Dans Brown nous rive sur le bord de notre chaise

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publiés en 52 langues et vendus à 200 millions d’exemplaires dans le monde entier, les romans de Dan Brown sont presque tous un brillant mélange d’histoire, d’art, de codes et de symboles. Son tout nouveau Inferno se situe dans cette lignée, en plus d’aborder un enjeu crucial de notre époque: la surpopulation.

À l’exception peut-être de la Bible, La Divine Comédie de Dante Alighieri – Inferno, Purgatorio, Paradiso – est l’œuvre qui a inspiré le plus d’hommages, d’imitations, des transpositions et de commentaires.

La Carte de l’Enfer ou Mappa dell’Inferno, de Sandro Boticelli, est un hommage au chapitre Inferno de ce magistral ouvrage.

Dans Inferno, Dante invite ses lecteurs à chercher l’enseignement qui se cache dans les allégories qui parsèment son récit. Tout le roman de Dan Brown est centré sur des allégories dissimulées dans à peine quatre phrases gravées au verso du masque funéraire de Dante. Chargé de déchiffrer ce texte, le professeur Robert Langdon se sent déjà au «paradis».

Mais je vais trop vite en affaires. Je dois d’abord vous dire que le roman commence par une scène à l’hôpital de Florence.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit et se sent complètement désorienté. Ses souvenirs se mélangent, le passé, le présent et l’imaginaire forment un méli-mélo.

Les médecins ont trouvé un objet macabre dans les affaires de Langdon et le brillant professeur ne tarde pas à comprendre qu’il est en possession d’un message codé qui n’a pu être créé que par un éminent scientifique. Ce dernier s’avère aussi un brillant fou…

Le roman de Dan Brown nous rappelle que, au fil des siècles, les catastrophes humaines et les fléaux comme la peste ont maintenu un équilibre sur la Terre. Mais aujourd’hui, l’espèce humaine se dirige vers son extinction. Notre planète est deux fois trop peuplée. Or, qui serait «prêt à tuer la moitié de la population pour empêcher l’extinction de notre espèce?»

Notre scientifique/fou, adepte du transhumanisme, veut relever ce défi avec un plan «tout droit sorti d’un roman d’anticipation». Sa mise en exécution doit avoir lieu dans moins de deux jours. La mission de Langdon consiste à localiser le Ground Zero de ce brillant fou pour le mettre en échec.

Et Dan Brown de noircir 500 pages d’intrigues et de rebondissements échelonnés sur moins de 48 heures!

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Les descriptions fournies par Dan Brown nous prennent souvent aux tripes. Voici comment il peint une scène des Portes du paradis, de Ghiberti: «Deux gros serpents sortaient des oreilles de Lucifer, la gueule ouverte, avide d’engloutir les pécheurs. Lucifer paraissait avoir trois têtes, exactement comme Dante le décrivait dans le dernier chant de l’Inferno… Ce Lucifer tricéphale était éminemment symbolique: il était l’exact pendant de la Sainte Trinité.»

Le texte que doit déchiffrer Langdon parle du «mouseion doré de la sainte sagesse», ce qui ne peut être que la basilique Saint-Marc de Venise, aux yeux du professeur de Harvard. Il se rend dans la Sérénissime pour découvrir qu’il est à plus de mille kilomètres du bon endroit… Je note, en passant, qu’Inferno regorge de fausses pistes et d’heureux hasards qui gardent toujours Langdon en vie.

J’ai pris un vif plaisir à lire les 575 pages d’Inferno, peut-être parce que j’ai visité les trois villes où l’action se déroule: Florence, Venise et Istanbul. Comme j’ai découvert cette dernière l’an passé seulement, je me revoyais encore arpentant la cathédrale-citerne et m’extasiant devant Méduse.

La lecture de ce roman n’est pas de tout repos. On peut se sentir perdu devant une Équation de l’Apocalypse ou une discussion sur la génétique germinale.

Heureusement que Dan Brown sait doser opacité et mystère, heureusement qu’il sait créer des situations où nous pouvons aussi bien affronter un adversaire diabolique que plonger dans un monde où art et science de pointe se conjuguent pour nous tenir river sur le bord de notre chaise.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur