Des sirènes barbues contre le machisme

Le calendrier Merb’ys rapporte des centaines de milliers de dollars

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Val Barter (3e femme depuis la gauche) et les représentantes de Violence Prevention Avalon East sont entourées de leurs sirènes bienfaitrices, dont Hasan Hai (à l’arrière). (Photo: NL Beard and Moustache Club)
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Les bénéfices de la vente du nouveau calendrier des Merb’ys, ces poilues sirènes terre-neuviennes et labradoriennes, iront à Violence Prevention Newfoundland and Labrador, une coalition d’agences et d’organismes qui luttent contre la violence dans la province, pour un projet visant à déconstruire la masculinité et certaines attitudes toxiques qui y seraient liées.

À Terre-Neuve-et-Labrador, une femme de plus de 15 ans sur deux sera confrontée à de la violence physique ou sexuelle dans sa vie. C’est plus que partout au Canada.

Mais pour lutter contre ce phénomène, les moyens sont limités. En effet, si la coalition Violence Prevention Newfoundland and Labrador compte dix bureaux répartis dans la province, elle ne compte aussi que dix employés, soit un par bureau, et ne dispose que d’un petit financement octroyé par le Women’s Policy Office.

C’est peu face à l’ampleur du problème. En 2015, 365 agressions sexuelles ont été déclarées à la police dans cette province. Et d’une manière générale, les statistiques montrent qu’au Canada seules 10% des agressions sexuelles seraient déclarées à la police.

Des centaines de milliers de dollars

Voilà pourquoi, depuis quelque temps, Val Barter, la directrice de Violence Prevention Avalon East, et ses collègues du reste de la province vivent comme dans un rêve. Leur coalition sera l’heureuse récipiendaire des bénéfices de la vente du calendrier 2019 des Merb’ys, soit, si tout se passe comme espéré, plusieurs centaines de milliers de dollars.

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Ce qu’elles vont faire avec tout cet argent? S’efforcer d’impliquer les hommes dans la prévention de la violence. Le machisme et l’image de l’homme fort et dur nourriraient en effet des comportements violents.

Impliquer les hommes

Cependant, explique Val Barter, un des gros problèmes rencontrés par son organisme consiste à atteindre les hommes. Il est rare que les ateliers ou présentations qu’elle propose attirent un public masculin.

Or, pour prévenir la violence, les hommes doivent être en première ligne.

La résolution de la violence passe par une réflexion sur ce que signifie être un homme, et par un changement d’une certaine attitude masculine.

Déconstruction des stéréotypes

Avec les Merb’ys, Violence Prevention NL s’est trouvé des alliés de taille. Revêtir des costumes de sirènes est, en soi, une démarche de déconstruction des stéréotypes liés à la masculinité.

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Comme l’expliquait Hasan Hai, l’initiateur du calendrier des Merb’ys: «Je pense qu’il est important pour tous les hommes de montrer qu’il y a en nous beaucoup plus que cette sorte de façade que nous revêtons, cette armure de grands gars forts qui veut faire croire que c’est tout ce que nous sommes… Nous sommes des créatures émotionnelles et je pense que quand nous cachons ça, quand nous le réprimons, nous nous faisons plus de mal, tant à nous qu’aux enfants autour de nous, que quand nous montrons notre moi émotionnel normal.»

Discuter de masculinité

Pour Val Barter, en plus de l’argent qu’ils apportent, la collaboration des Merb’ys est une chance: «Ils parlent avec nous de masculinité, réfléchissent à comment la définir et aux messages à envoyer aux autres hommes pour les faire s’impliquer dans un changement d’attitude. Avant cela, il n’y avait généralement pas assez d’hommes dans la place pour en discuter.»

Au terme du projet mené par Violence Prevention NL naîtra un site web dédié à la discussion sur la masculinité, accompagné de littérature sur le sujet, d’ateliers de formation et de webinaires, ceci dans l’objectif d’atteindre toutes les régions de la province, même les plus isolées.

Les écoles ne seront pas oubliées, avec notamment une discussion sur le sujet du consentement. En bref, Violence Prevention NL espère amener toute la province à réfléchir. «Et tout le monde peut s’engager», précise Val Barter.

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