Deux finalistes déterminées pour Planète BRBR

Marie Claude Sarault, Émilie Lebel

Marie Claude Sarault, Émilie Lebel


8 mai 2017 à 17h02

Au terme d’une tournée pancanadienne de plusieurs mois à la recherche de nouveaux talents musicaux, c’est Marie-Claude Sarault, d’Ottawa, et Émilie Lebel, de Saskatoon, deux filles qui ont d’abord touché au théâtre avant d’embrasser la chanson, qui s’affronteront en finale du concours Planète BRBR animé par Stef Paquette, en direct du Daniels Spectrum de Toronto ce samedi 13 mai à 19h30 à TFO.

Seuls les votes du public Facebook les départageront, durant cette émission qui comprendra aussi une performance du trio fransaskois Ponteix, «découverte» de l’année au récent gala des prix Trille Or.

Du 20 septembre au 8 décembre, Planète BRBR a tenu des auditions dans 10 villes canadiennes (hors Québec). L’auteur-compositeur-interprète Stef Paquette, de Sudbury, présidait les jurys avec, à chaque endroit, un artiste local et un représentant de la communauté. À Toronto, par exemple, il était assisté de la rockeuse Mélanie Brûlé et de la directrice de CHOQ-FM, Zaahirah Atchia.

Les 10 candidats retenus dans chaque ville ont ensuite participé à des épreuves musicales à Toronto, du 15 au 25 janvier.

Écrire des chansons en secret

Marie-Claude Sarault est originaire de Lefaivre, à l’est d’Ottawa. «J’ai toujours été impliquée dans les arts», dit-elle à L’Express. «Je danse depuis l’âge de 3 ans; j’ai fait mes études en théâtre à l’école De la salle au centre d’excellence artistique; et par la suite j’ai fait un degré en comédie musicale à Sheridan, à Oakville.»

Elle a commencé à travailler des contrats artistiques de toutes sortes: comédies musicales, théâtre pour enfants, et elle s’est produite un peu partout au Canada et même en Europe.

«L’ironie, c’est que depuis un très jeune âge, j’écris des chansons. En secret. Par manque de confiance, j’imagine… C’était thérapeutique: j’écrivais pour contrer l’intimidation que je vivais à l’élémentaire. La musique m’a réellement sauvée la vie.»

Mais, avoue-t-elle, elle ne connaissait aucunement le milieu musical, l’industrie. Elle s’est lancée avec son groupe, Marie-Clô et ses arpièges, en participant au concours La Brûnante à Sudbury, puis avec le camp de formation Rond-Point de l’APCM, ce qui lui a permis de monter sur la Nouvelle Scène, en première partie de Céleste Lévis, puis au Festival franco-ontarien d’Ottawa.

«Mes influences sont très variées. J’ai tendance à composer en plusieurs styles: Radiohead, Daniel Bélanger, Jean Leloup, Half Moon Run, Outkast, Ariane Moffatt, Beirut, Cat Empire, Tame Impala, Karkwa… il y en a juste trop.» Au piano comme au ukulele, ses thèmes sont «l’eau, la forêt, l’amour, et les voyages».

«Planète BRBR, ce fut sur un coup de tête aussi!»

«Le processus était difficile, demandant, stressant, des nuits courtes, des journées longues», raconte-t-elle. «Mais valorisant, touchant, tellement une belle expérience autant pour ma personne que pour ma musique. Trop de belles rencontres. Trop de beaux moments sincères. Ça ne pourrait pas être tombé à un meilleur moment pour moi.»

Marie-Claude Sarault veut absolument poursuivre une carrière en musique. «Je me supporte de mes arts depuis 10 ans, donc c’est une transition tellement naturelle et parfaite. J’aurai moins le temps de danser et de faire du théâtre, mais ça me va parfaitement.»

Inspirée des difficultés de la vie

Originaire de Moose Jaw, Émilie Lebel est présentement responsable en marketing et communication à La Troupe du Jour, le seul théâtre francophone professionnel en Saskatchewan, pour lequel elle est parfois aussi comédienne.

Ses influences sont «Magnetic Fields, Lisa Leblanc, Klô Pelgag et Sylvan Esso, pour leur simplicité et leur authenticité». Elle dit jouer quelques instruments de musique, «mais mon instrument de choix c’est ma voix».

Et «depuis ma toute petite enfance, je chante et j’écris des chansons pour me détendre, pour me divertir et pour créer. Mes chansons sont inspirées de choses difficiles dans ma vie – c’est comme de la thérapie gratuite. J’ai beaucoup focusé dans le passé sur les peines d’amours que je vivais, mais je travaille fort depuis pour explorer d’autres thèmes qui me touchent.»

«La chanson Métamorphose, que j’ai écrite pour la demi-finale du 6 mai, est à propos de mon meilleur ami qui est bi-polaire. Je reste toujours dans le mélancolique.»

Comme Marie-Claude Sarault, Émilie Lebel qualifie son expérience BRBR d’«extrêmement difficile, mentalement, mais c’est en sortant de ma zone de comfort que je crée à mon plein potentiel et que j’apprends».

Les mentors qu’on lui a assignés ont saisi qui elle était et l’ont aidé à persévérer, admire-t-elle. «L’équipe de production était tellement calme et organisée que, peu importe le stress intense que je vivais, j’étais entouré d’excellentes personnes!»

Selon elle, les autres compétiteurs étaient «compétitifs, mais pas de manière toxique – c’était vraiment un environnement enrichissant».

Deux EP quoi qu’il arrive

La grande gagnante du 13 mai – Marie-Claude Sarault ou Émilie Lebel – remportera un prix remarquable pour lancer sa carrière: l’enregistrement d’un EP, la production d’un vidéoclip, une bourse de 5000$, et la chance de jouer lors d’un prestigieux festival de musique canadien.

Mais quelle que soit l’issue du concours Planète BRBR, Marie-Claude Sarault et Émilie Lebel travaillent déjà sur leur EP, et on n’a sûrement pas fini d’entendre parler d’elles!

Le trio fransaskois Ponteix se produira au Daniels Spectrum lors de la finale de Planète BRBR le 13 mai. (Photo: Martine Sansoucy)
Le trio fransaskois Ponteix se produira au Daniels Spectrum lors de la finale de Planète BRBR le 13 mai. (Photo: Martine Sansoucy)

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