Cinq ans après, la covid préoccupe moins que la grippe

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La covid n'a pas disparu, mais n'est plus une préoccupation majeure pour la santé publique. Photo: iStock.com/wildpixel
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Publié 02/04/2025 par Soufiane Chakkouche

Il est loin le temps où le simple geste de serrer une main était prohibé, et où la planète était confinée pour cause de pandémie. Cependant, est-ce que la covid a disparu pour autant dans la province et à Toronto? Si non, les autorités ont-elles toujours le virus à l’œil?

«Non, la COVID-19 n’a pas disparu», fait d’emblée savoir le Dr Santiago Perez Patrigeon, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Kingston et professeur associé au département de médecine de l’Université Queens à Toronto.

«Aujourd’hui, les gens ont moins peur de la covid, ils ont déjà cinq vaccins derrière eux, quand ils l’attrapent, ils s’isolent au garage et reviennent travailler le lendemain», poursuit-il.

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Comparaison entre les détections de cas de covid et de grippe à la fin de 2024 et au début de 2025. Source: Ville de Toronto

Le coronavirus tue toujours

Cela dit, on continue de mourir du coronavirus dans la province. En effet, selon les données de Santé publique Ontario, trois morts ont été enregistrés durant la semaine du 9 au 15 mars 2025.

«Santé publique Ontario surveille le nombre hebdomadaire de décès dus à la covid. Celui-ci a diminué chaque saison respiratoire depuis 2021-2022. Il y a probablement plusieurs raisons à cela, notamment des niveaux d’immunité plus élevés dans la population qu’ils soient acquis par la vaccination, à la suite d’une infection, ou une combinaison des deux», explique un relationniste de Santé publique Ontario.

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Et d’ajouter: «L’outil Ontario Respiratory Virus Tool (ORVT) qu’on utilise est une excellente ressource pour ceux qui souhaitent suivre les tendances de la covid avec des informations importantes, telles que les tests de laboratoire, les décomptes de cas et les issues graves comme les hospitalisations ou les décès.»

Du côté de la Ville de Toronto, on a enregistré deux décès dus à la covid pour trois hospitalisations durant le weekend du 2 février, selon les derniers chiffres de la Ville.

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Surveillance des eaux usées de Toronto. L’activité virale est relativement faible ces temps-ci. Source: Agence de la Santé publique du Canada

Le plus bas niveau d’activité virale

Il va sans dire qu’on est loin des 1317 décès liés au coronavirus répertoriés pendant la semaine du 26 avril au 2 mai 2020, la plus meurtrière en Ontario. De plus, l’activité du virus y est actuellement faible avec un taux de positivité de 3,1% pour la province et 4% pour la ville reine.

Par ailleurs, l’Agence de la santé publique du Canada continue de prélever et analyser des échantillons d’eaux usées aux abords du lac Ontario. Les résultats sont encourageant là aussi.

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Le Dr Santiago Perez Patrigeon.

«Cet indicateur est très important, car il donne une idée de la situation de façon indépendante du nombre de tests que l’on fait. Par exemple, au plus fort de la pandémie, les tests de positivité oscillaient entre 80 et 90%», étaye le Dr Patrigeon.

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Mieux que cela, à en croire les derniers résultats des analyses des eaux usées de l’Agence de la santé publique du Canada, l’Ontario en général et Toronto en particulier connaissent l’activité virale du coronavirus la plus basse jamais enregistrée depuis le début de la pandémie.

«L’activité de la covid est actuellement faible et a diminué depuis le début de 2025. Nous utilisons plusieurs sources de données pour surveiller l’activité et les tendances de la covid en Ontario, et elles sont toutes rapportées publiquement dans l’ORVT», confirme le relationniste de Santé publique Ontario.

La grippe préoccupe plus que la covid

Toutefois, si cette régression est plus qu’encourageante, il n’en va pas de même s’agissant du virus de la grippe, comme le précise le Dr Patrigeon.

«Aujourd’hui, la covid est devenue une maladie moins grave que la grippe. Cette dernière est revenue de plus belle cette année. On souffre plus aujourd’hui de grippe que de covid.»

Là encore, les chiffres donnent raison au spécialiste. D’après les données de Santé publique Ontario pour la semaine du 9 au 15 mars 2025, ce sont 467 lits d’hôpitaux qui étaient occupés dans la province par des patients atteints de grippe, alors que le taux de positivité y était de 16,3%, soit cinq fois plus que le taux observé pour la covid. De plus, 1739 nouveaux cas ont été rapportés durant la même semaine.

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Même constat à Toronto, qui comptait 321 cas de grippe à la même période, avec un taux de positivité de 12,1%.

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Décès attribués à la grippe (26) et à la covid (5) depuis janvier 2025. Source: Ville de Toronto

Conséquences sur les maladies chroniques non étudiées

Par ailleurs, si la préoccupation relative au coronavirus ne semble plus d’actualité, les relents du virus demeurent, dans le sens où «les gens n’ont pas été ou n’ont pas pu se faire traiter pour d’autres maladies durant la covid», comme le constate le Dr Patrigeon.

«Je n’ai pas de rapport officiel là-dessus, mais on l’a observé très clairement dans le monde entier, il y a eu une saturation des services de santé avec des patients qui venaient avec des maladies plus avancées ou des patients qui ont interrompu leur traitement ou qui n’ont pas eu accès à leur traitement», regrette-t-il.

Qui plus est, pendant les deux longues années de confinement, le système de santé canadien a accumulé du retard quant au diagnostic des maladies chroniques, tel que le cancer. Avec du recul, cela a probablement des conséquences palpables aujourd’hui, mais qui n’ont pas été chiffrées.

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