Deux jours de lobbying pour l’université franco-ontarienne

En attendant le rapport de Dyane Adam

Manif pour une université franco-ontarienne.


4 mai 2017 à 9h22

Un premier jalon torontois d’une nouvelle université franco-ontarienne devrait accueillir sa cohorte inaugurale de professeurs et d’étudiants dans deux ans, dès septembre 2019, si le gouvernement provincial accède aux demandes de l’AFO, du RÉFO et de la FESFO.

C’est en effet l’objectif ambitieux – d’aucuns diront utopique – qui animait les représentants des trois groupes qui pilotent ce projet, qui ont rencontré pendant deux jours (2 et 3 mai) plusieurs députés et hauts fonctionnaires à Queen’s Park, dont Dyane Adam, la présidente du comité de planification qui planche depuis plusieurs mois sur le dossier et dont le rapport à la ministre Deb Matthews est attendu fin juin.

«Les deux partis d’opposition (progressiste-conservateur et néo-démocrate) appuient notre démarche sans réserve», rapportait en conférence de presse le président de l’AFO, Carol Jolin. «Du côté du gouvernement libéral, on est plus prudent, surtout sur le financement et l’échéancier.»

Les partenaires communautaires exigent que le rapport Adam recommande «le déclenchement immédiat des étapes de démarrage d’un premier campus torontois d’une nouvelle université de langue française à mandat provincial».

Le comité Adam n’a pour l’instant qu’un mandat régional: développer l’offre universitaire francophone pour Toronto et le centre-sud de la province, où les besoins sont plus criants qu’à Ottawa ou à Sudbury, déjà desservis par des universités bilingues.

L’AFO, le RÉFO et la FESFO veulent aussi «la nomination d’un conseil des gouverneurs et d’un sénat indépendant, qui jouissent de l’expérience d’expert.e.s issu.e.s des principales régions de l’Ontario» et «la création d’un fonds de démarrage substantiel pendant l’année budgétaire 2017-2018, afin de financer la mise sur pied de l’institution et l’offre des premiers cours en septembre 2019».

C’est ce conseil des gouverneurs, pas Dyane Adam, qui trouverait un premier campus, déterminerait quels cours offrir et mettrait le projet en branle. En deux ans? M. Jolin fait valoir qu’en 2011, la University of Ontario Institute of Technology (à Oshawa) avait été mis sur pied en 27 mois…

Si le gouvernement décidait de retenir le modèle de l’affiliation (au campus Glendon de l’Université York, par exemple), l’AFO, le RÉFO et la FESFO proposent qu’un plan quinquennal «menant vers une indépendance complète de l’université de langue française» soit adopté, et que soit créé «un groupe de travail indépendant qui proposera et négociera des options pour provincialiser le mandat de l’institution pour en arriver à une gouvernance universitaire francophone sur l’ensemble du territoire».

«La jeunesse franco-ontarienne attend que l’on agisse depuis déjà des années», rappelle le vice-président de la FESFO, Pablo Mhanna-Sandoval. «Il est bien plus que temps de passer de la parole aux actes et de fonder l’université de classe mondiale que la francophonie ontarienne mérite.»

«Nous n’accepterons pas de demi-mesures», souligne le coprésident du RÉFO, Yacouba Condé.

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