Des graffiti sur les murs de la Galerie Glendon

Créer son propre langage visuel


30 octobre 2012 à 10h01

Les murs de la Galerie Glendon sont tapissés, à la fois de graffiti – lettrages – et de dessins. L’œuvre gigantesque, intitulée Ce que les cinq dernières années m’ont appris, du graffeur Pascal Paquette, artiste franco-ontarien de la nouvelle génération, est exposée jusqu’au 30 novembre.

«À partir des graffiti, je crée mon propre monde, mon propre langage visuel, tiré d’une réflexion personnelle sur des thèmes environnementaux qui m’interpellent», confiait Pascal Paquette, en entretien avec L’Express la semaine dernière, suite au vernissage mardi 23 octobre.

Son exposition est montée sous la forme d’un assemblage de ses œuvres incluant sept toiles majeures et plus d’une centaine de petites pièces: une immense tapisserie reproduisant l’art urbain de la rue dans toute sa splendeur. Le spectacle est brillamment réussi!

L’artiste utilise la peinture de l’aérosol – spray paint -, le latex – peinture de maison – et le gesso, un enduit écologique servant de couche pour la finition sur ses toiles. L’effet est surprenant!

«J’aime travailler le négatif, l’objet et le fond à travers les couches, ajouter de la perspective, allier le figuratif et l’abstrait», précise Pascal Paquette.

La visite des lieux est doublement agréable vu la disposition de fauteuils modernes dont les couleurs rejoignent celles des graffiti, permettant de s’asseoir confortablement pour admirer les œuvres éclairées sous des feux tamisés. Un décor parfait pour une conversation artistique à l’heure de l’apéro-crépuscule ou d’un café au lait tôt le matin…

«Pascal utilise la technique brute du graffiti pour lui donner plus de lumière et de relief, pour qu’on puisse l’apprécier davantage», selon Marc Audette, commissaire de la Galerie Glendon. «Il nous invite aussi à reconsidérer notre façon de voir l’espace galerie en modifiant la manière d’entrer en relation avec son œuvre.»

Pingouins et koalas

Les couleurs éclatent sur tous les murs de la galerie, toutefois le noir et le blanc dominent. Comme cette immense toile illustrant un groupe de pingouins des régions polaires, dont le plumage blanc s’estompe graduellement.

«Ce phénomène de l’adaptation des pingouins du Nord à leur nouvel environnement me fascine», commente l’artiste. «Depuis la disparition graduelle des lions de mer dans l’Arctique – causée par le réchauffement climatique au cours des dernières années -, le plumage des pingouins est en train de se modifier vers le noir; n’ayant plus besoin de se camoufler sous deux couleurs, puisque leurs principaux adversaires disparaissent.»

L’énorme tête d’un koala gris surplombe les graffiti adjacents aux dessins des pingouins. «L’histoire triste du koala est à l’opposé de celle du pingouin, puisque cette espèce est véritablement en voie d’extinction due à la sècheresse croissante de son habitat, en forêt tropicale de l’Australie. Mais le koala, à l’inverse du pingouin, se résigne face à son destin malheureux», commente le graffeur.

«Mes graffiti explorent les thèmes qui me captivent, par exemple la capacité d’adaptation exceptionnellement rapide de certains animaux, en comparaison avec celle des humains, face aux changements environnementaux sur la planète.»

Quand l’art s’en mêle

Pascal Paquette, natif d’Ottawa, est graffeur depuis presque dix ans et vit à Toronto. Ses œuvres ont été exposées de nombreuses fois via Artcore dans le quartier de la Distillerie et à l’international. Ses graffiti ont fait le tour de plusieurs galeries renommées dont, entre autres, l’AGO – Art Gallery of Ontario – et le MOCCA – Museum of Contemporary Canadian Art.

Le graffeur a animé plusieurs ateliers scolaires via la FESFO – Fédération des étudiants des écoles secondaires francophones de l’Ontario-, et contribué au développement des arts visuels comme artiste en résidence au pays et à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et en Afrique du Sud.

Du 2 au 27 avril 2013, Pascal participera à une exposition collective intitulée ‘Au-delà de cette limite, l’art s’en mêle’ proposée par l’Alliance française de Toronto en collaboration avec le Labo.

Pascal Paquette, Ron Loranger, Denise St Marie et Patrick Evoke, plasticiens de la rue, nous emmèneront de l’espace d’exposition à l’espace public. L’initiative artistique sera filmée pour documenter le processus de la transformation de l’œuvre.

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