De la traduction des prénoms


27 mai 2008 à 18h23

Dans ma plus récente chronique, j’abordais la question des mots d’origine hongroise et tchèque. Le prétexte pour un tel sujet ? Un voyage merveilleux que je venais de faire et qui m’avait inspiré un sujet pour notre rendez-vous dans ces pages.

Évidemment, quand on pense à des mots provenant d’une langue étrangère, on fait tout de suite référence à des noms communs ou à des mots du vocabulaire courant. Mais mon voyage en Europe centrale m’aura permis de découvrir un autre monde fascinant sur le plan linguistique: celui des prénoms. Des prénoms que l’on traduit d’une langue à l’autre et dont on ignore souvent les liens de parenté.

Tout a commencé à Prague. Il y a un endroit formidable dans cette ville, une sorte de grande artère commerciale dominée par quelques beaux édifices, deux rangées de tilleuls et une statue équestre de Venceslas, le saint patron de la République tchèque. La place s’appelle d’ailleurs «place Venceslas» et on l’écrit parfois «place Wenceslas».

Pourtant, en tchèque, on ne trouve aucune trace du nom «Wenceslas» ou «Venceslas» sur les cartes touristiques ou les panneaux d’indications. En tchèque, on écrit «Vaclavske namesti». Il y a bien quelques accents graves et aigus sur des voyelles incongrues et pour lesquelles il serait ardu de trouver où ils se trouvent sur mon clavier français, mais je vous en fais grâce.

Saint Wenceslas, en tchèque, c’est saint Vaclav. Voilà la clé de l’énigme.

Les prénoms tels que nous les connaissons en français ne sont pas toujours semblables dans d’autres langues. Souvent, la ressemblance fait en sorte que l’on associe facilement un prénom français à son équivalent dans des langues étrangères. On sait tous que «Jean» se dit «John» en anglais. Il se dit aussi «Johann» en allemand, «Juan» en espagnol et «Giovanni» en italien. On se doute bien que «Anthony», «Anton» et «Antonio» sont des équivalents pour «Antoine».

Ce que l’on sait moins, c’est que «Guy» devient «Vito» en italien. D’ailleurs, toujours à Prague, la cathédrale «svatého Vita» est dédiée à saint Guy. «Vita» est donc «Guy» en tchèque.

En Hongrie, la basilique Saint-Étienne s’appelle «szent Istvan», dont la prononciation se rapproche de celle de «Stéphane». Normal, puisque en anglais, «Étienne» devient «Stephen» ou «Steve». En espagnol, c’est «Esteban». Et en italien, c’est «Stefano». Le habitants de Saint-Étienne, en France, sont d’ailleurs des «Stéphanois».

On s’étonnera aussi d’apprendre qu’«Elisabeth» est l’équivalent anglais d’«Isabelle». Ou que le prénom «Benoit» devient «Benedict» en anglais, «Benedikt» en allemand, «Benito» en espagnol et «Benedetto» en italien.

Les traductions courantes de «Charles», que l’on trouve aussi bien en français qu’en anglais, sont «Karl» en allemand, «Carlos» en espagnol et «Carlo» en italien. Le prénom espagnol «Orlando» n’est nul autre que «Roland» en français.

Beaucoup d’allemands s’appellent «Klaus». En français, ce seraient des «Claude». Quant aux «Otto», ils deviennent «Eudes» en français. Et «Ottone» ou «Oddone» en italien.

Les traductions de «Guillaume» sont aussi nombreuses: «William» en anglais, «Wilhelm» en allemand, «Guillermo» en espagnol et «Guglielmo» en italien. Marconi était donc un Guillaume, tout comme Shakespeare…

En anglais, «Henri» peut se dire aussi bien «Henry» que «Harry». En allemand, le prénom devient «Heinrich», alors qu’il se transforme en «Enrique» et en «Enrico» selon que l’on parle espagnol ou allemand. Même tempête d’équivalents pour «Jacques», qui devient «James» en anglais, «Jakob» en allemand, «Jaime» ou «Jago» en espagnol, et «Giacomo» en italien.

La liste s’allonge avec «Louis» qui devient «Ludwig» en allemand. Ou encore avec «Pierre», qui fait «Peter» en allemand et en anglais, «Pedro» en espagnol et «Pietro» en italien.

De plus en plus, la langue française est poreuse en ce qui a trait aux noms propres. On trouve donc de nombreux francophones qui portent un prénom emprunté à une langue étrangère. Il suffit d’observer le nombre de «William» nés au Québec au cours des cinq dernières années. Il en va de même pour ceux qui s’appellent «Hugo», traduction de «Hugues», ou «Michael» et «Miguel», qui sont des versions exotiques de «Michel», tout simplement.

Et vous? Votre prénom a-t-il des équivalents étrangers? Fouillez un peu… Les trouvailles sont parfois étonnantes!

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