La transformation du portrait des communautés francophones en situation minoritaire suscite des questions en matière de cohésion sociale et de préservation linguistique. Lors d’un panel sur la diversité à l’Université d’Ottawa, les intervenants ont largement plaidé pour une francophonie plus ouverte et diversifiée.
«Faire en sorte que toute la société puisse épouser une idée, je trouve cela très très dangereux. Et on l’entend souvent. Quand on parle par exemple des nouveaux arrivants, on a souvent entendu qu’ils doivent s’intégrer, qu’ils doivent apprendre à vivre comme ici. Mais c’est quoi “apprendre à vivre comme ici” quand on sait que la société évolue de jour en jour?»
La question, lancée par le directeur artistique du festival Noir et fier de Winnipeg, Wilgis Agossa, lors d’une discussion sur la diversité au sein de la francophonie tenue le 18 mars, a obtenu le consensus des quatre panélistes: la francophonie doit s’ouvrir à la diversité.
«Célébrer» la diversité
Elie Ndala, doctorant en éducation à l’Université d’Ottawa, a récemment visité des écoles franco-ontariennes. «On va entendre parler du créole, du lingala, de l’anglais. Ça fait partie d’une diversité à laquelle on doit discuter, penser et, en toute humilité, redéfinir ensemble.»

Il faut éviter, dit-il, de faire de la langue et de la culture «un monument et une révérence» et accorder plus de place à «ceux qui font évoluer [le français]» ainsi qu’aux autres langues et cultures.