Délires diurnes: Comment on dit ça «T’es mort» en anglais?

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Publié 03/03/2009 par Khadija Chatar

«Je m’interroge sur ce que l’on devient suite au décès de personnes proches, avec lesquelles on s’entendait ou pas.»

Telle serait la démarche du dramaturge Claude Guilmain, dont le récit poétique Comment on dit ça «T’es mort» en anglais? a été adapté pour la scène par son épouse Louise Naubert, et sera joué du 5 au 14 mars dans le quartier de la Distillerie.

Cette création du Théâtre La Tangente (le duo Guilmain-Naubert) met en vedette le comédien et danseur montréalais Bernard Meney, seul en scène.

Le rideau s’ouvre sur une salle de classe où l’on rencontre le regard meurtri d’un homme en proie à des délires diurnes. Une souffrance l’habite, le suffoque. Il tente de surmonter la douleur de la perte d’un père et d’un frère.

Son introspection va plus loin en présentant le degré de dépendance insoupçonnée qu’une personne peut éprouver pour un être proche. «Mon personnage est en crise existentielle et tente de se découvrir», poursuit-il. Cette pièce serait un témoignage d’adieu de Claude Guilmain à son père et à son frère, décédés il y a quelques années. «L’écriture de ce texte était une façon pour moi de faire face à cette situation.» Une manière d’exorciser la douleur, en quelque sorte.

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Dans Comment on dit ça «t’es mort» en anglais? le fantasque est à l’honneur. Ainsi, tout devient autre chose et le surréalisme agrémente la pièce. Pour créer ce monde de délires où le policier devient chevalier, Louise Naubert, la directrice artistique, fait appel à d’autres instruments: l’éclairage, la vidéo et le son, que Claude qualifie de «toute une équipe».

La participation du spectateur est requise dans ce théâtre de création où l’interprétation et l’imagination se partagent les rênes. «Il y a un travail précis de mise en scène et de jeu. Prendre un mot donné à la lettre n’a aucun sens. Cela peut être drôle, léger comme très sombre. C’est tout un monde dans lequel tout est changé par un mot et le jeu du comédien», fait remarquer Claude Guilmain. Être toutes ouïes est alors de rigueur!

Le comédien, lui, a un atout non négligeable: la danse. Une nécessité lorsque le reste du décor se trouve dans la tête du spectateur. Son jeu n’est pas réaliste mais caractérisé par des déplacements stylisés.

«La lumière a un rôle prépondérant dans cette pièce. C’est une troisième personne avec le texte et le narrateur, un beau défi pour un comédien», dit Bernard Meney. Travailler à Toronto est une nouvelle expérience pour cet homme connu des deux côtés de l’Atlantique. «C’est une belle aventure», déclare-il.

Comment on dit ça «t’es mort» en anglais? sera présenté au Young Centre for the Performing Arts, à la Distillerie, 55 rue Mill, immeuble 49.
– www.youngcentre.ca 416-866-8666

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Le comédien et danseur montréalais Bernard Meney, dans Comment on dit ça «T’es mort» en anglais

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