n’est ému par leur sort. Les téléthons, on les fait pour les enfants.»

Les parents de Corinne forment un couple exogame: «le pure-laine et l’importée».

L’auteure joue cette carte linguistique en glissant des références culturelles qui opposent le fermier québécois à son épouse ontarienne qui a quitté Toronto pour s’établir aux abords du Richelieu. Un regard neuf et émouvant sur les peines, les limitations, mais aussi les joies d’une enfant pas comme les autres, qui ébranle nos conceptions de la normalité.

Marie-Josée Martin a déjoué les pronostics des «sarraus blancs» et survécu à un neuroblastome métastatique qui lui a toutefois coûté l’usage de ses jambes. Elle a grandi à Beloeil (Québec) et habite aujourd’hui le quartier Vanier d’Ottawa. Elle publie, ici, son second roman.

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