Démission de Patrick Brown: terra incognita

Patrick Brown

Patrick Brown


25 janvier 2018 à 12h09

Tout le monde dit que Patrick Brown n’avait pas d’autres choix que de démissionner, dans la nuit de mercredi à jeudi, comme chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle commises, l’une il y a 10 ans, l’autre il y a 5 ans, rapportées quelques heures plus tôt par CTV qui n’a pas identifié les deux femmes impliquées.

Ses principaux adjoints et conseillers l’ont lâché quand, initialement, il a rejeté leur avis qu’il devait démissionner, et nié catégoriquement les histoires racontées par les deux femmes de 18-19 ans à l’époque (Patrick Brown en avait 30 et 35), l’une rencontrée dans un bar, l’autre qui travaillait et qui a continué de travailler à son bureau de comté quand il était député fédéral.

Les élus les plus en vue de l’opposition officielle à Queen’s Park estimaient aussi qu’il n’avait pas d’autres options, à moins de cinq mois des élections générales, alors que son programme électoral est déjà publié, son équipe en place, sa stratégie décidée.

Le journaliste Glen McGregor précise que ce ne sont pas les deux femmes qui l’ont approché, mais bien lui qui a dû les chercher et les persuader de lui raconter leurs mésaventures avec Patrick Brown, en plus bien sûr d’en vérifier les détails.

On comprend cette réticence des victimes au récit des détails en question: dans le premier cas, une fellation demandée brusquement et acceptée en état d’ébriété; dans le deuxième cas, une demande trop pressante de relations, finalement refusée, l’alcool étant encore en jeu. Maladroit, grossier, répréhensible? Oui. Criminel? Non… Probablement pas… Ça se discute.

Mais, justement, ce n’est pas de ça qu’on veut discuter dans une campagne électorale, que ces histoires soient vraies ou non. Pour cette seule raison froide, les responsables du Parti PC avaient raison de réclamer la démission du chef, même s’ils ont paru un peu trop vite en besogne.

Ils sont toutefois confortés dans leur attitude par le fait qu’on sent tout de suite que CTV n’a rien inventé, que des rumeurs circulaient déjà, et qu’en creusant davantage les médias mettraient à jour d’autres faits troublants sur le candidat au poste de premier ministre de l’Ontario.

Si les histoires des deux femmes étaient totalement fausses, fabriquées pour faire tomber Patrick Brown ou simplement pour participer au mouvement #moiaussi, le député de Simcoe Nord vivrait ici une réelle injustice et n’aurait sans doute pas jeté la serviette aussi rapidement. On se défend avec encore plus de véhémence quand les accusations sont fausses, non?

Vic Fideli

Vendredi, le caucus progressiste-conservateur a élu Vic Fideli, le député de Nipissing, comme leader intérimaire. Plus tard dans la même journée, l’exécutif du Parti a décidé d’organiser un congrès au leadership «avant la fin de mars», dont la date exacte et les modalités restent à préciser.

On sait que M. Fideli sera en lice. Comme la majorité de ses collègues à l’Assemblée législative, il souhaitait d’ailleurs que le seul choix de ses pairs prime ici, vu le peu de temps qui reste avant les élections du 7 juin. Mais il aura peut-être à affronter les Christine Elliott, Steve Clark, Rod Phillips, Lisa MacLeod, Lisa Raitt, John Baird, Caroline Mulroney, Doug Ford, dont les noms sont mentionnés ici et là.

Cette réorganisation majeure forcée chez les Progressistes-Conservateurs est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les adversaires libéraux et néo-démocrates: bonne parce que le parti qui trônait en tête des sondages est aujourd’hui plongé dans le chaos; mauvaise parce qu’ils avaient déjà pris la mesure de Patrick Brown et qu’ils font maintenant face eux-aussi à l’inconnu.

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