Des hommes aussi peuvent souffrir de dépression postpartum

Sociofinancement pour aider David Daigle à publier son livre sur cette «folie persistante»

Photo de la campagne de sociofinancement de David Daigle pour lui permettre de publier son livre Enduring Insanity.
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Les maladies mentales affectent environ 20% des Canadiens. De plus, 8% d’entre eux ont fait face à une dépression majeure, comme la dépression postpartum (DPP), qui affecte principalement les femmes à la suite d’une naissance, mais peut affecter aussi les pères.

David Daigle, originaire de Sturgeon Falls et travaillant maintenant à Ottawa en graphisme et en communications, a vécu et surmonté une DDP il y a environ 4 ans.

Sa sœur, Brigitte Daigle, raconte que lors de la naissance du fils de David, sa femme a rapidement développé des complications. En raison du stress élevé, M. Daigle a développé une dépression, qu’il allait affronter pendant plus de 3 ans.

David Daigle

Stress accumulé

M. Daigle explique que les évènements de cette journée ne sont pas les seuls à avoir déclenché sa dépression.

«J’avais des inquiétudes au niveau de mon travail, quelques stress financiers, et maintenant un enfant à la maison. J’avais maintenant beaucoup de nouvelles responsabilités et d’inquiétudes. Je ne dormais pas bien et j’avais plein de symptômes physiques, tels que mal à l’estomac. Mon cerveau n’arrêtait jamais d’être inquiet.»

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Il ajoute qu’en quelques semaines, les troubles de sommeil se sont transformés en insomnie, et ce, durant plusieurs mois. Il a pris un congé de son emploi afin de trouver une solution. «J’ai commencé à marcher plusieurs kilomètres par jour, tout autour de la ville. J’essayais, dans le fond, de me fatiguer afin de retrouver le sommeil.»

Ceci ne s’est pas avéré la bonne solution. M. Daigle explique qu’il a commencé à avoir de fortes émotions, telles que le découragement, et à penser au suicide.

Ce n’est que lorsqu’un ami l’a approché que M. Daigle a décidé de dévoiler ses démons. «Quand je lui ai tout expliqué, il a tenté de faire du sens de tout cela. Il a appelé ma famille et ils ont compris que j’étais vraiment dans le fond.» C’est à ce moment où M. Daigle est entré volontairement à l’hôpital pour recevoir de l’aide professionnelle.

Raconter pour aider

L’aide qu’il a reçue pendant son combat a inspiré M. Daigle à écrire un livre dans le but d’aider d’autres hommes qui vivent les mêmes traumatismes.

David Daigle

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Le livre, publié d’abord en anglais et intitulé Enduring Insanity, parle de ses propres difficultés avec la DPP, l’anxiété et la dépression. L’information partagée dans le livre pourrait devenir une ressource importante pour ceux qui sont affectés par ces luttes de santé mentale.

«Lorsque quelques personnes m’ont approché, ils ont mentionné qu’ils auraient de la difficulté à reconnaître les signes et les symptômes de ces maladies. Il y a de la confusion. Les gens cherchent de l’aide et, en partageant mon expérience, ça pourrait possiblement aider d’autres gens qui essaient de trouver des solutions eux-mêmes», affirme M. Daigle.

M. Daigle donne aussi des raisons plus personnelles pour sa production: «J’ai aussi écrit ce livre pour mon fils. Je ne peux pas le protéger pour toute sa vie, mais j’aimerais lui expliquer ce qui m’est arrivé lorsqu’il aura l’âge de comprendre.»

Découragement

Certains symptômes de la dépression incluent un sentiment de découragement, de perte de confiance en soi, penser être un mauvais parent, de l’anxiété, de l’épuisement et bien plus. En plus de ces effets psychologiques, des maux de tête, des engourdissements et de l’hyperventilation peuvent aussi faire surface.

Les effets chez les pères sont moins explorés dans les recherches et les statistiques. Il y a, par contre, de plus en plus d’études qui creusent le sujet en profondeur.

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Travaillant aujourd’hui comme conseiller en communications numériques au gouvernement fédéral, il tente de fournir un voyage rétrospectif face à ses propres expériences ainsi que d’ouvrir une nouvelle porte à ceux qui ne savent plus quoi faire.

Il ajoute qu’une grande partie de ceux qui souffrent de ces maladies est, en effet, les jeunes hommes et les nouveaux pères. «On dit que 10% de ce groupe d’âge souffre d’une dépression à un moment. Si je peux en aider même juste un avec ce livre, je crois que c’est déjà un succès».

Aider à sa façon

Une campagne de sociofinancement a été mise en ligne sur GoFundMe afin de prélever des fonds pour publier Enduring Insanity. L’auteur envisage aussi de le traduire en français, et d’accompagner les publications de matériel audio et vidéo.

Après la première semaine, près d’un tiers du but de 12 000 $ avait été prélevé. M. Daigle explique qu’il espère publier à la fois des copies électroniques du livre et des copies papier lorsque la demande sera suffisante.

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«Peu importe le don lors de la campagne, on se rapproche de plus en plus d’aider quelqu’un qui souffre», affirme M. Daigle.

Dans un message récent sur le site, M. Daigle souligne que les fonds lui permettront non seulement de terminer le livre, mais aussi de préparer un site internet qui contiendra un blogue afin de donner encore plus de conseils.

Il suggère de visiter la page pour plus de renseignements et pour visionner une courte vidéo résumant son histoire et son but ultime en publiant le livre.

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