Des tomates pourpres contre le cancer


28 janvier 2014 à 16h51

Des tomates de couleur pourpre, qui ont été génétiquement modifiées afin de lutter contre le cancer, poussent actuellement dans une serre de Leamington, dans le sud-ouest de l’Ontario.

Les tomates pourpres ont été génétiquement modifiées pour qu’elles contiennent davantage d’anthocyanines, un antioxydant retrouvé dans les bleuets, les mûres et les prunes. Ce sont les anthocyanines qui donnent la couleur pourpre à ces fruits et elles auraient aussi des propriétés anti-cancer.

L’entreprise New Energy Farms, à Leamington aussi surnommée la capitale canadienne de la tomate, a fait pousser les tomates de la biologiste Cathie Martin. Cette dernière travaille au John Innes Centre basé à Norwich au Royaume-Uni.

«C’est semblable à n’importe quel autre plant de tomates, la seule différence est la couleur du fruit», souligne le PDG de New Energy Farms, Paul Carver.

Les tomates ont poussé dans une serre contrôlée et elles ont été cueillies à la main. Le jus des tomates a été extrait et les plants seront brûlés afin d’éviter toute possible contamination.

Environ 2000 litres de jus de tomates pourpres seront envoyés à des patients britanniques atteints de maladie du coeur en février. Puisque les recherches de Cathie Martin démontrent que les tomates riches en anthocyanines aident aussi à combattre les maladies cardiovasculaires.

«Lors de tests en laboratoire, une diète à base de ces tomates a prolongé de 30 % la vie de souris atteintes de cancer», souligne la biologiste.

Elle explique s’être tournée vers l’entreprise de Leamington puisqu’il est plus simple d’obtenir les approbations nécessaires au Canada qu’au Royaume-Uni.

Une astuce?

Par contre, ce n’est pas tout le monde qui voit d’un bon oeil les aliments génétiquement modifiés.

Le microbiologiste Shiv Chopra, qui travaille à Santé Canada depuis 35 ans, croit quant à lui que cette tomate transgénique est inutile, puisqu’on retrouve déjà des antioxydants dans plusieurs aliments.

«C’est juste une astuce pour pour obtenir un brevet et vendre un produit», affirme-t-il.

Selon lui, lorsqu’une entreprise obtient un brevet cela crée une situation qui peut mener à la culture d’une seule variété d’un aliment, ce que le microbiologiste voit comme un danger.

«Une monoculture ne survie pas dans la nature et elle est plus sensible aux maladies», dit M. Chopra.

Cathie Martin déclare pour sa part vouloir offrir un choix de plus aux consommateurs qui veulent manger santé. Elle espère pouvoir bientôt commencer à tester le jus sur des humains au Royaume-Uni, et parallèlement, faire approuver le produit au Canada.

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