David Bowie à l’AGO: un artiste en trois dimensions

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Lorsqu’on passe le seuil de l’exposition David Bowie is, aux 4e et 5e étages du Musée des Beaux-arts de Toronto jusqu’au 27 novembre, on est pris par la taille des installations.

Les panneaux explicatifs, les vidéos, les costumes… les yeux sont invités à regarder en l’air, et à admirer les couleurs d’un David Bowie aux multiples facettes qui marqua plusieurs générations. Comme un dieu ou une idole, son ombre plane tout au long du parcours.

Près de 50 ans de carrière sont ici visibles, et audibles, à travers accessoires, vidéos, musiques et autres objets de l’artiste.

Le premier étage jette quelques bases biographiques alors que le second se concentre davantage sur les différents personnages qu’incarna la star. Les thématiques se résument à la phrase «David Bowie is…» déclinée en différentes propositions, de «David Bowie is crossing the border» à «David Bowie is all around you».

Musique immersive

À l’entrée, un boitier et des écouteurs sont distribués au visiteur. Comme par magie, les chansons, les entretiens et les commentaires se mettent automatiquement en marche dès qu’il arrive devant une œuvre.

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On peut alors librement vagabonder entre les salles, avec la voix de David Bowie dans les oreilles, chantant Space Oddity, The Man who sold the world, ou encore Life on Mars.

Cette musique quasi constante finit par avoir l’effet escompté par les deux commissaires de l’exposition (qui arrive tout droit du Victoria and Albert Museum de Londres), Geoffrey Marsh et Victoria Broackes. «On a voulu que la musique immerge le visiteur», explique cette dernière.

Et c’est réussi. À tel point qu’on a parfois l’impression de se perdre dans un dédale de sons et de lumières. Les installations sonores et visuelles participent à cette désorientation, par leur structure imposante.

La diffusion de vidéos de Bowie, chantant ses grands succès comme Life on Mars, Space Oddity ou We can be heroes, doublée, à certains endroits, de certains jeux de miroirs, attire le visiteur et le mène au plus proche de la créativité hors-norme de la star, que cette exposition célèbre largement.

Diverses personnalités

Le visiteur a ainsi un large aperçu de ce qui façonne les différents personnages que se crée Bowie (dont le nom est lui-même inventé, l’artiste étant né David Robert Jones).

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Dans son travail, il se sera servi à chaque instant de tous les arts possibles: le théâtre, le mime, la danse, le dessin, la peinture même. Son processus de création, que souhaite analyser cette exposition, est marqué par diverses influences, toutes présentes ici, d’Andy Warhol, à Little Richards, en passant par Stanley Kubrick.

Ainsi le visiteur retrouve Ziggy Stardust, le personnage aux cheveux rouges, Major Tom, ou encore David Bowie en Pierrot.

Il est plongé au cœur de la construction de ses multiples identités. Les costumes, dont beaucoup conçus par de grands stylistes, comme ce manteau aux couleurs britanniques d’Alexander McQueen, fascinent par leur géométrie et leur avant-gardisme.

Le David Bowie acteur est aussi rapidement présenté avec la diffusion de quelques extraits des films dans lesquelles on peut le retrouver (Merry Christmas Mr.Lawrence, Labyrinth…).

Manque de recul

Cependant, l’exposition tourne parfois au fétichisme aveugle, qui peut agacer. Ainsi les clés de l’appartement que David Bowie partagea avec Iggy Pop à Berlin, encadrées et trônant sur le mur.

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Un manque de recul aussi. David Bowie n’a pas été créé ex nihilo sur une scène de concert. Il y a plusieurs épisodes de sa vie qui sont absents de l’exposition et qui expliquent pourtant aussi ce qu’il est devenu et comment il est devenu.

Rien sur son frère Terry, qui l’initia à la musique, et dont les crises de schizophrénie chroniques ne sont peut-être pas pour rien dans la profusion des personnalités du chanteur. Rien non plus sur sa dépendance aux drogues dures.

On peut également regretter que l’exposition ne soit pas disponible en français.

Pas besoin donc d’être un grand connaisseur de la star pour aller voir cette exposition. Elle raconte avant tout comment un artiste complet a œuvré pour que, comme il le résume bien, «la musique ressemble à ce qu’elle sonne».

Renseignements

David Bowie is
Musée des Beaux-Arts de l’Ontario
Du 25 septembre au 27 novembre
Ouvert du mardi au dimanche 10h00 à 17h30
www.ago.net

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