Connaissez-vous vraiment le clitoris?

C’est l’objectif du jeu interactif Clit-moi

clit moi
Le jeu interactif Clit-moi est disponible depuis le 4 mars.
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Clit-moi, ou comment en apprendre plus sur le plaisir féminin. L’Office national du film du Canada (ONF), en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a lancé cette semaine le jeu interactif Clit-moi, qui vise à démystifier le clitoris.

De la métamorphose à la satisfaction sexuelle féminine

Huit jeunes gens sélectionnés avaient neuf semaines pour aboutir à un projet interactif achevé sur le thème de «la métamorphose».

Catherine Sabourin, une des stagiaires et détentrice d’un baccalauréat en design graphique, nous explique la démarche. «Cela s’est décidé dès la première journée. Nous avions chacun nos idées autour de ce thème de la métamorphose. Je me penchais sur l’urbanisme par exemple. Ensuite, il s’agissait de retravailler l’idée de quelqu’un d’autre.»

Très vite, l’effet entonnoir mène les stagiaires à l’idée de la santé sexuelle des femmes… puis à celle de leur satisfaction sexuelle.

Les huit participants et créateurs de Clit-moi: Noémie Beaulac, Stéphanie Dupuis, Catherine Sabourin, Maude Fraser, Vincent Paradis, Laurence Gélinas, Audrey Malo et Léa Martin.

Le clitoris, cet organe méconnu

«C’est surprenant de réaliser à quel point l’on était ignorant de la forme qu’avait un clitoris, aussi bien hommes que femmes», admet Hugues Sweeney, le producteur exécutif à l’ONF et l’un des sélectionneurs des participants.

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Face à cette pénurie d’informations, un travail de recherche de données a été nécessaire. «Il s’avère qu’il existe plusieurs modèles de clitoris, chaque femme a son propre clitoris», affirme Catherine Sabourin. C’est ce qui transparaît dans le jeu Clit-moi.

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Clit-moi offre la possibilité d’en savoir plus sur le clitoris grâce aux pages informatives et interactives proposées.

L’utilisateur peut personnaliser son avatar clitoris, puis, palier après palier, l’apprivoiser afin d’atteindre le stade suprême: l’orgasme.

L’apparence finale de l’avatar clitoris sur la plateforme? Du fait-maison. «Tout a été fait en pâte à modeler, prise en stop-motion [ndlr : photo après photo]. Par-dessus, un dessin a été rajouté», nous explique Catherine Sabourin.

Chaque palier du jeu correspond à un type de toucher particulier. «Rien n’a été laissé au hasard: l’expérience dure quatre minutes, soit la durée moyenne pour qu’une femme atteigne l’orgasme», précise l’étudiante de l’UQAM.

L’opportunité Jeunes Pousses

Le projet Clit-Moi est né après la concertation des participants sélectionnés pour l’école interactive Jeunes Pousses de l’ONF Ces derniers étaient issus de programmes d’études divers. Une force selon Hugues Sweeney.

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«L’idée était ici de mixer les médias: musique, journalisme, design… Les étudiants de journalisme ou de design par exemple n’ont pas forcément l’opportunité de collaborer de cette manière sur un projet concret, c’était l’occasion ici.»

Clit-moi, c’est aussi des chiffres et des infos. Le tout en 4 minutes!

Un tabou encore à déconstruire

Traiter le plaisir féminin n’est pas chose facile. Aujourd’hui, il est prouvé qu’il existe un «fossé orgasmique» entre les femmes et hommes, l’avantage allant à ces derniers.

Selon une étude parue en 2014 dans The Journal of Sexual Medicine, 62% des femmes hétérosexuelles atteindraient l’orgasme lors d’une relation sexuelle avec un nouveau partenaire, contre 85% pour les hommes hétérosexuels.

Le fait que le clitoris soit très peu connu, contrairement à son homologue masculin, le pénis, ne contribue pas à réduire cet écart. C’est justement ce qu’illustre la vidéo de la campagne marketing du projet Clit-Moi.

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De plus, parler du plaisir féminin provoque une gêne chez beaucoup de personnes. Cela, les participants du projet l’avaient pleinement en tête.

«On avait conscience de brasser la cage, il reste encore un vrai malaise aujourd’hui face au plaisir féminin. J’ai pu faire face par exemple à des interviewers gênés d’évoquer cela en m’interrogeant. Cela montre à quel point il est important d’en parler», constate Catherine Sabourin.

Le producteur exécutif de l’ONF complète le propos: «Les projets à caractère sexuel ont toujours tendance à remuer les mœurs. L’idée, c’est de mettre en lumière la question de la compréhension mutuelle et celle du désir. Finalement, c’est la question de la compréhension de l’autre.»

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